01/05/2017

ARABIE SAOUDITE ET ÉTAT ISLAMIQUE, MÊME COMBAT RELIGIEUX

ARABIE SAOUDITE ET EI, MÊME COMBAT RELIGIEUX

 

Notre monde audiovisuel belge s’est récemment ému de l’admission de l’Arabie Saoudite dans la Commission de l’ONU traitant de la condition des femmes. D’autant plus qu’il est apparu que la Belgique a voté en faveur de cette admission.

 

Certains reporters ou journalistes aux ondes neuronales d’investigation hypométropes ont tout de suite parlé de discrimination existant au Royaume saoudien puisque la femme ne pouvait dans les faits ni conduire une voiture ni ouvrir un compte en banque à son seul nom.

 

Balivernes tout cela! Peanuts!

 

La loi religieuse, la seule loi légale en Arabie Saoudite, est fondée sur l’application stricte, intégrale – et, à notre sens inhumaine - de la Shar’ia. Quelques exemples de peines et punitions légales d’application en Arabie Saoudite, et sans discrimination aucune de sexe: le blasphème, l’apostasie, l’homosexualité et l’adultère sont punis de la peine de mort. Une finesse de la loi en Arabie Saoudite c’est que l’adultère est lui punissable par la mort par lapidation. Pour les jeunes des banlieues ou de Molenbeek qui assimileraient la lapidation aux jets de pierres par des Palestiniens sur des soldats, civils ou véhicules israéliens, ou d’autre part pour les jeunes catholiques qui jugeraient que «celui qui n’a jamais péché jette la première pierre», la lapidation consiste en l’enterrement d’un corps dans le sol avec le haut du torse et la tête dépassant de la surface, les cibles physiques, ensuite en des jets de pierres jusqu’à ce que mort s’ensuive. Une manière de tuer typique du Moyen-âge.

 

Si on examine une liste des peines et châtiments qu’applique l’Arabie Saoudite {source l’OBS, sur Internet}, on voit mais vraiment sans sentiment de stupéfaction ou de véritable surprise intellectuelle pour qui sait un peu ce qui se passe loin de chez nous, qu’il y a identité absolue entre les peines qu’applique l’Arabie Saoudite pour certains "crimes" et celles qu’applique l’État islamique.

 

Étonnant?

 

Non à vrai dire, la Shar’ia est le socle religieux sur lequel est fondé l’application des peines. Disons que la différence majeure entre ces deux théocraties, c’est qu’en Arabie Saoudite toute peine sera arrêtée par un tribunal, tandis qu’au sein de l’État islamique, outre des tribunaux qui ne sont fondés sur aucune légitimité d’état reconnu par ses pairs, il y a l’arbitraire qui joue un rôle prépondérant, les viols collectifs, la mise en esclavage de jeunes filles forcées à avoir des rapports sexuels non-consentants avec des membres de l’EI, les vols, les meurtres, les rapines. Mais rappelons que la dernière condamnation de mort par lapidation qui fit du bruit en Arabie Saoudite remonte à 2015, l’une des coupables ayant été une jeune fille du Sri Lanka. Donc, à l’heure actuelle, même si on n’a plus fait de publicité de morts par lapidation {sait-on en réalité ce qui se passe loin des flashes de caméras de télévision ou de regards de reporters ?}, cette peine est toujours reprise au code religieux qu’est la Shar’ia et reste théoriquement d’application en Arabie Saoudite. Nouveau membre d’une commission de l’ONU sur la condition de la femme!?

 

Dans un post du 10 juillet 2017, le Huffingtonpost a rapporté à propos de l’ingérence militaire de l’Arabie Saoudite dans le conflit au Yémen qui oppose les Houthis {Chi’ites} au gouvernement, que «le Comité sur les Droits des Enfants {de l’ONU} a condamné les frappes aériennes au Yémen de la coalition dirigée par l’Arabie saoudite qui ont mutilé et tué des centaines d’enfants, et son utilisation de la "famine" en tant que tactique pour sa guerre contre les Houthis soutenus par l’Iran.» Et, pour ceux qui ne comprendraient pas, rappelons {information personnelle, culture générale} que l’Arabie Saoudite a dans un premier temps soutenu l’État islamique puisqu’il y avait identité idéologique absolue entre les buts que cherche à atteindre ce pays pétrolier {l’hégémonie mondiale par l’instauration de la Shar’ia y compris dans les pays occidentaux à fortes minorités musulmanes et via la dissémination d’idées et d’idéologie fondée sur le wahhabisme} et celui que poursuit l’État islamique. Il y a aussi une communauté de lutte idéologique liée au schisme religieux qui oppose Chi’ites et Sunnites, le Royaume saoudien tout comme l’EI étant à majorité et autocratie religieuses sunnites.

 

Puisqu’on parle de l’ONU, il est intéressant d’épingler la réponse que fit Bandar Bin Mohammed Al-Aiban, président de la Commission saoudienne des droits de l’homme au comité onusien qui avait critiqué son propre pays; il dit en substance que «la sharia, la loi islamique, est au-dessus de toutes les lois et traités, incluant la Convention sur les droits de l’Enfant.» {infos : Huffingtonpost, post du 10 juillet 2016}.

 

N’est-ce pas beau? Lumineux? Transcendant?

 

C’est pour l’admission de ce pays, partenaire idéologique de l’État islamique même s’il le combat actuellement pour des questions de schisme religieux interne, qu’a voté la Belgique.

 

Le Ministre Reynders est le ministre des Affaires étrangères et de la diplomatie fédérale. Que notre pays se soit couvert de honte, qu’il déclare qu’il n’était pas au courant, qu’il ne soit pas intervenu personnellement dans cette affaire, ne change rien au fait que Reynders devrait dégager au plus vite. En vertu d’un principe simple mais rarement appliqué dans notre royaume bananier: un ministre ou secrétaire d’état n’est pas personnellement responsable des fautes graves commises mais il l’est sur le plan politique et doit en tirer les conséquences. Si une faute grave a été commise, l’éthique mais aussi le sens commun, exigent qu’il démissionne.

 

Mais peut-être après tout a-t-on jugé dans les cénacles de diplomates et au sein des autocraties de membres de cabinets que nul organe fédéral ne contrôle ou jugule, que la mise à mort, inscrite dans la loi islamique de l’état en question, des femmes qui seraient reconnues coupables en Arabie Saoudite de crimes d’apostasie, de blasphème, d’homosexualité ou d’adultère, ne constitue nullement une pierre d’achoppement moral suffisante pour refuser l’admission d’un tel état - aux mœurs médiévales - au sein d’une Commission de l’ONU.

 

En Belgique, on n’a pas de pétrole, mais on a des idées.

 

En Arabie Saoudite, on a du pétrole – donc de l’influence économique - et la Shar’ia.  Inch Allah!

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