25/01/2017

UTILISEZ VOS NEURONES!

UTILISEZ VOS NEURONES!

BOOSTEZ VOS CAPACITÉS COGNITIVES!

BOUGEZ-VOUS LES MÉNINGES!

 

Une étude scientifique américaine sérieuse, effectuée sur des sujets de plus de 80 ans, confirme ce que mon intuition m’avait depuis longtemps suggéré, à savoir que faire des sudokus et d’autres jeux censés booster les capacité cognitives du cerveau ne sert à rien. Une étude réalisée par Lisa Feldman Barrett de la Northeastern University de Boston indique qu’une partie des personnes de plus de 80 ans examinées présentait – sur scans – des différences notables avec certains autres sujets. Si certains s’étaient particulièrement bien défendus sur les tests cognitifs, d’autres, par contre, présentaient une régression de l’hippocampe nettement plus visible. Lisa Feldmann Barrett indique ainsi «lors de tâches difficiles, se mettent en activité justement ces parties du cerveau qui, chez les personnes très âgées, diminuent le plus en volume.» Et, sous tâches difficiles, elle entendait ‘travailler durement, comme par exemple pour l’apprentissage d’une nouvelle langue ou d’un instrument de musique’ {source pour ce paragraphe: De Standaard du 4 janvier 2017, page 11}.

 

C’est quelque chose que je prétends depuis longtemps, et j’ajouterais que non seulement l’apprentissage d’une langue ou d’un instrument de musique peut développer de nouvelles connexions neuronales chez des personnes qui normalement devraient en perdre, mais que l’exercice d’une activité créatrice (peinture, écriture, improvisation musicale, étude et exécution active de nouveaux morceaux en musique, participer à un chœur ou groupe vocal actif, etc.) permettent non pas d’empêcher l’apparition de la maladie d’Alzheimer, mais d’en retarder les effets néfastes.

 

On a récemment parlé et en termes élogieux de cet homme de 105 qui a roulé plus de vingt kilomètres à bicyclette en une heure. Pourtant, on n’a jamais fait beaucoup de chichis du pianiste classique Rubinstein qui donnait encore des récitals de piano en solo à plus de 90 ans, un exercice où mémoire, agilité des doigts, et sens de l’interprétation, sont de loin plus à louer que de rouler à bicyclette. J’ai vu il y a quelques années Sonny Rollins jouer et improviser à Bozar alors qu’il frôlait les 80 ans. Le compositeur polonais Penderecki qui a plus de 90 ans est encore actif et compose et dirige encore. Combien de chefs d’orchestre dirigent encore de prestigieuses phalanges orchestrales bien au-delà de 80 ans?

 

On remarque aussi que beaucoup de téléspectateurs furent, à une certaine époque, fascinés par Questions pour un Champion, une forme de quiz qui privilégiait la régurgitation mécanique d’informations factuelles au détriment de l’utilisation de l’intelligence et de la culture. La différence est simple. Si on demande quel était le taux de chômage sous Obama à une date x, la réponse sera un chiffre sans commentaire ni éclairage politico-social. Si on mentionne par contre que Trump aurait affirmé lors de meetings électoraux que le chômage aux États-Unis était de l’ordre de 40 %, je puis rétorquer qu’à ce moment-là il était de 4 % parce que je l’ai lu dans un article d’un quotidien belge et j’ai retenu l’information. Les concurrents de Questions pour un Champion auraient retenu d’un côté 40 % et de l’autre 4 % mais il ne leur serait pas demandé de faire le lien entre les deux et de dire pourquoi l’un était un fait avéré et l’autre un grossier mensonge électoral.

 

Dire par exemple, Trump est un imbécile, c’est bien mais c’est de la conversation de café du commerce {ce que j’appelle par analogie avec les langues germaniques le Kaffee Klatsch}, qui manque de fond, de raisonnement, d’utilisation à bon escient des neurones et synapses. Le prouver par une série d’arguments étayés et d’une manière dialectale, c’est ce qui sépare ces adeptes de scrabble, mots croisés, sudokus, Questions pour un Champion, De Slimste Mens, etc. des personnes qui ont le sens critique, la mémoire, et qui peuvent, au travers d’un fatras d’informations homogènes ou hétérogènes, y tisser des fils conducteurs.

 

Quand on lit par exemple Mémoires de Beate et Serge Klarsfeld, on peut réaliser ce qu’intelligence, méthodes dialectiques et historiques, et créativité d’esprit, signifient. Quand j’ai rencontré Serge Klarsfeld à Paris en juillet 2010, dans le cadre de la publication en français par la fondation américaine «Beate Klarsfeld» d’un livre de témoignages sur la Shoah dans les pays baltes et plus particulièrement en Lettonie {dont l’auteur est David Silberman, devenu un ami entretemps}, j’ai demandé au chasseur de nazis Klarsfeld s’il se reposait parfois {il avait déjà 75 ans à l’époque et était toujours aussi actif sur le plan des recherches relatives à la Shoah}. Il a répondu que parfois, il prenait une heure ou deux heures de repos. S’il n’apprend pas de nouvelles langues ou ne pratique aucun nouvel instrument de musique, il a, par contre, le don et la capacité de conserver un intérêt vif et inébranlable pour ce à quoi il a consacré sa vie: la conservation de la mémoire de ce qui est arrivé aux Juifs en France durant la guerre, la reconstitution minutieuse du destin des Juifs de France qui furent victimes du nazisme, la traque des responsables des massacres en France et la poursuite devant des juridictions appropriées tant en France qu’en Allemagne, voire dans des pays sud-américains. Le documentaire montré sur Arte hier soir, les Mémoires, montrent un homme et une femme de goût, de culture, de passions, et à l’engagement pour l’histoire, la mémoire et le respect dû aux victimes de la barbarie nazie dont il y a peu d’exemples au monde

 

Ce sont là des exemples transcendants et lumineux dont – hélas – bien peu de personnes s’inspirent…

20:08 Écrit par ro-bin | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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