15/02/2018

L'AN 1 APRÈS WEINSTEIN

L’AN 1 APRÈ WEINSTEIN

 

Avant le début de l’ère Weinstein, il est vrai, les femmes, les filles voire parfois les gamines, étaient violées, agressées sexuellement, harcelées, pincées, tâtées, obligées à s’étendre pour dégoter un contrat ou un emploi, victimes de voies de fait dans les métros bondés, à la sortie de fêtes, bals, pubs, etc.

 

Avant l’An Zéro de l’ère Weinstein, il y avait eu par-ci, par-là, des rumeurs tenaces, des accusations, des mises en examen, d’hommes pour viol. Mais rares. Il y a eu disons un cinéaste d’origine polonaise qui par la suite, après son incarcération et sa fuite, n’a plus osé mettre les pieds aux States de peur de finir sa vie à croupir en prison. Un futur candidat à la présidence française qu’on avait fichu dans la prison new-yorkaise de Rikers après une plainte d’une femme de chambre qu’il aurait voulu chambrer. Un réalisateur américain de films comiques pour bobos branchés de l’intelligentsia européenne  de qui on avait dit que et que et que…et on en reparle maintenant que les bouches se sont tout à coup décousues.

 

Depuis qu’on balance les porcs, les salauds, les crapules, les vicelards, les tordus, les rapaces sexuels, sur la place publique, qu’on publie leurs noms dans les réseaux sociaux, dans les journaux, et que cela fait parfois la une des journaux télévisés {pensons à Tariq ramadan, sans le nommer}, les langues se sont donc déliées mais y a-t-il encore des agressions sexuelles, des harcèlements, des attouchements non consentants?

 

NON! C’est fini! Tout danger est définitivement écarté!

 

Du moins, pas dans les sphères en vue des studios de cinéma, des milieux fréquentés par les stars et les artistes. Je suppose que maintenant toute star ou VIP mâle désireux d’avoir des relations sexuelles avec une femme consentante {ou un homme, pas de discrimination s’il vous plaît} lui fera au préalable signer un contrat en bonne et due forme par lequel la dite femme – ou le dit mâle - déclarera consentir à une relation sexuelle de type consentant et s’abstenir subséquemment de toutes poursuites par voies judiciaires après l’accomplissement des clauses de l’acte sous seing privé.

 

MAIS, dans les banlieues en France, dans les ghettos aux States, dans les townships en Afrique du Sud, au cours ou à l’issue de partouzes où ont circulé alcools et drogues durs, dans des rues ou parkings peu éclairés en dehors des heures de pointe, dans les boîtes et dancings où à force de se frotter pubis contre pubis, un mâle pourrait croire que tout lui est permis, à la sortie de bals ou fêtes populaires quand tous les mâles sont pétés et qu’ils ressentent de fortes remontées de testostérone, qu’en est-il?

 

Dans une remarquable interview donnée par Virginie Despentes {‘Baise-moi’, ‘Vernon Subutex’, etc.} au Spiegel allemand, à la question de savoir ce qu’elle pensait de cet appel qu’avaient lancé Catherine Deneuve et une centaine de cosignataires en France, elle a répondu de manière assez catégorique: «Avec leur essai, les Catherines arguent pour plus de sexe, cela n’a rien à voir avec le mouvement #MeToo. Avec #MeToo, il y va du pouvoir et de son abus. Pas du sexe.»  C’est clair mais on en parle peu. Au-delà du crime que constituent des attouchements, voies de fait, viols, harcèlement, non consentants, l’homme qui pratique ce genre de choses use d’un pouvoir physique, de celui du loup alpha, un loup ne connaissant ni inhibitions ni codes moraux, ni éthique ni raison humaines.

 

Ceux et celles qui soutiennent – pour des raisons de politiquement correct – qu’il n’y a aucune différence entre l’homme et la femme, feraient bien de revoir leurs manuels de biologie et particulièrement le chapitre qui a trait aux hormones, ainsi que de relire certains textes fondateurs de la psychologie individuelle et de masse.

 

Dans mon enfance – j’avais 9 ans –, j’ai connu une petite fille qui était une amie pour moi. Jacqueline, nous avions même décidés de nous marier. Quelques décennies plous tard, nous avons appris qu’elle se faisait régulièrement violer par son père, ainsi que sa sœur. Est-il là question de sexe? Non, c’est une question de pouvoir mâle. C’est le comportement abject d’un homme qui souvent n’est qu’un loser dans l’existence mais qui n’a qu’une seule possibilité de montrer qu’il est un homme, qu’il détient le pouvoir sur de plus faibles que lui, par la force, par la force de son sexe.

 

Mon père était violent et frappait ma mère de temps en temps. Quand la frappait-il? Quand elle lui tenait tête, quand elle n’obéissait pas à ce qu’il lui intimait de faire ou de ne pas faire. Il frappait, la seule façon pour lui d’asseoir son pouvoir d’être dominant.

 

Parce que la dominance mâle, ce désir de dominer les autres hommes, les femmes, de s’imposer comme le plus alpha des loups alpha dans cette meute que constitue le monde humain, je regrette, mais c’est quasi inscrit dans notre ADN. Depuis le temps quand les humanoïdes se trucidaient pour bouffer et couvraient les femmes qui leur tombaient sous les testicules ou passaient à leur portée, notre épopée humaine fut violente. Hormis la violence institutionnalisée des guerres et conflits armés, il y a la violence individuelle voire collective et la pire des violences qui peut avoir lieu est celle dont des femmes ou des enfants sont abusés sur le plan sexuel, voire tués par la suite, par des hommes qui sont plus forts sur le plan physique que leurs victimes. Ce n’est pas différente avec des tueurs et prédateurs en série du genre Dutroux ou, jadis, Ted Bundy, aux States.

 

Je pense sincèrement qu’on a beau faire un tas de publicité avec tous ces salopards publics, VIP, stars et vedettes mâles, qui ont fait ce que des milliards d’hommes avant eux ont fait depuis la nuit des temps, cela ne changera rien ni dans les banlieues, ni dans les ghettos, ni dans les townships, ni à l’issue de bals, soirées, sorties, fêtes de la bière ou de la saucisse. Il y aura toujours des hommes sans inhibitions, bourrés de testostérone, qui se frotteront contre des femmes dans les rames bondées de métro ou les plateformes des voitures de  trains. Il y aura toujours des hommes shootés ou pétés qui n’accepteront pas ‘non’ comme réponse à une invite sexuelle et qui, si les circonstances s’y prêtent, violeront voire, parfois, tueront subséquemment.

 

La vérité, Mesdames, Messieurs, Mesdemoiselles, c’est que les rapaces sexuels sont liés à la condition mâle et que seuls l’éducation, l’exemple de personnes respectables, des principes moraux, religieux, philosophiques, éthiques, célébrant l’égalité complète entre l’homme et la femme et le libre choix des femmes d’avoir ou non des rapports, et un hasard génétique ou acquis qui conduit à avoir un caractère rationnel et sain, font en sorte que l’immense majorité des hommes se comporte rationnellement et de manière respectueuse.

 

Toutefois, quand on gratte dans les statistiques, et qu’on voit les chiffres de violence familiale, de viols non déclarés dans nos pays civilisés et dans les pays où il y a encore de fortes discriminations raciales autant que sociales, on peut affirmer que le combat est loin d’être terminé et, à certains égards, n’est-il pas en train d’être perdu?

 

Oui, Catherine Deneuve, on peut encore draguer et se faire draguer. Mais quand une adolescente ou une femme a en face d’elle un mec au QI de 80 ou 90, pété ou shooté, plein de testostérone qui ne demande qu’une giclée bienvenue, et remonté par tous ces films où les femmes sont accessibles, désirables, belles, la scène risque de se transformer très rapidement en épisode darwiniste car tout cela se passe loin des spots des journaux télévisés, mais, au fond, près de chez nous…

17:33 Écrit par ro-bin | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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