21/09/2016

JOHN KENNEDY ET LA THÉORIE DU COMPLOT

JOHN KENNEDY ET LA THÉORIE DU COMPLOT

 

On sait que la mort de John Kennedy, tué à Dallas le 22 novembre 1963, a alimenté nombre de théories du ou des complots, certaines diffusées via des livres, d’autres filmées.

 

Je n’ai jamais été un paranoïaque qui doute des thèses officielles dès qu’elles proviennent d’une autorité, ou remet en question certains des événements qui ont marqué le cours de mon existence. On sait que des milliers de personnes presque paranoïaques de nature, soutiennent que l’alunissage de juillet 1969 n’eut pas lieu. Comme encore maintenant, il y a des illuminés qui mettent en doute l’existence des chambres à gaz dans les camps de la mort en Pologne {c’est maintenant un délit en Pologne de parler de camps de la mort polonais}, d’autres ont établi que la destruction des Twin Towers à New York le 11 septembre 2001 était le fruit d’un complot judéo-américain puisque le mot d’ordre avait été donné aux Juifs travaillant dans les World Trade Towers de ne pas se présenter au travail ce mardi 11 septembre.

 

Pour Kennedy, alors que je me rappelle (comme des millions de gens dans le monde) ce que je faisais au moment où j’ai entendu à Radio 1 de la BBC la nouvelle de l’assassinat, si je n’ai jamais durant mon adolescence cru à un quelconque complot, avec le temps et surtout avec la contemplation de documentaires et, principalement des images que tourna ZAPRUDER, je me suis mis sinon à douter de la thèse officielle et des conclusions du rapport de la commission Warren {chef de la Cour Suprême à l’époque des faits et nommé pour diriger une enquête à ce sujet},du moins à me poser de sérieuses questions.

 

En novembre 2013, alors que je visitais New York et que j’étais au musée de la photographie, j’eus l’occasion de voir la presque totalité des 486 clichés {il s’agit d’un film} que tourna Zapruder - simple badaud et témoin du siècle involontaire - qui se trouvait à un point de vue idéal – un rien surélevé - et qui avait décidé de filmer la voiture présidentielle. Il entendit le premier coup de feu, puis le deuxième et eut le réflexe de continuer à filmer jusqu’après le troisième qui vit la tête du président américain littéralement exploser.

 

Si on sait qu’il y a 25 clichés par seconde pour un film animé, ces 486 clichés représentent à peu près 19 secondes et demie de tournage. L’un des films les plus importants de l’histoire moderne de notre monde.

 

Avant de me pencher sur deux des clichés les plus importants, j’avais déjà eu certains doutes quant à la théorie du tireur isolé qu’était Lee Harvey Oswald. Théoriquement il aurait tiré trois balles - dont deux touchèrent des cibles humaines – en cinq/six secondes, sur un véhicule et des cibles mouvantes, avec un très bonne arme {un Mannlicher doté de lunette de visée optique, si je me souviens bien de mémoire}, mais un fusil qui nécessitait d’éjecter la douille après chaque tir et d’actionner le levier de chargement. Et, on sait qu’Oswald ne fut pas un sniper.

 

Pour rappel, la première balle toucha le président de même que le gouverneur Connolly qui se trouvait sur le siège devant celui du président, assis dans le sens de la marche de la voiture. On voit que le président est touché, et le corps se penche contre son épouse Jackie Kennedy. La deuxième balle ne toucha personne.

 

Mais quand on regarde attentivement les clichés du film Zapruder, des doutes quant à la théorie du tireur isolé apparaissent de manière presque automatique. Notamment si on regarde attentivement les deux clichés 314 et 315 et la séquence filmée relative à la troisième balle.

 

Qu’y voit-on ? On voit le président couché sur le côté contre son épouse {Connolly est déjà tassé sur son siège, plus bas que le corps du président) et soudain, on distingue un jaillissement de sang de la tête du président Kennedy (vers l’avant, dans le sens de marche de la voiture) et immédiatement, sa tête et son corps basculent vers l’arrière, tandis que Jackie, paniquée, grimpe sur le capot arrière de la voiture.

 

Il y a des théories balistiques qui indiquent à suffisance qu’une balle tirée sur l’arrière d’une personne peut avoir comme conséquence que le corps ne bascule pas vers l’avant comme on s’y attendrait, mais vers l’arrière. Le fait qu’il y ait eu {troisième balle) un jaillissement de sang en éventail vers l’avant peut aussi conforter la thèse de la balle tirée à l’arrière du corps : à ce moment-là, elle serait entrée par l’arrière du crâne, l’aurait traversé et le jet en éventail de sang serait dû à la sortie de la balle qui, généralement, occasionne un orifice de sortie beaucoup plus grand qu’à l’entrée, à cause de l’énorme énergie dégagée et le manque de distance (la tête) pour la perdre.

 

Pourtant, quand je regardai ces photos à New York en 2013 et que je regardai également les tableaux annexes reprenant les mesures exactes de la distance du véhicule par rapport à l’étage de l’immeuble où se trouvait Oswald ainsi que la vitesse à laquelle roulait la limousine présidentielle {je crois me souvenir que la voiture était déjà éloigné d’une cinquantaine/soixantaine de mètres d’Oswald lors du 3e tir}, que je regarde en avancement lent ces fameuses photos qu’on a récemment rediffusées lors d’une émission au sujet du meurtre du président américain en 63, je ne puis me départir de l’opinion que cette troisième balle a – du point de vue balistique et des effets sur le corps de Kennedy qu’on connaît grâce au film Zapruder – dû avoir été tirée de l’avant de la voiture, donc du fameux promontoire à l’opposé de l’immeuble où se trouvait Oswald. Zapruder, interrogé par un journaliste américain le jour même de l’assassinat, indiqua son propre visage de la main droite et dit qu’il vit dans le viseur la tête du président éclater mais qu’il continua à tourner son film. Pour cette troisième balle, comme la limousine présidentielle avait entamé un tournant sur la gauche et s’éloignait et que le corps et la tête du président étaient contre celui de son épouse {donc en réduction d’angle de tir pour Oswald}, la probabilité d’une balle tirée par Oswald sur un angle terriblement serré et un véhicule mouvant, aurait voulu qu’il eût été non seulement un sniper mais l’un des meilleurs au monde.

 

Le problème dans cette affaire, c’est que les résultats de l’autopsie ne furent jamais communiqués au grand public et que, comme par un hasard extraordinaire, les clichés originaux 314 et 315, confiés comme il se devait au FBI, disparurent. Mais, comme le film fut diffusé sur les chaînes américaines, il subsiste des copies, heureusement.

 

Si je ne crois pas aux complots généralement, ici l’évidence des photos et des calculs balistiques font germer des doutes à ce sujet.

20:16 Écrit par ro-bin dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

11/12/2015

LA DUPLICITÉ DE BART DE WEVER ET DE LA N-VA

LA DUPLICITÉ DE BART DE WEVER ET DE LA N-VA

 

De Wever est un excellent orateur, il maîtrise parfaitement le langage de politiciens intelligents qui souhaitent faire passer des messages sournois avec un emballage-cadeau de ‘politiquement correct’.

 

Le Premier Ministre Michel est un butor, un taureau échappé de son enclos qui beugle sans finesse. Ainsi, récemment, outré dans sa profonde belgitude provinciale par les attaques contre la Belgique à la suite de l’incapacité de notre pays à trouver un seul terroriste qui était de notre ressort puisqu’il habitait chez nous, blessé par ces reproches de ‘pays raté’ (failed state du NY Times), outragé par les critiques de la France à notre égard, il a répondu en l’espèce disant que chez nous il n’y avait pas un camp avec les conditions de vie désastreuses comme à Calais, qu’il n’y avait pas eu d’attentat en Belgique effectué par des terroristes. Ça, ce n’est pas de la dialectique, ce n’est pas le raisonnement d’un intellectuel, d’un historien voire d’un mec sérieux, puisqu’il oubliait dans l’ordre les campements sauvages près de Fedasil, la tuerie au Musée juif de Bruxelles et le terroriste embarqué à Bruxelles-Midi dans un Thalys. Choses qui sont bien de notre ressort.

 

J’ai vu De Wever mercredi soir interviewé à l’émission ‘Ter Zake’ de la VRTpar une habile journaliste qui n’hésitait pas à lui poser des questions embêtantes. Le problème avec De Wever, c’est que les questions embêtantes rebondissent sur sa carapace d’éléphant, il reste élégant, sous contrôle et vous sort de ces phrases qui, d’apparence, paraissent tout à fait normales, seulement, quand on les décortique, cela tique.

 

Par exemple, sur la lancée, questionné quant à ce qu’il fallait faire pour résoudre le problème des migrants, il a dit dans l’ordre – et c’est cela qui est remarquable pour juger la profonde duplicité du personnage et son racisme larvé – qu’il fallait exclure la Grèce de l’espace Schengen car elle est incapable de gérer l’afflux d’immigrants, qu’il fallait procéder à des push-backs et envisager de fermer le frontières. Ensuite, généreux le Bart, il a ajouté que Francken et lui ont proposé de faire venir un certain nombre de migrants en Belgique. Des catholiques de Syrie persécutés par l’EI (des yezedis !). Pas des Musulmans, évidemment, pas raciste pour un sou notre Bartje !

 

De Wever l’avait déjà dit précédemment. Dès qu’une personne qui fuit son pays parce que sa vie est en danger met le pied sur un sol qui lui garantit la sécurité, elle doit y rester, elle est du ressort de ce premier pays d’accueil {en fait c’est ainsi que le veut le Traité de Dublin, sauf que Merkel l’a envoyé paître cette règle bureaucratique de l’UE}. Donc, Also Sprach De Wever {allusion à Ainsi Parla Zarathoustra…}, que ces millions de gens pourrissent donc en Turquie, au Liban, en Jordanie, en Grèce et en Italie, mais on n’a rien à cirer en Flandre bien pensante de ces nuées {traduction de ‘swarm’, le terme employé par Cameron que Bartje vénère} d’indésirables chez nous.

 

Et, la raison profonde, ce n’est pas du racisme. Ça, Bartje ne l’a pas dit. La raison profonde c’est que la Flandre qui aspire à son indépendance souhaite maintenir sa coloration raciale et religieuse et ne pas se laisser contaminer par le virus musulman car qui sait, parmi ces gens, il y a peut-être des graines de terroristes. Le push-back, c’est simple, les gens qui viennent ici d’Italie, de Turquie ou de Grèce, on les renvoie là-bas car dans ces pays ils ne courent aucun danger et puis c’est la règle de Dublin et les règles sont faites pour être respectées !

 

Dans de Standaard de ce jour, De Wever revient à Merkel, disant qu’elle ferait bien de s’inspirer du vote en France, sous-entendu pour changer sa politique d’accueil. Le FN a soi-disant gagné les élections. Ceux qui le disent ne savent pas compter. Le FN a engrangé 28 % des votes ; 50 % des Français en droit de voter ont choisi de le faire. 28 divisé par deux égale 14. 14 % des Français sont en faveur des idées du FN. C’est le score d’Ecolo chez nous et qui dirait qu’Ecolo joue un rôle prédominant dans la politique belge ?

 

Il y a aussi tous ces projets que déposent des membres en vue de la N-VA ou qu’ils énoncent publiquement. Notamment, celui de droits sociaux à deux vitesses, les migrants pouvant éventuellement jouir de ces droits avec un effet retard (comme les médicaments). L’effet retard on le constate déjà tous les jours dans la manière infâmante dont Francken traite le problème des réfugiés et la nécessité humanitaire de leur faire octroyer des places d’accueil. Rutten, la présidente des libéraux flamands, qui singe souvent la N-VA espérant engranger ainsi les votes que sa relative médiocrité politique lui dénie, a lancé l’idée d’associer l’octroi d’allocations familiales en Flandres à l’obligation pour la mère des enfants de s’inscrire dans une école pour y apprendre la langue de la région.

 

Tout ça, voyons, ce n’est pas du racisme voyons, c’est de la Realpolitik.

 

Est- ce que cette façon de pratiquer des formes de discrimination politique de De Wever et des têtes pensantes de la N-VA – qui heureusement n’ont pas abouti car il reste certains démocrates dans le fédéral dont, étrangement le CD&V – n’est pas pareille à ce que nous chantent en termes de racisme avoué Marine Le Pen en France, Wilders en Hollande, Pegida dans la région de Dresden, Kaszynski en Pologne, les Vrais Finlandais en Finlande, Orban et le parti Jobbik {qui, lui, est antisémite en plus} en Hongrie et Donal Trump aux States.

 

De Wever juge que Merkel doit s’inspirer du FN. Le Time a élu Merkel femme de l’année et non De Wever. Comme quoi, hormis Trump, aux States il y a encore des gens qui savent faire la différence entre une femme d’état courageuse qui va seule à l’encontre de ces mouvements européens centrifuges, une femme critiquée dans son propre pays qui, en outre, est intervenue dans la crise grecque à l’encontre de son ministre des finances Schäuble et qui a joué de son poids auprès de Poutine pour essayer de désamorcer la crise ukrainienne.

 

Je trouvais auparavant Merkel molle. Maintenant, je sais que sous cette prétendue mollesse se cache un grand humanisme, un humanisme que je ne retrouve pas chez De Wever dont les idées, les concepts politiques et la Weltanschauung {vue sur le monde} restent ancrés dans une prudente autarcie centrée sur l’esprit de clocher et la richesse – actuelle – de sa région.

 

Il est grand temps qu’on ne mette plus de gants et qu’on mette à nu ce personnage somme toute aussi détestable que Le Pen et Orban, dont le racisme larvé est bien compris par les masses populistes qui constituent son terreau d’électeurs issus du Vlaams Belang mais aussi de ces revanchistes pour qui AVV/VVK {Tout pour la Flandre/La Flandre pour le Christ} sur la Tour de l’Yser demeure encore le slogan essentiel constitutif de leur mouvement. Mais, nombre de concitoyens dont des francophones ne comprennent pas les messages subliminaux que recèlent ses discours prétendument corrects.

 

A-t-on oublié que De Wever posa jadis avec son idole : Jean-Marie le Pen. Il n’a jamais désavoué cette photo. Et, si maintenant il dit que nous devrions tenir compte du vote français (la semaine dernière) et que Merkel doit en tenir compte (répété dans De Standaard de ce jour), peut-être après tout qu’il est resté un fan des Le Pen ?

 

Et, comme le disait récemment un ami de Facebook, n’avons-nous – Monsieur Michel, la question vous est posée à vous – introduit le loup dans la bergerie ? Et, la VRT et les journaux flamands ne sont-ils pas coupables de lui faire de la pub gratuite à un discours politique qui sous couvert de politiquement correct contient tout autant de germes de racisme que les originaux du FN, de Wilders, Orban, Trump, etc. ?

 

21:07 Écrit par ro-bin dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

09/07/2015

Dons, talents, cachés...

C’était un homme qui avait découvert ce qu’il avait à faire sur la terre; et, parce qu’il avait un sens si clair et urgent de ce qu’il avait à faire en tant qu’être humain, il fut capable de focaliser toute son énergie sur cette raison, contrastant avec la manière dissipée dont le reste d’entre nous utilise ses capacités.[1]

 

C’est un contraste que j’ai toujours trouvé remarquable et qu’on note bien mieux maintenant qu’il y a les réseaux sociaux et une prolifération d’utilisateurs de ces nouveaux moyens d’expression et de communication.

 

Il y a ceux qui créent, quel que soit leur domaine artistique d’élection (et pour moi la notion d’art est grande, elle peut inclure des formes urbaines tels le rock, le hiphop, le slam français, le rap, ou des graffitis parfois plus beaux que des tableaux contemporains).  Et, de l’autre côté, il y a l’immense masse amorphe, passive qui n’utilise rien de ses capacités cognitives et, peut-être de son talent caché.  Par contre, ces derniers ont pignon sur rue, ils vocifèrent, critiquent, donnent leur opinion sur tout et n’importe quoi, souvent sans y connaître que dalle.  J’aime/je n’aime pas et aucun ton intermédiaire, du noir ou du blanc.  Basta!

 

J’écris (romans, nouvelles, articles sur la Shoah, blogs) et je fais de la musique (compositions écrites, mais surtout musique improvisée, à la flûte et au saxophone avec un rien de clavier mais basique).

 

Rien ni personne autour de moi du temps de mes études secondaires ou supérieures ne s’est jamais inquiété de savoir si j’avais un quelconque talent artistique, sauf une prof de français en humanités qui avait reconnu ma capacité à rédiger des dissertations.  Car oui, si je rédige comme je respire sur n’importe quel thème et vite de surcroît, ce ‘don’ ou cette ‘facilité’ ne signifie pas que ce que je ponds passe immédiatement à la postérité. 

 

Plus tard, à l’âge de 19 ans et sans que quelconque ne m’y ait poussé ou même conseillé ou ébauché cette idée devant moi (sans musicien dans la famille, mes parents ayant été a-culturels dans tous les domaines de l’art), j’ai décidé d’acheter une clarinette et de commencer à jouer de la musique.  Passant ensuite au saxophone pour me fixer sur la flûte traversière, apprenant la musique, ce que j’ai fait en autodidacte absolu, y compris la lecture et la composition simple (ligne mélodique pour un instrument avec ou sans accords).  Cela fait maintenant 51 ans que je joue de la musique surtout improvisée.  À mes débuts, j’ai joué dans certains groupes avec des musiciens rock ou pop, enregistré quelques trucs (dont un à la RTBF), puis une grande période de repli sur moi et ce n’est qu’il y a deux ans que j’ai eu l’occasion d’enregistrer en studio et, ainsi, en l’espace de deux ans j’ai joué et enregistré 63 morceaux en studio professionnel, l’immense majorité des compositions personnelles, ce qui m’a valu en quelques années 41 fans sur Reverbnation et, récemment l’acceptation d’un enregistrement réalisé avec trois autres musiciens pour diffusion par un label belge via le Web (à venir en septembre 2015).  Quant à la rédaction de textes, j’ai écrit déjà des milliers de pages surtout en français (romans, nouvelles, contes, blogs, etc.) avec, récemment, des articles sur la Shoah rédigés en anglais.

 

Mais surtout et c’est cela que je fustige le plus: qu’aucun de mes profs {mes parents auraient été incapables intellectuellement de découvrir un quelconque talent chez moi} tout au long de mon parcours scolaire n’ait cherché à dénicher ce potentiel en moi. Et, aucun cours de musique, de dessin, d’écriture, n’a jamais pu stimuler ce potentiel inexploité en moi.

 

Pourtant, je suis persuadé qu’il y a en nous, chez les enfants en bas âge, un potentiel artistique que personne ne cherche à développer parce que l’art n’est pas productif, il ne fait nullement avancer le schmilblick du la production commerciale, ne contribue pas au PIB.

 

Un jour, dans les années 70, j’étais allé avec un autre musicien dans un lieu à Bruxelles où séjournaient des enfants.  Ce musicien avait commencé à jouer du tambour et pour moi, ce fut une révélation de voir comment des enfants blancs, en bas âge (7-9 ans), étaient capables d’improviser des danses, des pas de danse, des mouvements à tendance artistique, sans avoir suivi des cours, de façon toute naturelle.  Et, par la suite, j’ai toujours été désolé de savoir que ces dons seraient tués dans l’œuf par des instituteurs et des professeurs obtus, incapables de s’intéresser à autre chose qu’une forme d’orthodoxie sociétale conduisant tous ces petits êtres à devenir de parfaits robots pour une grande entreprise qu’on appelle ‘la société’ et dont le but n’est somme toute que de forcer les gens à travailler, produire de la valeur ajoutée (PIB!) au détriment de ce qui fait la grandeur de l’homme et sa différence fondamentale avec les autres espèces, son don pour la créativité.

 

Car, dès qu’un gosse entre en primaires puis en secondaires, on l’assomme de matières certes peut-être destinées à élargir ses capacités cognitives (langues, mathématique, histoire, etc.), mais aussi à quoi sert-il encore maintenant d’enseigner le latin ou le grec classiques, des langues mortes et qui ne peuvent servir à quoi que ce soit du point de vue professionnel (hormis pour les médecins, vétérinaires et pharmaciens).  J’opterais, et dès le plus jeune âge, pour qu’on fasse passer des tests de dépistage de dons artistiques aux enfants : dessin, chant, musique, écriture, etc.  N’oublions pas qu’il y a eu de nombreux exemples d’enfants ou d’adolescents déjà capables de s’exprimer d’une manière adulte dès le plus jeune âge, Anne Frank étant l’un des meilleurs exemples.  Quand on lit ou relit son journal, on est frappé de cette maturité littéraire et d’expression littéraire dont elle fut capable.  Et combien n’y a-t-il pas dans le monde d’enfants prodiges déjà très doués sur le plan technique pour ce qui concerne la musique classique?  Des peintres tels Chagall et Picasso savaient déjà dessiner dès le plus jeune âge, heureusement que tous deux – et tant d’autres -, ont pu bénéficier de gens qui très tôt ont débusqué leur talent inné.

 

J’ai aussi remarqué dans mon entourage, que ceux qui créent, sont toujours occupés et sont hyperactifs, comparés à ceux qui ne font rien de leur cerveau, qui sont passifs, amorphes, qui se contentent de vivoter et d’attendre que la mort les happe.

 

Beaucoup de gens me diront, oui mais pour faire de la musique, il faut un don.  Oui, il faut un certain don qui représente peut-être 10 % du total, les 90 autres pourcents étant du travail, de la pratique.  Ce sont en effet des centaines et des milliers d’heures de travail, de pratique journalière pour entretenir sa technique, son doigté, qui permettent d’arriver à un certain niveau d’expression proche du professionnel.  Jai récemment rencontré un saxophoniste de jazz de 80 ans; quand il m’a dit son âge (sachant qu’il jouait encore à un niveau de jazz professionnel), j’ai immédiatement regardé ses mains, aucune arthrose, des mains fines, d’artiste.  Tout comme les miennes, aucune arthrose et une agilité qui n’a pas pris une ride en 50 ans de pratique.

 

Le jazzman John Coltrane a écrit plus de 100 morceaux, enregistré des centaines de disques, joué des milliers d’heures de musique.  Qui le connaît?  Qui s’intéresse à cet homme et artiste d’exception?  Je connais quelqu’un, un Juif newyorkais vivant à Vilnius et au pays de Galles, il est un spécialiste de la Thora, de la Kabbala, il connaît et déchiffre évidemment l’araméen, l’hébreux, il a écrit plusieurs livres sur le Yiddish (il est une autorité mondiale dans ce domaine).  Quand je lui envoie un article pour publication et qu’il me répond, je jette toujours un coup d’œil sur l’heure de renvoi de son mail.  Le plus souvent, c’est en pleine nuit. Il est obsédé par le travail et par son œuvre (la dissémination d’idées contre le fascisme, contre l’antisémitisme, la défense de la mémoire des victimes de la Shoah…). Il publie et édite les textes qu’il reçoit sur son site web antifasciste et antirévisionniste, compose lui-même des articles, suit l’actualité dans tous les pays baltes.  Il n’arrête jamais, tout ce qu’il fait il le fait avec une intensité, un dévouement, exemplaires.  De plus, il met tout son argent, toutes ses économies dans ce qu’il fait, défendre la cause juive dans des pays où l’antisémitisme et le révisionnisme règnent encore, vivant parfois sur le fil du rasoir.

 

Un autre ami musicien a commencé à revoir et arranger sur ordinateur toutes ses compositions (j’en ai déjà reçu une quarantaine).  Lui, originaire d’une famille de Saint-Josse, de parents cafetiers, n’ayant pratiquement pas fait d’études, a décidé de faire de la musique à l’âge de 16 ans, autodidacte comme moi, et il est devenu capable d’écrire des partitions complexes pour petit orchestre (il a joué au sein du groupe Univers Zéro et a composé pour ce groupe).  Aucune aide, aucun subside, il est parvenu à ce qu’il a atteint par lui-même, tout seul.

 

Maintenant, il y a des gens ordinaires, politiciens et people compris, qui pensent savoir écrire parce qu’ils sont capables de rédiger 144 caractères qu’ils lèguent à la postérité (j’en suis à 10.885 caractère au total, espaces non compris).

 

Pensez à tous ces artistes qui ont réussi, en jazz, classique, musique contemporaine, rock, slam, rap.  Souvent, ils se sont épanouis sur le plan artistique sans l’aide ou l’encouragement de quiconque et ce n’est qu’au moment où la gloire les touche, que les médias et leur pays s’enorgueillissent de leurs accomplissements, criant cocorico, c’est grâce à nous!  La même chose vaut pour les sportifs de haut niveau du point de vue du tennis ou de l’athlétisme.

 

Nos états modernes se fichent des dons de leurs citoyens, ils se fichent pas mal de débusquer les talents cachés ou de les aider à se développer, de les promouvoir.  Ce qui compte, c’est la complète robotisation de l’individu qui doit servir dans le cadre d’un projet capitaliste.  L’art, c’est pour les efféminés, l’art c’est le contraire de la force, de la puissance de production de l’individu. L’art, c’est pour les ‘mous’, pour ceux qui ne savent pas que certaines bières sont un symbole de force…l’art dissipe du but final qui est d’ajouter sa pierre au PIB, de construire cette énorme pyramide, ce ‘totem’ (cf. Freud) fait d’argent, de réussite sociale, de possessions matérielles.

 

J’admire Coltrane pour son œuvre impérissable. Je déteste ces gens qui roulent en BMW en tant que symbole de réussite sociale car ils personnifient tout ce que notre société a de nocif, la possession matérielle versus la créativité.

 

Si j’ai une fierté et une seule, c’est celle d’avoir réussi à maintenir mes espérances en matière d’art, en dépit des critiques parfois stupides de certains de mes congénères ou même prétendument amis, du manque d’encouragement, du manque d’intérêt généralisé. Cette pugnacité, cette résilience, naturelles chez moi, m’ont permis d’avoir un article en anglais paru dans une revue littéraire américaine au début des années 80, d’avoir une nouvelle parue dans Le Soir en 1982. Des Cartes Blanches dans Le Soir dans les années 80. D’avoir régulièrement des articles parus en anglais sur l’Holocauste dans les pays baltes, sur un site juif situé à Vilnius/Lituanie.  D’avoir joué de la flûte en solo en juin 1977 aux 24 heures de la Communication aux Beaux-Arts de Bruxelles et en 1979, d’avoir pu improviser en direct toujours à la flûte en solo à l’émission de Marc Moulin (Bien Dégagé sur les Oreilles).  D’avoir maintenant des fans pour ma musique aux États-Unis et dans d’autres pays anglo-saxons.  D’avoir bientôt un CD de ma musique (avec trois autres musiciens) qui paraîtra sous l’égide d’un label belge sur le web.

 

Il faut une volonté de fer, une pugnacité, rares, pour créer en Belgique.  Envers et contre tous parce que la Belgique est le pays du favoritisme (pensons à cet art mineur qu’est la BD, à l’énorme place qu’elle occupe dans les médias, elle qui cartonne et qui reçoit toute la promo et les subsides: le musée du Chat, de la BD, Tintin, etc.).  La Belgique est le pays du néant artistique: pensons à Classique 21 qui diffuse les vieux tubes rock, toujours les mêmes, mais peu de musique ‘noire’ ou de musiques contemporaines, rap, hiphop, etc., aux concerts que diffuse la 2 sous l’appellation de ‘Décibels’, des groupes le plus souvent sans originalité ou  véritable créativité, pensons à l’émission jazz sur la 3 de Philippe Baron – RTBF -, qui n’aurait jamais passé certains des CD de la dernière musique que joua Coltrane, la plus débridée et décapante, sauvage, proche du free jazz, pensons aux pages culture de la Dernière Heure, de Moustique…faites pour un grand public dont les goûts sont fonction de leur manque de culture générale.

 

Je dois dire que, moi qui ai consacré des milliers d’heures de travail à taper sur des machines à écrire et PC, à pratiquer mes instruments de musique, je ressens du mépris pour ces gens qui détruisent ce que font les créateurs, critiquent, fustigent, sans véritable connaissance en art, sans savoir ce que représente un processus créatif.

 

Vous penserez, mais pardi, lui il critique aussi.  Oui, je critique selon des critères musicaux ou littéraires en fonction des milliers d’heures d’écoute dans différents domaines, tenant compte de la créativité en premier lieu, en fonction de ces milliers d’heures de lecture, tenant compte de la créativité en premier lieu.  C’est ainsi que même si ce n’est pas mon genre de musique, je reconnais le talent et la créativité de Grand Corps Malade ou le talent d’Emily Sandé…



[1]Citation du contrebassiste de jazz Jimmy Garrison, parlant du saxophoniste John Coltrane (septembre 1926/juillet 1967), cité par J.C. Thomas dans sa remarquable biographie de ce grand jazzman.

17:19 Écrit par ro-bin dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

19/06/2015

Je m'indigne à propos de la Grèce!

Notre Premier Ministre par intérim (on sait que c’est De Wever le 1er Ministre de facto) a sifflé la fin de la récréation pour la Grèce. Y en a marre de ces Grecs à la noix, qu’ils fichent le camp, sortent de l’euro et de l’Union européenne.  Et nous fichent la paix une fois pour toutes !

 

Que pensent-ils ces Grecs ?  Que parce qu’ils ont inventé le terme ‘démocratie’, fondé les bases du théâtre, de la poésie lyrique et de la musique de type occidental, qu’ils aient droit à une quelconque voix au chapitre maintenant qu’il s’agit ni de démocratie ni de théâtre ou de poésie lyrique, ni de musique mais de GROS SOUS.  Que le peuple grec n’ait somme toute pas été à l’origine de l’énorme crise financière qui le frappe de plein fouet – ce sont les spéculateurs bancaires et les organismes de crédit internationaux qui ont joué la largesse là où, peut-être, on aurait dû être du type attentiste -, ne change rien.  C’est le peuple grec qui a payé, paie et paiera les conséquences, les pots cassés, les séquelles sociales et humaines, de la crise et de la bêtise des gouvernements précédant celui de Tsipras et de son parti Syriza.

 

Michel est un petit bourgeois élevé dans un cocoon en Brabant wallon.  Le fruit d’une élite bourgeoise et de la classe moyenne.  Il n’a sûrement jamais dû se priver de quoi que ce soit au cours de son parcours l’ayant mené au mayorat de Wavre, à la direction du parti réformateur, puis – ô joie et bonheur universel – à la Fonction de Premier Ministre par intérim d’un Royaume petit sur le plan de la géographie mais immense sur le plan de la reconnaissance mondiale.

 

Qu’il y ait eu quantité de personnes qui se sont suicidées en Grèce depuis que la Troïka (Fonds Monétaire international, Banque centrale européenne et Commission de Bruxelles) gère de facto les affaires financières de la Grèce, ne gêne certainement pas notre Michel par intérim.  Que, suite à la crise, des quartiers d’Athènes naguère chics, près de la place Syntagma, soient maintenant devenus des zones sinistrées aux rez-de-chaussée commerciaux désespérément vides, des rues peuplées de SDF, drogués, des rues où maintenant parfois règne la violence et surtout contre les gens de couleur ou immigrés de  pays qu’on n’aime pas à l’Aube Dorée, ne doit certainement pas déranger notre 1er Ministre par intérim, lui qui se déplace uniquement en voiture avec chauffeur et escorte, qui va de la voiture dans un hôtel de luxe ou de première classe, et qui ne fréquente à vrai dire que des hommes d’état ou des politiciens, des gens donc de son acabit mental (que, pardonnez-moi, je ne juge pas grandiose).  Mangeant dans les meilleurs restaurants et ne connaissant du monde externe que ce qu’une ‘élite’ (hi-hi !) de politiciens lui en dit ou ce qu’il en voit via le prisme déformant de la télévision.  Et n’oublions pas que quand notre 1er Ministre a subi une épreuve terrible récemment (une fausse couche de sa compagne), il s’est mis en congé privé durant deux jours, faisant là preuve d’empathie pour autrui (mais aussi pour sa propre douleur), lui qui a sifflé la fin de la récréation pour la Grèce, montrant par là ce manque d’empathie pour la souffrance des autres. Et, ici, je parle de la population grecque qui souffre, certaines personnes ne parvenant même plus à se soigner, aller chez le médecin, à l’hôpital ou acheter les médicaments nécessaires.

 

Il y a quelques années (au moins 2 ans) un patron de resto grec de Bruxelles nous avait dit qu’on avait déjà amputé la pension de ses parents de 200 euros, eux qui en gagnaient moins de 1.000.   Et, maintenant, le FMI a décrété qu’il faut pratiquer de nouvelles coupes sombres dans le budget des pensions.  Facile à dire pour Mme. Lagarde qui se paie un traitement plantureux à la tête du FMI.  ET qui, elle aussi va de voiture avec chauffeur dans des hôtels de luxe et des restos huppés, etc.

 

Bon, je suis d’accord, la Grèce a failli dans plusieurs domaines et c’est entièrement de sa faute

 

Elle n’a pas de cadastre des propriétés ; à un certain moment, le Fisc pensait qu’il y avait 150 piscines (taxables donc) à Athènes alors qu’il y en avait 15.000 !  D’accord, la Grèce est incapable de percevoir les impôts et surtout ceux liés aux fortunes les plus grosses ou aux entreprises faisant encore des profits car le Fisc n’a pas les moyens de le faire pour toute une série de raisons, parfois étonnamment comiques.  D’accord, quand la Grèce a reçu la liste des Grecs ayant de plantureux comptes en banque à l’étranger, cette liste est restée des mois dans un tiroir de ministre, sans qu’on bouge, et maintenant on n’a pas encore bougé sur ce plan.  D’accord, comme nous le disait le patron du resto grec il y a quelques années, la Grèce était corrompue, il fallait payer des dessous-de-table pour aller chez le médecin, se faire soigner à l’hôpital.  Il nous a raconté que dans un village, il y avait une ambulance et douze ambulanciers rémunérés !  L’administration en Grèce est pléthorique (mot d’origine grecque !), le budget de l’armée est dithyrambique (mot grec à l’origine, repris en latin), et, comme le soulignait notre Pandelis (patron de resto), à certains égards la Grèce contemporaine fait penser aux mœurs du Proche-Orient.  Désorganisation, bakchichs, dolce farniente, etc.

 

Ouais !

 

Mais, n’oublions pas deux choses essentielles :

 

  1. La participation à l’Union européenne et au mécanisme financier de l’euro n’implique pas que le pays n’ait plus droit à sa souveraineté nationale et à la détermination autonome de ses objectifs sociaux, financiers, économiques, sanitaires.

  2. Tsipras a fait valoir que l’Allemagne devrait payer des réparations pour les dommages causés par la guerre.  Il n’a pas tort sur ce plan, un historien allemand a même récemment émis l’idée que quand un accord a été conclu avec la Grèce pour de modestes réparations (quelques centaines de millions de francs belges à l’époque), la Grèce a été grugée eu égard à l’ampleur des dégâts physiques et économiques occasionnés par les Nazis, mais, également, par l’ampleur des pertes en vies humaines.

     

    Tsipras est grec, il pratique donc le pathos (mot grec, encore !), essayant d’aboutir à une espèce de catharsis (coucou, du grec !)  signifiant (merci le Petit Robert) ‘un effet de  "purgation des passions"  produit sur les spectateurs ‘une représentation dramatique’, ou, dans un second sens relatif à la psychanalyse, ‘la réaction de libération ou de liquidation d’affects longtemps refoulés dans le subconscient et responsables d’un traumatisme psychique.

     

    Épinglons encore deux choses :

    Dijsselbloem, le chef de l’Eurogroupe est un "…" (censuré), il déteste les Grecs et est tellement empli d’une suffisance néolibérale et d’ego qu’elle réduit fortement sa visibilité tous azimuts et l’expression de facultés mentales autres que des platitudes néocapitalistes. De plus, il déteste le ministre grec des Finances Varoufakis (playboy au fond comparé au petit apothicaire Dijsselbloem tout étriqué dans son costume bien taillé !), cela a immédiatement foiré entre eux sur le plan ‘humain’. On ne doit donc pas compter sur cet Hollandais obtus pour comprendre le sort des Grecs.

     

    Le sommet de lundi prochain des chefs d’état et de gouvernement ne produira pas grand-chose en termes d’aide à la Grèce ou de diminution de sa dette.  Pourquoi ?  La tendance intégriste représentée par Cameron, Merkel, Michel, Rutte, l’Espagne, le Portugal et l’Irlande (qui ont eux-mêmes subi les affres du FMI mais qui en sont sortis ou en passe de s’en sortir, ne feront aucun effort pour ce pays, ‘bien fait pour eux !’), augmentée par les voix des pays scandinaves (toujours dans la ligne dure), de la Pologne, des pays baltes et des autres pays membres de l’euro (Slovaquie, Autriche, etc.) donnera de la voix (chœur grec !) dans un ensemble touchant pour refuser tout en bloc à la Grèce, car la grosse tendance qui prévaut dans ces gouvernements c’est le libéralisme pur et dur, le libéralisme inhumain, le néocapitalisme qui s’oriente de plus en plus vers des modes américains de comportement commercial asociaux.  Les seuls qui défendront peut-être une possibilité d’accord et de compréhension des points de vue grecs seront les représentants de la France et de l’Italie, voix perdues dans le capharnaüm néolibéral, ultracapitaliste et antidémocratique sur lequel vogue la vague bleue qui tient actuellement l’Europe sous sa coupe.

     

    Et, en conclusion, je m’indigne car même si les gouvernements grecs précédents ont été fautifs dans leur gestion des crises bancaires et financières, même si ce pays fonctionne encore parfois sur un mode qu’on retrouve dans certains pays du Proche-Orient, même si Tsipras joue peut-être un jeu dangereux, ce qui compte ici, c’est le sort de la population grecque, paupérisée, réduite à un esclavage par l’Europe où prédomine l’Allemagne (que certains Grecs taxent déjà de 4e Reich), soumise à des diktats de fonds monétaires ou d’instances internationales ou européennes qui pensent en termes de bénéfices et non de vies humaines.

     

    Nous ne nous indignons pas alors que plus de 250.000 personnes sont mortes en Syrie, que près de 3 millions de réfugiés syriens vivent dans des tentes, certains depuis des années.  Les réfugiés qui arrivent par la Mer méditerranéenne ne nous dérangent absolument pas, ni leur sort.

     

    Sifflons la fin de la récréation, pour tous ces politiciens européens qui parlent le même langage thatchérien ou reaganien, démunis de facultés intellectuelles suffisantes leur permettant d’envisager de discuter d’égal à égal avec des pays souverains, d’envisager qu’il y a peut-être d’autres solutions qu’une austérité thatchérienne, incapables d’empathie pour autrui, de se mettre à la place d’autrui.  Ces chefs d’état et de gouvernement, ces petits apothicaires qui comptent leurs sous et n’ont aucune idée de ce que représentent ces mêmes sous pour les gens ordinaires de leur pays ou de pays en crise qui ne vivent nullement sur le même pied de richesse que la politique leur a apportée.

17:00 Écrit par ro-bin dans Actualité, Général | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

13/04/2015

Bêtises médicales et paramédicales

Un décès inattendu est toujours dramatique, il rend triste et désarçonne car il bouscule le train-train quotidien même si, au fond, vu l’âge de la personne, on pouvait s’y attendre.  Mais, je n’aurais jamais cru qu’un décès aurait pu nous faire sourire au moment où le médecin traitant arriva pour constater le décès et remplir le certificat idoine.

 

Nous n’avions plus eu de nouvelles de mon beau-père depuis le mardi.  Il habitait à Bruxelles, nous au Brabant wallon et, d’ordinaire, nous ne lui parlions pas au téléphone tous les jours, il arrivait parfois que nous restions une dizaine de jours sans lui parler.  Le jeudi, notre inquiétude grandit car il ne répondait pas au téléphone. Mon épouse passa chez lui le vendredi matin et le découvrit mort au salon, face contre terre, étendu de tout son long.  J’arrivai à Bruxelles un peu plus tard et nous nous mîmes à attendre l’arrivée de son médecin traitant.  Comme je suis un rien sensible, je m’étais assis, dans la cuisine, j’avais vue sur son corps, tandis que mon épouse (infirmière de profession) était restée assise à la table du salon, à proximité du corps.

 

Arriva le médecin traitant.  Qui, après avoir dit bonjour, sortit son stéthoscope, s’approcha du corps.

 

Bizarre! Me dis-je car nous étions le vendredi vers une heure trente de l’après-midi et selon nous il devait être décédé dans la nuit du mardi au mercredi.  Pourquoi?  Simple!  Moustique n’était pas sur la table, or, immanquablement, tous les mercredis, religieusement, il achetait Moustique!

 

Hardi le Médecin traitant mais non téméraire car il s’approcha du corps étendu à terre, le stéthoscope à la main, mais n’y appliqua ni la partie émettrice de son ni ne le toucha de la main.  Il aurait peut-être pu toucher le corps malgré tout (ce qu’avait fait mon épouse par ailleurs), question de constater le manque ou degré de rigidité cadavérique.

 

Ensuite, il se tourna vers mon épouse et lui demanda: ‘quand pensez-vous qu’il est décédé?’. Posément, elle lui expliqua notre théorie, disant que d’après ses sous-vêtements, il s’apprêtait donc à aller dormir (télé éteinte, chauffage éteint, une lumière au palier de la chambre à coucher restée allumée, etc.), dans la nuit du mardi au mercredi, l’absence de ‘Moustique’ sur la table étant, à notre avis, déterminante quant à la date de son décès probable.

 

Le médecin traitant compléta donc le certificat de décès en y indiquant la date du 13 octobre (le mercredi) alors que nous étions bien le 15 octobre (vendredi).

 

Combien d’années de médecine sont-elles nécessaires pour compléter un certificat de décès (qui constitue en fait un ‘acte authentique’, c’est-à-dire que nul ne peut légalement mettre en doute hormis de passer par une procédure judiciaire)?

 

Il y a quelques années, ma mère subit une fracture du col du fémur gauche (à l’âge de 90 ans) et fut opérée avec succès.  Le lendemain, lors de ma visite dans sa chambre d’hôpital, je constatai qu’elle était assise dans un fauteuil, ce qui est normal (pour éviter les embolies).  Ensuite survint un infirmier (on était le week-end, rappelons-le, période creuse en général dans les hôpitaux), il dit à ma mère qu’on allait la transférer vers son lit. Il s’apprêtait à l’empoigner par la jambe gauche pour la soutenir, la jambe opérée!  Heureusement, arriva sur ces entrefaites une infirmière plus intelligente et le transfert de fauteuil au lit se fit sans séquelles.

 

Il y a quelques années aussi, j’attrapai des douleurs dans l’épaule gauche du type de douleurs de tendinite aiguë.  Je me rendis chez un chirurgien orthopédique qui 7-8 ans auparavant m’avait traité en premier lieu par infiltrations de cortisone.  Il refusa de m’en faire une cette fois-ci quand je lui eus dit (après interrogatoire) que je souffrais d’hypertension oculaire.  Il fallait au préalable l’avis motivé de mon ophtalmologue.

 

Le problème c’est qu’il fit deux erreurs.  Un, il m’avait déjà fait des infiltrations de cortisone dans le passé sans se préoccuper de mes yeux, et, deux, s’il avait regardé mon propre dossier médical papier ou sur écran, il aurait vu que j’avais souffert d’une épaule gelée la fois précédente.  Affection qui est susceptible de se transmettre à l’autre épaule, ce qui fut bien le cas ici.  Dans ce même centre médical, on m’avait pratiqué une arthrographie la fois précédente (radio après piqûre dans l’articulation à examiner).  La piqûre me fit tellement mal (ajoutée à la chaleur d’une salle non aérée en plein été), que je faillis tomber dans les pommes et dus m’étendre sur le sol pour récupérer, sur le carrelage froid.  Aucun membre du personnel ne s’occupa de moi, ne me mit de coussin sous la tête ou releva mes jambes ou me demanda comment cela allait.  On attendit que ce fut passé pour prendre la radio, comme si de rien n’était!

 

À l’âge de 77 ans, mon père commença à éprouver des difficultés respiratoires. Il se rendit chez son médecin traitant.  Diagnostic : asthme!  Un mois plus tard, il était transporté en urgences à l’hôpital le plus proche.  Diagnostic: problèmes cardiaques au premier stade de gravité (avant l’infarctus du myocarde). Ce qui paraissait évident, comme si on commençait des crises d’asthme à 77 ans sans jamais en avoir eu! Une autre fois, mon père se rendit chez ce même médecin traitant accompagné de mon épouse, il souffrait de douleurs dans l’aine et la cuisse (nerf crural).  Le médecin lui montra une planche anatomique du corps humain et finalement, d’après les réponses de mon père, il identifia une inflammation du nerf crural, sans auscultation et sans avoir manipulé la cuisse, la jambe et le pied. Mon épouse dut le prier de prendre sa tension car il ne l'avait pas fait et souffrait d'hypertension! Un jour, je l’appelai en urgence, le même médecin qui était de garde, pour ma mère qui avait une diarrhée, ce que j’expliquai par téléphone. Il arriva et sans ausculter ma mère, il lui remit un texte printé de l’ordinateur, un traitement pour gastro-entérite et les conseils diététiques! 

 

Je connais deux autres médecins de l’hôpital du coin, une gastro-entérologue et un chirurgien orthopédique, qui, eux non plus n’auscultent pas toujours les patients.  L’un d’eux me fit l’infiltration de cortisone que son confrère avait refusée, mais il se trompa de diagnostic puisque je souffrais bien d’une ‘épaule gelée’ ce qui fut établi après une visite chez lui en privé où , il m’ausculta convenablement.  En privé et pas à l’hôpital où il reçoit des dizaines de patients sur une après-midi!

 

Le lendemain d’une opération de la vésicule biliaire que je subis, une infirmière vint chez moi et me dit qu’on allait ôter le bandage qui recouvrait le haut de mon ventre et une partie de la poitrine.  Elle l’arracha d’un seul coup (emportant une myriade de poils de poitrine par la même occasion) et je hurlai, jamais ne n’avais ressenti une douleur aussi forte.  Le lendemain quand une autre infirmière voulut me faire la même chose, je me recroquevillai dans mon lit d’hôpital, mais elle me dit de ne pas avoir peur.  Elle enduisit le pansement d’éther et le tout se fit sans problème.

 

La première fois que j’eus une ‘épaule gelée’, mon propre médecin traitant me dit que de la kiné pouvait parfois aider.  J’allai donc chez un kiné pour une dizaine de séances.  Non seulement, il ne m’aida nullement, mais chaque séance chez lui était une séance de torture.  Je me suis juré que par la suite je ne referais jamais de la kiné sauf absolue nécessité.

 

J’ai connu un urologue qui me faisait un ‘toucher rectal’ (palpation de la prostate par l’anus)alors que moi j’étais en position debout, les jambes légèrement écartées.  Plus dégradant que cela tu meurs!  Il n’hésita pas par la suite de me faire faire des biopsies de la prostate, à vif (sans anesthésie), six points (prélèvements de tissu), puis douze la seconde fois.  C’était un médecin d’un hôpital catholique de la région bruxelloise.  Ce ne fut que par la suite – quand je changeai d’urologue et d’établissement – que je me rendis compte, par comparaison, de l’extrême manque d’humanité dont il avait fait preuve à mon égard.

 

Quant à ma belle-mère, après son opération d’un cancer de l’intestin, nous eûmes l’occasion mon épouse et moi de parler au chirurgien, dans un corridor d’hôpital, qui nous dit à brûle-pourpoint qu’elle avait un cancer qui s’étendait déjà avec des métastases au foie et qu’il n’y avait plus rien à faire, elle en avait encore pour deux ou trois mois au maximum.  Dans un corridor, comme cela, brutalement, sans égard pour les sentiments des proches de la patiente!

 

 

D’un autre côté, mes parents, mon épouse, ses parents, elle et moi, avons eu la chance de découvrir des médecins formidables, attentifs, à l’écoute, au diagnostic sûr, refusant les examens inutiles, qu’ils aient été chirurgiens (j’en suis à six opérations, mon épouse à cinq, et ma mère certainement 6, dont une par un neurochirurgien pour l’extraction délicate d’une tumeur bénigne dans la moelle épinière sans séquelles postopératoires), médecins traitant, spécialistes, ou médecin généraliste, et pour moi, de plus en plus ces dernières années, urologue.

 

Je viens d’être opéré d’un adénome de la prostate (résection d’un adénome de la prostate) et n’ai que louanges à dire à l’égard du chirurgien, du personnel infirmier et pour la qualité des soins donnés, de l’information donnée.

 

Quand on dit médecins, infirmières, kinésithérapeutes, on ne distingue pas entre les premiers de classe, les élèves brillants, et les cancres, car tous ont le même diplôme sans mention des points obtenus, du moins accessible aux patients…

12:30 Écrit par ro-bin dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

12/01/2015

TOUS CEUX QUI N'ÉTAIENT PAS CHARLIE...

Une impressionnante manifestation hier à Paris et dans d’autres villes françaises et à l’étranger, en l’honneur des attentats terroristes des 7 et 9 janvier 2015.  Et on a raison de fustiger de tels actes barbares.

 

Les Français ont clamé «Liberté, Égalité, Fraternité».  Beaucoup étaient «Charlie», le symbole de ces meurtres perpétrés par des fanatiques au nom d’une religion dont ils se revendiquent et qu’ils disent défendre.

 

Quand fin janvier 2002, DANIEL PEARL fut assassiné au Pakistan par une mouvance intégriste qui portait déjà le nom d’État islamique, il le fut parce qu’il était Américain, Juif et Journaliste.  Pourtant certains articles de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme lui garantissaient la vie (art. 3), la liberté de pensée, de conscience et de religion (art. 18), et à la liberté d’opinion y compris celui de chercher, de recevoir et de répandre les informations (art. 19).

 

Bizarre, pas de manifestations de masse à l’époque, pas d’écriteaux ou de slogans ‘I am Daniel Pearl’ ni en France ni en Europe à part peut-être aux States.  Quant au film ‘Un cœur invaincu’ produit par Brad Pitt et mettant en scène Angelina Jolie dans le rôle de l’épouse et veuve du journaliste, ce ne fut pas là un film qui ‘toucha le cœur’ des Français, Allemands, Belges, Britanniques.

 

On peut dire de même pour JAMES FOLEY décapité par l’EI le 19/8/2014, STEVEN SOTLOFF, décapité le 2/9/2014, HERVÉ GOUDEL, décapité en Algérie le 26/9/2014.  Victimes innocentes d’une barbarie sans nom.  Anonymes par rapport à près de 4 millions de manifestants hier.

 

Avez-vous vu des manifestations de millions de personnes aux States, en France, portant des panneaux ou affiches ‘Je suis James/Steven/Hervé’.

 

Quand la petite MALALA YOUSAFZAÏ fut la victime en octobre 2012 d’un attentat par des Talibans qui lui reprochaient d’aller à l’école (art. 26 de la Déclaration universelle des droits de l’Homme), avez-vous vu des manifestations de masse pour cette remarquable jeune fille qui reçut conjointement le Prix Nobel en 2014?  Avez-vous vu des panneaux, écriteaux, slogans ‘JE SUIS MALALA’?

 

Pendant ces journées de deuil en France, j’ai vu la photo d’une jeune Noire gisant par terre dans un pays africain, victime d’Ebola.  Sa famille avait téléphoné aux secours, aucune ambulance n’est jamais venue la chercher et elle est morte dans l’indignité, la souffrance, le dénuement psychologique, sans aide, assistance ou réconfort de personne.  Avez-vous déjà vu des manifestations de masse en France, Belgique, Allemagne, Royaume-Uni pour soutenir les victimes d’Ebola?  L’article 25 de la Déclaration universelle garantit ‘un niveau de vie suffisant pour garantir les soins médicaux’.  20.000 personnes sont déjà mortes d’Ebola et combien de bénévoles d’ONG anonymes?  Et, à ce dernier propos, je me faisais une réflexion amère: quelle est la différence entre des gens dont le métier est de faire rire et de se moquer de tout, et de tout le monde – et sont adulées pour cela, étant presque devenues des divinités nationales – et des bénévoles ou praticiens de l'art de guérir et de soigner anonymes dont le métier est d’aider et de soigner les plus démunis, au détriment parfois de sa propre vie?

 

Boko Haram vient de tuer 2.000 personnes ces dernières semaines, soit 118 fois plus qu’en France, en a-t-on parlé, cela touche-t-il tous ces cœurs de Français, de Belges, meurtris par ce qui s’est passé à Paris la semaine dernière.

 

Certains ont parlé d’atteinte à la liberté d’expression, des gens qui ne s’émeuvent pas qu’actuellement les mêmes atteintes (non mortelles certes mais assorties de prison) sont en œuvre en Turquie et en Égypte.  Quand en Russie une journaliste de renom, spécialiste de la Tchétchénie a été assassinée il y a près de 10 ans (Politkovskaïa), y a-t-il eu des manifestations de masse dans nos pays occidentaux?  Des boycotts des autorités russes pour ne pas donner suite avec suffisamment de célérité à l’enquête judiciaire biaisée dès le départ?  Et, quand deux membres des Pussy Riot ont été dans le Goulag pour des années, cela a-t-il ému qui que ce soit parmi les franges bourgeoises – et blanches - qu’on a vu manifester hier en grande majorité ?  Ce couple juif de Créteil, violemment agressé – et l’épouse violée – début décembre 2014 a-t-il ému les âmes françaises au point de les faire sortir par millions dans les rues du pays?

 

Personnellement, je trouve remarquable et extraordinaire cet incroyable élan de solidarité pour des victimes d’attentats en France.

 

Mais, parler d’Égalité, de Fraternité?

 

J’y vois d’une part de l’ethnocentrisme exacerbé; la preuve en  Belgique, ce furent surtout les francophones ou francophiles qui réagirent le plus.  Et, en France, on eut surtout affaire à une représentation symbolique et idyllique d’une revue libre mais que peu de personnes lisaient ou connaissaient au fond (33.000 lecteurs), en perte de vitesse et de capitaux et qui, à certains moments n’a pas fait dans la dentelle: je pense à ce dessin qu’on nous a ressorti d’un ‘Hitler sympa’ avec une bulle à gauche ‘eh bien les Juifs’ et à droite une bulle explicative ‘ça gaze?’, une idée de dessin d’un abyssal mauvais goût, sans respect pour les millions des Juifs et autres personnes ayant connu les affres d'un gazage plur du vrai pas pour le dessin.

 

D’autre part, dans le conscient collectif de nos peuples blancs d’Europe, certaines personnes valent plus que d’autres, c’est une constatation à connotation raciste ou non.

 

Cela illustre ce que m’avait confié un journaliste de la BRT en 1993 lors d’un voyage au Vietnam (il était notre accompagnateur de groupe).  Si deux ou trois Belges meurent à l’étranger, cela fait obligatoirement la une à la radio et à la télévision.  S’il s’agit d’étrangers, blancs, il faut au moins une dizaine pour qu’on en parle.  Et si on parle de peuples noirs, jaunes ou autres, il faut au moins une centaine voire des centaines voire des milliers de morts pour que cela fasse la une.

 

 

 

 

12:38 Écrit par ro-bin dans Actualité, Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

29/09/2014

L'ELOGE DU CHAUVINISME

LES BELGES SONT LES MEILLEURS AU MONDE!  Il s’agit des pilotes de chasse belges, s’entend.  Et comme c’est la DH qui le dit dans son édition du week-end des 27 et 28 septembre, on ne peut que s’incliner.

 

ENFIN !  LA RECONNAISSANCE DE NOTRE SAVOIR FAIRE, DE NOTRE KNOW-HOW GUERRIER!

 

 

Hubert Leclercq, un journaliste de la DH écrit en page deux «applaudir à la précision des tirs de nos chasseurs F-16.  Des pilotes qui ont le taux de réussite le plus élevé au monde

 

MIEUX!  L’ex-patron de la base de Florennes, Luc Gennart, confie lors d’une interview au même journal (DH, ne l’oublions pas) »Soyons clairs. Nos adversaires savent qu’on respecte les règles et ils nous respectent.  En dix ans, on n’a pas perdu un seul homme (…) Les Britanniques en ont perdu plus de 300.»

 

Ici il parlait de l’opération de police en Afghanistan (puisqu’il ne s’agissait pas d’une guerre ni d’une opération sanctionnée par l’ONU) à laquelle nos intrépides troupiers et pilotes ont participé, sans aucune perte humaine, à la différence des Britanniques.

 

Les gens qui ne lisent aucun journal ou aucune revue sérieuse, se diront, mais tonnerre, nous les Belges, on est bien plus forts que les Britanniques qui ont perdu plus de 300 hommes!

 

OUAIS !

 

Sauf, ce que la DH ne dit pas et que Mister Gennart ne dit pas plus, c’est que le contingent belge en Afghanistan (je ne parle pas des pilotes mais des troupes au sol, ‘boots on the ground’ comme disent les Américains), avait pour seule et unique (importante) mission d’assurer la sécurité d’une base aérienne, Kandahar si je m’en souviens bien et d’assurer – dans le nord – la formation de l’armée nationale afghane.

 

Il n’y a jamais eu de patrouilles à pied de soldats belges dans des endroits susceptibles de receler des Talibans ou autres troupes combattant le gouvernement afghan légal.

 

Les Britanniques, tout comme les Français, Américains, Allemands et tant d’autres contingents européens, se tapaient le boulot de soldats, ‘boots on the ground’, eux, contrairement, à notre armée belge pour laquelle nous poussons maintenant des cocoricos.

 

Notons qu’il y eut des blessés tout de même lors de cette opération en Afghanistan.  «Les blessés, ce fut dans des accidents de la route.»  Évidemment, si les chauffeurs de l’armée conduisent à l’armée comme ils conduisent en tant que citoyens civils sur nos routes, on connaît le topo.  Là aussi, on pourrait le crier haut et fort.  NOUS SOMMES LES MEILLEURS CONDUCTEURS DE VOITURES AU MONDE!  Pas en Europe certes car la concurrence est rude, mais si on se compare aux conducteurs de l’Égypte, du Liban, d’Israël, de l’Inde, du Bangladesh, de la Chine, de Taïwan, eh ben, mon kiki, il n’y a pas de quoi être honteux, nous les valons bien.

 

Je sais de bonne source que le président américain Obama attendait avec impatience la réponse de la Belgique.  Il savait que sans la participation de ces pilotes belges au taux de réussite de bombardements de 97 %, la lutte contre l’État islamique (EI) en Irak serait vouée à un échec programmé.

 

OUAIS MAIS!

 

Minute papillon!

 

Le monsieur Gennart, dans son interview il dit ‘Notre taux de réussite quand on vise une cible est de 97 %.’

 

Bon, on le sait, les soldats et les pilotes de chasse ne sont pas nécessairement des grammairiens.  Moi, j’ai un certain goût pour le français.  Donc,  je tique méchamment sur ce mot ‘vise’.

 

Pour moi un bombardement par avion consiste en un plan de vol et d’attaque, l’approche (sournoise) de la cible, viser la cible, donner le feu vert pour le bombardement, lâcher la ou les bombes, estimer le résultat, analyser les photos

 

Ici on parle de ‘viser’ et non pas de ‘toucher’ (atteindre en bon français) les cibles.  Donc, je me demande à la limite si ce taux extraordinaire de 97 % de réussite est-il atteint via des jeux de console, ou des exercices en réel?

 

Devrais-je prévenir le Président Obama que les pilotes belges ont un taux de réussite de 97 % quand ils visent des cibles et, peut-être pas quand ils les touchent?

 

Ça changerait tout pour Obama.  Imaginez-vous qu’il ait ainsi 8 pilotes belges de moins à un taux de réussite de visée de 97 % (ce jeu est-ce semblable au jeu de fléchettes au café du coin ou au mess pour officiers de la caserne de Florennes ?), ça change tout, mes amis.

 

Finis les rêves de vaincre l’EI!  On devrait alors faire appel à de vrais spécialistes.

 

Et puis, s’il n’y a plus de pilotes belges qui combattront l’EI, ces combattants djihadistes perdront tout respect pour la coalition.  Car, grâce aux Belges et à leurs performances (n’oublions pas qu’il était question de manque de dommages collatéraux lors de frappes belges), enfin, les combattants de l’EI avaient au moins du respect pour leurs adversaires et surtout pour ce petit peuple de la Gaule dont César avait déjà parlé jadis, de son temps.

 

Car, déjà du temps de César, nous étions forts aux fléchettes et autres jeux de société mâle.  Nous avons une longue tradition de combats, de guerres, de conflits armés.

 

Prenons pour l’exemple, le conflit qui oppose depuis près de deux cents ans les Flamands et les Wallons.  Là aussi, les Wallons ont gagné le respect de leurs adversaires flamands.  Ce respect ils l’ont gagné grâce à leur pugnacité à ne jamais s’abaisser à adresser la parole à ce menu fretin flamand dans sa propre langue bâtarde (une langue provenant du bas allemand au fond, impure).  Il faut traiter ainsi les petites mains paysannes, comme elles le mérite, c’est ainsi qu’on gagne le respect des adversaires.  Aussi quand on leur tape sur la caboche avec un taux de visée de 97% de réussite !

 

En Irak, nos pilotes de chasse s’en inspireront.  Ils ne connaissent rien à la culture musulmane ni à la langue ou aux us et coutumes arabes (sauf que les Musulmans ne boivent pas d’alcool…c’est je suppose pour cela qu’ils sont basés au Liban, plus libéral sur ce plan-là…), mais ils iront au combat avec leurs instruments de visée et réussiront à 97 % leurs visées – sans dommages collatéraux, gagnant ainsi le respect de ces djihadistes.  ‘Ah la Belgique’, diront-ils, babas, ‘de vrais hommes, de vrais adversaires, dignes de nous!’

 

Je les admire, ces hommes belges intrépides dans leurs belles machines volantes.

 

Je leur souhaite aussi de ne jamais être descendus au-dessus d’un territoire de l’EI ni de devoir y sauter en parachute, car là, ils verront tout de suite si leurs adversaires les respectent sur le plan des conventions de Genève…il y aurait de quoi y perdre la tête…

17:39 Écrit par ro-bin dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : pilotes belges contre l'ei |  Facebook |