16/07/2016

LA TROISIÈME GUERRE MONDIALE

LA TROISIÈME GUERRE MONDIALE

 

Il n’y a pas à se casser la tête. Après cet énième attentat qui, maintenant, a touché Nice et à nouveau la France de plein fouet, écœurant car il a touché ce qui fait le plus mal, des enfants en bas âge et des familles complètes qui s’étaient réunies pour faire la fête, il ne faut plus hésiter à le proclamer haut et fort. Nous, dans les pays à forte minorité musulmane, dans nos pays qui ont entrepris de combattre l’islamisme radical et ces hydres que représentent Daech et Al Qaïda, nous sommes entrés en guerre : la Troisième guerre mondiale.

 

Une guerre sans front, sans ennemi visible, mais on sait maintenant que l’ennemi peut frapper n’importe quand, n’importe où et de n’importe quelle façon : pousser des gens en dessous des rames de métro ou de tram/bus arrivant à l’arrêt, s’attaquer en pleine rue, dans une file au magasin, à des civils au couteau, marteau, à la hache, jeter une grenade d’un balcon surplombant une foule ou dans une queue devant une caisse de cinéma, de théâtre ou d’un événement musical ou sportif, tirer à la Kalach d’une voiture ou d’un trottoir, foncer avec sa voiture ou camionnette privée dans la foule, sur un trottoir ou cibler des passants au hasard, laisser traîner une bombe dans un sac, une voiture et la laisser exploser à heure fixée ou au passage de personnes/véhicules intéressants, entrer chez des particuliers et les égorger, tirer avec des armes sol/air sur des avions volant à basse altitude, drones porteurs d’engins explosifs, etc.

 

Je constate que pour tous les attentats perpétrés dans l’Europe de l’Ouest, les gouvernements sont toujours une guerre en retard. On a pensé aux portiques pour les Thalys sans penser qu’il pouvait y avoir d’autres formes de terrorisme. On pense maintenant protéger les abords des fêtes du 21 juillet en prenant garde aux camions qui pourraient rééditer le coup de Nice. On ne pense pas encore au risque de voitures piégées laissées à l’abandon ou conduites avec conducteur sur une foule.

 

Malheureusement, nous avons actuellement des politiciens médiocres, des services de sécurité faibles et inefficaces en staff opérationnel, des policiers et militaires ordinaires peu entraînés à la lutte urbaine imprévue et sans schéma fixe, et peu outillés pour lutter contre une forme de guerre qui est déjà connue en Israël depuis la fondation de l’état en 1948.

 

Ce qui manque en France et en Belgique, c’est une attention et une vigilance sécuritaires parmi le grand public. Apprendre à la population d’être alerte en toutes circonstances. Dire à la population qu’il faut savoir - comme en Israël -, que peut ou peuvent surgir à n’importe quel moment et sous n’importe quelle forme, n’importe où, un ou des terroristes n’ayant qu’un seul but : tuer le plus vite et le plus de personnes possibles avant d’être abattu(s).

 

Les gouvernements, tant français que belge, devraient avant tout non pas rassurer la population mais donner à leurs populations des directives claires : méfiez-vous, ne soyez pas idiots, ouvrez les yeux, n’importe où; il n’y a pas de lieu ou de moment exempts d’attentat(s) possible(s). Cela peut être chez vous en pleine nuit ou le jour, au magasin, pendant que vous vous promenez dans une librairie, au café, au restaurant, dans la rue, à un feu rouge, sur la plage, à l’école, dans une cour de recréation, à l’entrée d’une université, au cinéma, au stade de football, en salle de volley, basketball ou de fitness, à l’église, dans un musée, dans une crèche.

 

Essayez et sans devenir paranoïaque de conserver un niveau de vigilance quelle que soit votre activité du moment, une espèce de second cerveau-enregistreur qui tout en vaquant à une occupation habituelle ou non ne perdrait jamais l’environnement immédiat et les personnes qui s’y trouvent de vue. Et, peut-être apprendre aux personnes comment réagir. J’ai entendu hier soir des personnes qui disent s’être mises à courir parce que tout le monde courait. C’est un sentiment de panique compréhensible, mais en cas de danger, il importe avant tout d’identifier la provenance et la forme du danger, puis de réagir en pensant aux siens avant tout, ne jamais les perdre de vue, penser à sauver en premier lieu les enfants ou d’autres personnes proches handicapées ou désemparées. Ce qui requiert évidemment une prépondérance du cerveau moderne sur le cerveau préhistorique qui, lui, réagit, d’instinct par la fuite à défaut de combattre. Autre tuyau: ne jamais se placer au bord d’un quai dans l’attente d’un train ou métro; s’asseoir avec une vue sur la rue à une terrasse de café ou de restaurant, ne jamais perdre de vue l’environnement immédiat, même en pleine conversation animée, être à l’affut de tout son incongru (moteur à pleine puissance dans un endroit calme par exemple).

 

Les Israéliens sont les champions sur le plan de l’attention sécuritaire et des mesures prises pour éviter les attentats. Pourtant, ils subissent encore fréquemment des tentatives, réussies ou non. Mais une chose est certaine, les forces de police et de l’armée là-bas, tout comme des civils armés, réagissent d’instinct, légalement ou non. Quand on pense que ce n’est que tout récemment que les policiers français ont reçu l’instruction de tirer si et quand d’autres victimes d’actes terroristes sont possibles, c’est aberrant. Et, la question que je me pose, quand je vois que deux policiers ont tiré latéralement en direction de la vitre gauche du camion à Nice, à courte distance, sans parvenir à le stopper net : ont-ils des munitions suffisamment fortes et perforantes pour lutter contre ce genre d’attentat terroriste et d’événement requérant une réaction de tir rapide, appropriée et sûre? Sont-ils entraînés à tirer sur des cibles mouvantes ? Et en Belgique, qu’en est-il ? Pour les policiers et militaires, sont-ils prêts à stopper tout terroriste ?

 

Si on ne peut – sauf pour des motifs électoralistes – imputer la faute des attentats aux gouvernements français et belge, sauf par le biais de services de sécurité insuffisants (par exemple aucune menace terroriste directe en Belgique le 22 mars au matin ; aucun des terroristes de Belgique impliqués à Paris en point de mire, etc…), la question qui se pose pour l’avenir : nos gouvernements informent-ils suffisamment les populations des risques réels et des formes possibles d’attentats futurs et quant aux moyens non pas de se prévenir mais de conserver une vigilance et attention sécuritaire à un niveau élevé ?

 

Nous sommes en guerre mais également une guerre en retard, car il manque chez nous des cerveaux capables de se projeter dans un avenir qui ne soit ni électoraliste ni celui d’un cerveau plus entraîné aux meetings politiques qu’aux défis et dangers réels du IIIème millénaire. Les terroristes, eux, sont toujours une guerre en avance.

20:35 Écrit par ro-bin | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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