13/04/2015

Bêtises médicales et paramédicales

Un décès inattendu est toujours dramatique, il rend triste et désarçonne car il bouscule le train-train quotidien même si, au fond, vu l’âge de la personne, on pouvait s’y attendre.  Mais, je n’aurais jamais cru qu’un décès aurait pu nous faire sourire au moment où le médecin traitant arriva pour constater le décès et remplir le certificat idoine.

 

Nous n’avions plus eu de nouvelles de mon beau-père depuis le mardi.  Il habitait à Bruxelles, nous au Brabant wallon et, d’ordinaire, nous ne lui parlions pas au téléphone tous les jours, il arrivait parfois que nous restions une dizaine de jours sans lui parler.  Le jeudi, notre inquiétude grandit car il ne répondait pas au téléphone. Mon épouse passa chez lui le vendredi matin et le découvrit mort au salon, face contre terre, étendu de tout son long.  J’arrivai à Bruxelles un peu plus tard et nous nous mîmes à attendre l’arrivée de son médecin traitant.  Comme je suis un rien sensible, je m’étais assis, dans la cuisine, j’avais vue sur son corps, tandis que mon épouse (infirmière de profession) était restée assise à la table du salon, à proximité du corps.

 

Arriva le médecin traitant.  Qui, après avoir dit bonjour, sortit son stéthoscope, s’approcha du corps.

 

Bizarre! Me dis-je car nous étions le vendredi vers une heure trente de l’après-midi et selon nous il devait être décédé dans la nuit du mardi au mercredi.  Pourquoi?  Simple!  Moustique n’était pas sur la table, or, immanquablement, tous les mercredis, religieusement, il achetait Moustique!

 

Hardi le Médecin traitant mais non téméraire car il s’approcha du corps étendu à terre, le stéthoscope à la main, mais n’y appliqua ni la partie émettrice de son ni ne le toucha de la main.  Il aurait peut-être pu toucher le corps malgré tout (ce qu’avait fait mon épouse par ailleurs), question de constater le manque ou degré de rigidité cadavérique.

 

Ensuite, il se tourna vers mon épouse et lui demanda: ‘quand pensez-vous qu’il est décédé?’. Posément, elle lui expliqua notre théorie, disant que d’après ses sous-vêtements, il s’apprêtait donc à aller dormir (télé éteinte, chauffage éteint, une lumière au palier de la chambre à coucher restée allumée, etc.), dans la nuit du mardi au mercredi, l’absence de ‘Moustique’ sur la table étant, à notre avis, déterminante quant à la date de son décès probable.

 

Le médecin traitant compléta donc le certificat de décès en y indiquant la date du 13 octobre (le mercredi) alors que nous étions bien le 15 octobre (vendredi).

 

Combien d’années de médecine sont-elles nécessaires pour compléter un certificat de décès (qui constitue en fait un ‘acte authentique’, c’est-à-dire que nul ne peut légalement mettre en doute hormis de passer par une procédure judiciaire)?

 

Il y a quelques années, ma mère subit une fracture du col du fémur gauche (à l’âge de 90 ans) et fut opérée avec succès.  Le lendemain, lors de ma visite dans sa chambre d’hôpital, je constatai qu’elle était assise dans un fauteuil, ce qui est normal (pour éviter les embolies).  Ensuite survint un infirmier (on était le week-end, rappelons-le, période creuse en général dans les hôpitaux), il dit à ma mère qu’on allait la transférer vers son lit. Il s’apprêtait à l’empoigner par la jambe gauche pour la soutenir, la jambe opérée!  Heureusement, arriva sur ces entrefaites une infirmière plus intelligente et le transfert de fauteuil au lit se fit sans séquelles.

 

Il y a quelques années aussi, j’attrapai des douleurs dans l’épaule gauche du type de douleurs de tendinite aiguë.  Je me rendis chez un chirurgien orthopédique qui 7-8 ans auparavant m’avait traité en premier lieu par infiltrations de cortisone.  Il refusa de m’en faire une cette fois-ci quand je lui eus dit (après interrogatoire) que je souffrais d’hypertension oculaire.  Il fallait au préalable l’avis motivé de mon ophtalmologue.

 

Le problème c’est qu’il fit deux erreurs.  Un, il m’avait déjà fait des infiltrations de cortisone dans le passé sans se préoccuper de mes yeux, et, deux, s’il avait regardé mon propre dossier médical papier ou sur écran, il aurait vu que j’avais souffert d’une épaule gelée la fois précédente.  Affection qui est susceptible de se transmettre à l’autre épaule, ce qui fut bien le cas ici.  Dans ce même centre médical, on m’avait pratiqué une arthrographie la fois précédente (radio après piqûre dans l’articulation à examiner).  La piqûre me fit tellement mal (ajoutée à la chaleur d’une salle non aérée en plein été), que je faillis tomber dans les pommes et dus m’étendre sur le sol pour récupérer, sur le carrelage froid.  Aucun membre du personnel ne s’occupa de moi, ne me mit de coussin sous la tête ou releva mes jambes ou me demanda comment cela allait.  On attendit que ce fut passé pour prendre la radio, comme si de rien n’était!

 

À l’âge de 77 ans, mon père commença à éprouver des difficultés respiratoires. Il se rendit chez son médecin traitant.  Diagnostic : asthme!  Un mois plus tard, il était transporté en urgences à l’hôpital le plus proche.  Diagnostic: problèmes cardiaques au premier stade de gravité (avant l’infarctus du myocarde). Ce qui paraissait évident, comme si on commençait des crises d’asthme à 77 ans sans jamais en avoir eu! Une autre fois, mon père se rendit chez ce même médecin traitant accompagné de mon épouse, il souffrait de douleurs dans l’aine et la cuisse (nerf crural).  Le médecin lui montra une planche anatomique du corps humain et finalement, d’après les réponses de mon père, il identifia une inflammation du nerf crural, sans auscultation et sans avoir manipulé la cuisse, la jambe et le pied. Mon épouse dut le prier de prendre sa tension car il ne l'avait pas fait et souffrait d'hypertension! Un jour, je l’appelai en urgence, le même médecin qui était de garde, pour ma mère qui avait une diarrhée, ce que j’expliquai par téléphone. Il arriva et sans ausculter ma mère, il lui remit un texte printé de l’ordinateur, un traitement pour gastro-entérite et les conseils diététiques! 

 

Je connais deux autres médecins de l’hôpital du coin, une gastro-entérologue et un chirurgien orthopédique, qui, eux non plus n’auscultent pas toujours les patients.  L’un d’eux me fit l’infiltration de cortisone que son confrère avait refusée, mais il se trompa de diagnostic puisque je souffrais bien d’une ‘épaule gelée’ ce qui fut établi après une visite chez lui en privé où , il m’ausculta convenablement.  En privé et pas à l’hôpital où il reçoit des dizaines de patients sur une après-midi!

 

Le lendemain d’une opération de la vésicule biliaire que je subis, une infirmière vint chez moi et me dit qu’on allait ôter le bandage qui recouvrait le haut de mon ventre et une partie de la poitrine.  Elle l’arracha d’un seul coup (emportant une myriade de poils de poitrine par la même occasion) et je hurlai, jamais ne n’avais ressenti une douleur aussi forte.  Le lendemain quand une autre infirmière voulut me faire la même chose, je me recroquevillai dans mon lit d’hôpital, mais elle me dit de ne pas avoir peur.  Elle enduisit le pansement d’éther et le tout se fit sans problème.

 

La première fois que j’eus une ‘épaule gelée’, mon propre médecin traitant me dit que de la kiné pouvait parfois aider.  J’allai donc chez un kiné pour une dizaine de séances.  Non seulement, il ne m’aida nullement, mais chaque séance chez lui était une séance de torture.  Je me suis juré que par la suite je ne referais jamais de la kiné sauf absolue nécessité.

 

J’ai connu un urologue qui me faisait un ‘toucher rectal’ (palpation de la prostate par l’anus)alors que moi j’étais en position debout, les jambes légèrement écartées.  Plus dégradant que cela tu meurs!  Il n’hésita pas par la suite de me faire faire des biopsies de la prostate, à vif (sans anesthésie), six points (prélèvements de tissu), puis douze la seconde fois.  C’était un médecin d’un hôpital catholique de la région bruxelloise.  Ce ne fut que par la suite – quand je changeai d’urologue et d’établissement – que je me rendis compte, par comparaison, de l’extrême manque d’humanité dont il avait fait preuve à mon égard.

 

Quant à ma belle-mère, après son opération d’un cancer de l’intestin, nous eûmes l’occasion mon épouse et moi de parler au chirurgien, dans un corridor d’hôpital, qui nous dit à brûle-pourpoint qu’elle avait un cancer qui s’étendait déjà avec des métastases au foie et qu’il n’y avait plus rien à faire, elle en avait encore pour deux ou trois mois au maximum.  Dans un corridor, comme cela, brutalement, sans égard pour les sentiments des proches de la patiente!

 

 

D’un autre côté, mes parents, mon épouse, ses parents, elle et moi, avons eu la chance de découvrir des médecins formidables, attentifs, à l’écoute, au diagnostic sûr, refusant les examens inutiles, qu’ils aient été chirurgiens (j’en suis à six opérations, mon épouse à cinq, et ma mère certainement 6, dont une par un neurochirurgien pour l’extraction délicate d’une tumeur bénigne dans la moelle épinière sans séquelles postopératoires), médecins traitant, spécialistes, ou médecin généraliste, et pour moi, de plus en plus ces dernières années, urologue.

 

Je viens d’être opéré d’un adénome de la prostate (résection d’un adénome de la prostate) et n’ai que louanges à dire à l’égard du chirurgien, du personnel infirmier et pour la qualité des soins donnés, de l’information donnée.

 

Quand on dit médecins, infirmières, kinésithérapeutes, on ne distingue pas entre les premiers de classe, les élèves brillants, et les cancres, car tous ont le même diplôme sans mention des points obtenus, du moins accessible aux patients…

12:30 Écrit par ro-bin dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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