19/10/2016

NARCISSISME ET POLITIQUE

NARCISSISME ET POLITIQUE

 

On connaît le mythe de Narcisse. Tombé amoureux de sa propre image reflétée par une fontaine dans laquelle il se mirait, il s’y noya.

 

J’ai déjà dû penser quelques fois à Narcisse depuis l’avènement du gouvernement belge que dirige Charles Michel, rejeton d’une famille dont le père connaît encore la notoriété politique et la mérite.

 

La première fois que j’associai cette image évidente de narcissisme à celle de notre premier ministre ce fut quand, à l’occasion d’une visite d’état rendue au président américain Obama, Michel lui fit la primeur de lui annoncer que sa compagne était enceinte! Originaire d’une petite ville provinciale à la mentalité typiquement petit-bourgeois (comme le sont également par exemple Nivelles, Tournai, etc.), ayant accédé à la fonction de figure de proue de la Belgique, invité à converser avec le président du pays le plus puissant au monde sur le plan économique autant que militaire, le petit Charles a besoin de faire étalage du fait qu’il sera papa, donc, qu’il sait être papa, youpi, une prouesse qu’il partage d’emblée avec des milliards d’hommes oubliés par l’histoire ou vivant encore maintenant. Youpi, tu as vu Papa, j’annonce à l’homme le plus puissant au monde que ton petit Charles va être un futur papa !

 

Récemment, on l’a vu notre Charles Michel accéder à la tribune du parlement belge tel un véritable tribun romain - avec au moins une dizaine de plis dans chaque manche de veston {et un costume que je ne voudrais pas pour faire les courses au Lidl} -, juste quand certains journaux télévisés du soir avaient démarré, sachant qu’on interrogerait les journalistes sur le déroulement du débat et que, par conséquent, on verrait son image à l’arrière-plan. Youpi, tu as vu Papa ?

 

Les manuels de psychologie donnent comme définition du narcissisme : un amour de soi excessif. La définition du Petit Robert va dans le même sens. Un concept un peu semblable à celui d’estime de soi excessive est celui que Carl Rogers (1902-1987) a défini comme étant le besoin d’estime positive surtout pour les relations qu’un être humain doit entretenir avec les autres. L’exemple est cité {cf. «Approaches to Psychology » par William E. Glassman, page 259}:‘Le petit Johnny fait un dessin, sa maman le félicite et l’embrasse’. C’est clair, normal et d’une composante non-névrosée d’accepter que de temps en temps quelqu’un dise du bien de notre propre personne.

 

Toutefois, ma propre observation de mon environnement de travail surtout durant ma période professionnelle passée à l’administration {qui paraît généralement drainer les losers, cas psy, personnalités paranoïaques, anales et narcissistes voire machos}, m’a permis d’ajouter deux éléments qui me paraissent cruciaux quand on veut aborder, comprendre, la personne narcissique.

 

En premier lieu, j’ai constaté très souvent au départ de cas concrets de mon environnement professionnel direct, que beaucoup de personnalités narcissiques ont un besoin maladif et constant de reconnaissance et d’amour. Partant certainement d’un développement psychologique durant l’enfance insuffisamment complété {j’en ai connu restés à l’état de développement anal, d’autre au phallique}, ces personnes sont légèrement insécures et doivent en permanence voir miroités dans le regard, les paroles, des interlocuteurs, des autres, marques de respect voire d’admiration ou louanges, des éléments psychologiques qu’on peut presque qualifier de facteurs de renforcement de l’ego ou estime de soi {théorie personnelle}.

 

En deuxième lieu – et ici je parlerai de politiciens, d’hommes d’état, de dictateurs, de chefs d’état criminels -, certaines personnalités narcissiques ont un tel ego surdimensionné qu’elles s’identifient à la nation qu’elles dirigent et que, seules elles sont capables de sauver le cas échéant. Pas besoin de dessin, pour les chefs d’état criminels, il y eut Hitler, Staline, Mao, Franco et ceux de Corée du nord. Pour ceux dont l’identification à l’état ne fut ni névrosée ni dithyrambique, on peut citer Lincoln, Roosevelt, Churchill, De Gaulle et, en Belgique peut-être le Roi Albert Ier pour son rôle impeccable durant la Première guerre mondiale.

 

Dans notre petit lopin de royaume belge, on peut citer quelques personnalités de toute évidence narcissiques, outre le premier ministre : De Wever et son sous-fifre Bourgeois, Peeters qu’on voit souvent à la télévision nous radoter des lapalissades, Reynders qui adore se mirer dans le miroir que constituent les caméras et micros, et de l’autre côté Onkelinx qui adore s’entendre imiter – sans talent – la Passionaria, etc. Et, actuellement, les exemples les plus frappants sont Trump aux USA, Sarkozy en France mais aussi Hollande dont le narcissisme basique transparaît après la publication de ses pensées {qui n’égaleront jamais celles de Pascal voire de De Gaulle}.

 

Quand on examine le parcours récent de Charles Michel, une évidence s’impose d’emblée. On le sent obsédé par le désir de surpasser son père en notoriété politique. Le fait qu’il ait foncé tête la première dans cette occasion rêvée que le larron De Wever lui offrit d’une coalition contre-nature et contraire aux usages belges, le prouve. Néanmoins, depuis qu’il est premier ministre, on sent encore toujours cette fragilité qui l’oblige à dire sans cesse que grâce à lui {on sait depuis belle lurette qu’il s’incarne dans le destin de la Belgique}, le pays va bien, sera préservé du chaos économique et luttera avec efficacité contre le terrorisme, que grâce à lui le pays va mettre en œuvre les nécessaires réformes structurelles qui le rendront plus attractif et compétitif sur le plan économique global, et sécure en ce qui concerne la dette publique, le vieillissement de la population et l’inversion de la pyramide des âges.

 

La deuxième fois que son ego m’a fait sérieusement tiquer après le scoop rapporté à Obama, ce fut quand De Standaard des 12-13 décembre 2015 rapportait ses paroles : "Jamais, jamais, vraiment jamais, un Premier Ministre en Belgique n’a été confronté avec une telle information." Il s’agissait en l’occurrence d’une information reçue le samedi 21 novembre 2015 portant sur l’imminence d’une attaque terroriste contre notre pays.

 

Le pauvre ! Il avait déjà oublié ou séché ces matières douloureuses de l’histoire de la Belgique que furent les deux invasions de la Belgique par les boches, la tragédie du Bois du Cazier, la rébellion de troupes congolaises en 1960 et les exactions contre des civils qui s’ensuivirent, l’incendie de l’Innovation, les attentats et meurtres par les CCC et les Tueurs du Brabant, l’assassinat de 10 paras au Rwanda et le génocide, etc. Comme cette autre fois, en pleine période estivale cette année-ci lors de l’agression de policiers à Charleroi, immédiatement notre Charles Michel en vacances en France fait savoir urbi et orbi que la situation est sous contrôle. Il n’en sait fichtre rien, mais il faut que le Timonier rassure surtout l’électorat de droite flamingant susceptible de lui permettre de briguer un second mandat en 2019, car qui sait le ponte d’Anvers pourrait peut-être trouver chose à redire et lui ternir le blason ?

 

On pourrait rire de ce clown pathétique en besoin constant d’amour et de reconnaissance et de reboosting d’ego s’il n’était pas occupé à détricoter et détruire le tissu social qui unit travailleurs et employeurs par le biais de ce mécanisme légal qu’on appelle la « concertation sociale », s’il n’était pas occupé à pratiquer une politique thatchérienne de restrictions et d’austérité budgétaire – que dicte l’éminence noire d’Anvers – dont une proportion excessive du fardeau financier ne retombe que sur les couches sociales détestées par la N-VA et l’Open VLD : les pensionnés, malades et invalides, chômeurs. Sans parler des personnes de non-droit que sont bénéficiaires de l’aide sociale et migrants qui, par ailleurs, ternissent cette image de respectabilité petit-bourgeois qu’aiment entretenir les seigneurs d’Anvers et de Wavre et qui ne ressortissent pas au peuple qui se lève tôt et qui travaille, ces termes à connotation digne du pétainisme à la Vichy et qui, à l’instar de Sarkozy jadis, semblent être devenus le leitmotiv, slogan et programme politique du gouvernement que dirige ( ?!) Charles Michel.

 

Grâce à Charles Michel et cette incarnation de la Belgique qu’il a revêtue dès le premier jour comme d’un costume qui lui serait taillé non seulement à la mesure des ses ambitions personnelles mais à l’aune de la pérennité que représente l’histoire du pays, pour ceux qui ne s’intéressent pas à la psychologie et qui désireraient savoir ce qu’est le narcissisme: voilà oyez et zieutez Charles le petit Michel dans ses divers avatars {mais toujours le même costume bleu hyperchiffonné} et shows télévisés.

 

Moi, je n’en ris plus. Ce cirque et ces egos me dégoûtent. Si j’avais le pouvoir d’abandonner ma nationalité, je le ferais volontiers car je ne veux d’aucune façon être assimilé à des gens comme Charles Michel, Peeters, Bourgeois, De Wever, De Block, Reynders…

 

…mais apatride, je ne bénéficierais plus de ma pension…qui me permet de vivre mais aussi d’écrire et de dire ce que je pense…

 

17:26 Écrit par ro-bin | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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