29/12/2015

Vœux de Nouvel an moroses

 

Vœux de Nouvel An moroses

Ce qu’on retiendra de 2015, ce seront des photos souvent effroyables, des extraits de films souvent effroyables, ou des fragments choisis de films tournés en cachette sur un téléphone mobile, souvent effroyables eux aussi.

 

Car, même si certains disent – et ils sans doute raison - qu’il y a dans le monde et d’un point de vue global un net recul de la famine, du taux de mortalité de certaines maladies infantiles dans des pays en voie de développement situés en majeure partie en Afrique, même si on gagne petit à petit le combat contre la malaria – grâce à cette campagne massive Roll Back Malaria -, et même si ces formidables acquis médicaux et simplement humains redonnent une note positive à l’année écoulée, ce que le grand public, ceux qui ont une vision unidirectionnelle du monde, retiendront, ce seront toutes ces affreuses visions dont les médias et la télévision en ordre principal nous rassasièrent durant ces quelque 365 jours. Car le biblique ‘Seigneur, apportez-nous notre pain quotidien’ a été remplacé par ‘RTL-TVI/RTBF, apportez nous notre lot quotidien d’images d’un monde sanguinaire, meurtrier.’

 

Est-ce le monde qui est meurtrier ?

 

Non, il y a trois types d’événements sanglants qui captent notre attention via les images coups de poing qu’on nous assène quotidiennement.

 

Un, les catastrophes ou maladies dites naturelles : Les victimes africaines d’Ebola, ces enfants et adultes mourant encore de la malaria ou de tuberculose, ces victimes de tornades, d’effondrements de terrain, de tremblements de terre, ces noyés à cause d’inondations catastrophiques, ce sont là des victimes d’éléments naturels. Le problème en 2015, c’est qu’on a eu l’impression que ces éléments naturels étaient en révolte permanente et demandaient de plus en plus d’innocentes victimes, tant les images de ces catastrophes dites naturelles s’imposèrent de plus en plus fréquemment. Comme si dans ce combat entre les forces du Bien et celles du Mal, celles sous la domination de Satan seraient sur le point de l’emporter.

 

Deux, les catastrophes causées par l’homme en tant qu'entrepreneur : Néanmoins, de plus en plus souvent aussi, certaines de ces catastrophes naturelles qui frappent l’imagination sont le fait d’entrepreneurs peu scrupuleux quant aux règles élémentaires de sécurité comme on l’a vu cette année en Chine ou qu’on le voit encore parfois dans des pays (Indes, Pakistan, Bangladesh, Turquie, etc.) où sont érigés des bâtiments en dehors de toutes normes d’urbanisme ou de sécurité voire d’hygiène, ou comme on le voit dans certaines cités italiennes où les bandes criminelles dominent encore le marché des déchets nocifs au grand dam de la santé publique des habitants de certaines zones, ou comme on l’a vu dans ces régions côtières en France où on a bâti et bâti en dépit des risques de zones inondables, etc. Partout on défriche, on abat arbres, buissons, taillis, futaies et on bétonne à la place, laissant le champ libre à toute grosse pluie qui fait gonfler ruisseaux, cours d’eau, fleuves. En Chine, à Pékin, même respirer de l’air sain devient un luxe.

 

Trois, l’homme en tant que prédateur : Hormis les éléments naturels qui se déchaînent ou qu’une gestion humaine parfois criminelle aide à ce qu’ils puissent se déchaîner, il y eut ces images qui nous prouvent une fois de plus que l’homme est un loup pour l’homme et que l’enfer c’est les autres.

 

Que dire de cette image du 7 janvier où on voit presque en direct un policier de souche musulmane se faire tuer par un Musulman égaré sur le plan des principes religieux, ou ce que l’imagination nous renvoie, hommes et femmes terrorisés dans un bureau de rédaction à qui on demande dans l’ordre de décliner leur nom pour les abattre ? De celles de clients juifs fuyant un hypermarché sous contrôle d’un autre radical égaré ? De celles de mélomanes fuyant le Bataclan encore sous contrôle d’égarés de l’Islam ? De celle de ce petit bout de chique d’Aylan gisant sagement mais mort à l’orée des vagues battant la terre turque ? Victime innocente ou enfant poussé au désespoir à cause d’un dictateur que soutiennent encore de grandes puissances. Que dire de ces innombrables Noirs aux USA dont le seul crime souvent était celui du délit de sale gueule là où encore toujours des policiers blancs appliquent la sacro-sainte loi du shoot first, ask questions later {tirez d’abord, posez des questions plus tard}. Que dire de ces femmes kurdes qu’on nous montre vivantes, joyeuses, et qu’ensuite on nous dit quel fut le jour de leur mort et dans quelles circonstances elles durent mourir lors de leur lutte armée contre l’EI ? Que dire de ces vues désespérantes de villes entières devenues fantômes en Syrie, en Irak et que dire du courage de ces populations qui continuent à y vivre, à essayer de survivre même quand les conditions y sont tout bonnement invivables ? Que dire de ces images de victimes israéliennes d’attaques au poignard, à la voiture et des victimes palestiniennes tuées par les forces de l’ordre israéliennes parce que ces enfants jetaient des pierres ? Que dire de ces jeunes femmes rescapées de l’État islamique qui racontent ce que ces barbares ont fait d’elles : un sort comparable à ce que firent les Japonais et les Allemands durant la Seconde guerre mondiale quand ils obligèrent des femmes dans les zones occupées à garnir leurs bordels de campagne. Que dire devant ces millions de pièces d’avion et de corps humains écrasés dans le fond d’une vallée des Alpes, victimes de la dépression et des tendances suicidaires d’un pilote d’avion dont la direction aurait dû savoir un certain nombre de choses le rendant inapte à piloter ? Des restes de cet autre avion, russe cette fois, dans le Sinaï certainement abattu par une bombe à bord ? Que dire devant ces images des restes humaines et matériels d’une double explosion de kamikazes en Turquie alors que des jeunes gens émancipés s’étaient rassemblés dans la joie, victime de dévoyés de l’Islam ? Que dire devant ces images de ces vélos démantibulés sur une route alors que l’enfant qui y roulait est dans une morgue, une fois de plus une victime d’un chauffard souvent ivre ? Que dire devant ces barbelés, ces barrières, ces murs qu’on a construits un peut partout, pour protéger Israël des Palestiniens, la Hongrie, Ceuta, des migrants, etc. ? Ces images en direct de situations en cours {breaking news !}, aux USA, de massacres habituels, soit dans des écoles évidemment, soit comme dernièrement causés par Musulmans radicalisés, mais tranquillisons-nous, ce ne sont pas les armes qui tuent, mais des hommes !

 

À voir ces photos et ces extraits de films, presque journaliers de personnes qui pleurent, qui sont dans une forme extrême de douleur, ces corps, ces manifestations en faveur de victimes d’actes de barbarie ou d’événements naturels, que peut-on penser ?

 

En premier lieu, il y a une morbidité chez nombre d’entre nous {je n’y échappe pas, malheureusement} qui oblige les chaînes de télévision à ne nous offrir en priorité que ce qui frappe et, hélas, ce qui frappe le plus l’imagination de personnes peu friandes de culture ou de délassements bons pour les neurones, ce sont du blood, sweat and tears (du sang, de la transpiration et des larmes). Des corps gisant, ou sous des couvertures des corps vivants ou morts qu’on embarque dans des ambulances. Des survivants, des ayants droit, qui témoignent en pleurant, en insultant les auteurs. Ça, ça nous parle droit au cœur. Sans passer par le tamis du cerveau, sans analyse. Sans métabolisme mental. Des yeux aux tripes.

 

Je suis content de ne pas avoir d’enfant car si j’en avais eu un, s’il avait échappé aux maladies létales de l’enfance (leucémie, etc.), il aurait une chance sur trois d’attraper le cancer. Et, s’il y réchappe, il y a les particules fines et la pollution qui raccourciraient son existence. Et, s’il y réchappe, il y a les pilotes dépressifs, les radicaux de l’Islam, les fous de la route, qui se dresseront peut-être sur son chemin pour le faire disparaître de l’histoire humaine. Et, s’il y réchappe, il y a encore le cholestérol élevé, le diabète, qui risquent de s’intéresser à lui. Et s’il échappe à tout cela, il risque par un moment d’inattention de tomber dans l’escalier, de se déporter sur la gauche en voiture devant un camion roulant à belle allure et arrivant droit sur lui, et s’il y réchappe il y le docteur Alzheimer qui pourrait s’intéresser à lui…

 

BONNE ANNÉE 2016 À TOUS CEUX QUI ME LISENT RÉGULIÈREMENT OU À L’OCCASION !

 

 

18:04 Écrit par ro-bin | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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