16/10/2014

Le nain de jardin qui rêvait de devenir 1er Ministre

Il était une fois un  nain de jardin qui rêvait d’égaler ou de dépasser son père, ancien ministre, ayant aussi occupé une fonction européenne très prestigieuse.

 

Ce gosse, né bien avant les principaux événements qui secouèrent notre monde, qui n’avait même pas connu la guerre du Kippour de 1973 et la crise pétrolière subséquente, rêvait de Grandeur, rêvait de faire son entrée dans l’Histoire (H majuscule!).

 

Il y avait eu Gandhi qui se promenait à moitié nu et qui, à lui seul, avait réussi à mettre le Royaume-Uni à genou, en Indes!  John Kennedy, lors de son inauguration le 21 janvier 1961 avait dit ‘Ne demandez pas ce que le pays peut faire pour vous, demandez ce que vous pouvez faire pour le pays.’  Martin Luther King, un autre grand, lui, avait eu un rêve l’été 1963, un magnifique rêve qui l’avait porté au sommet du succès et de la gloire avant son malencontreux assassinat.

 

Il pensait donc notre petit personnage gonflé d’une énorme ambition qu’il lui fallait absolument marquer son territoire, entrer dans l’Histoire de son pays et non pas finir – comme tant de losers – à la passoire de l’oubli.  S’il avait été un lion ou un mâle alpha, il eût peut-être marqué son territoire en laissant par-ci par-là des échantillons d’urine comme cela se pratique encore de nos jours dans les territoires sauvages.

 

Mais il n’était ni lion, ni chacal ni lynx, ni hyène.  Il était politicien! (c’est-à-dire mélange de requin et chacal).  Et un politicien marque son territoire en écrivant des œuvres que personne ne lit, en prononçant des discours que personne n’écoute ou en cherchant à récolter des suffrages que personne n’est prêt à leur donner.  OU, EN ENTRANT DANS L’HISTOIRE PAR LA GRANDE PORTE!

 

Mais, il y avait pire.

 

SON PAYS ÉTAIT EN PLEIN CHAOS!

 

Gouverné par une succession de gouvernements marxistes-léninistes purs et durs, le bateau de ce pays pour lequel il aurait volontiers sacrifié sa vie était en cap de plein bâbord (gauche) depuis des années-lumière, à tel enseigne que le vaisseau se rapprochait dangereusement de la Corée du Nord du point de vue idéologique!

 

Son beau, grand, brave et superbe pays – pour lequel il se serait immolé par les urnes électorales ! – était pis que l’URSS du temps de Staline!

 

Imaginez-vous, dans ce pays honteux, la honte de l’Humanité, un enfant qui aurait par miracle échappé à l’avortement, risquait encore de subir une euthanasie si ses parents ou ses gardiens légaux jugeaient que sa qualité de vie n’était pas digne de lui permettre de continuer à barbouiller dans la mélasse de notre existence humaine.  Mais, s’il échappait à ces deux dangers, il restait encore la possibilité que l’épouse (ou l’époux en sens contraire) ou un médecin quelconque – à défaut de le faire institutionnaliser – pratiquât cette forme d’eugénisme moderne et laxiste appelée par euphémisme ‘euthanasie’.

 

Par contre, s’il était chômeur, il risquait de moisir dans cette situation car les gouvernements marxistes-léninistes successifs avaient décidé qu’un chômeur était un chômeur et restait un chômeur, c’était là son occupation, sa vocation, à ‘chacun selon ses besoins, chacun selon ses moyens’ (comme l’avait si bien dit feu-Staline!).

 

Du point de vue économique, ici, c’était donc pis que Marx, Engels, Lénine, Staline, Mao, réunis.  On taxait tant les entrepreneurs et les entreprises privées que la plupart des capitaux et des entreprises du pays délocalisaient et pour celles qui restaient au Royaume, elles devaient subir des hausses de taxes sur les bénéfices faramineuses  puisque l’assiette fiscale diminuait à chaque départ de grosse entreprise.

 

Il y avait pourtant un espoir!  Lui, le Sourire Téflon qu’un grand destin attendait (‘sourire téflon’ était déjà le surnom qu’on lui donna à l’école car, déjà là, il souriait niaisement pratiquement tout le temps, comme s’il était dans l’attente perpétuelle d’un bonbon ou d’un cadeau), était né au sud du pays.  Comme tant de ses compatriotes ‘sudistes’, il n’était donc ni futé ni courageux ni très doué sur le plan des neurones et synapses.  Capable de montrer ses dents, évidemment, et de sortir des chiffres mirobolants à l‘emporte-pièce, mais dès que quelqu’un se mettait à décortiquer le contenu, à gratter un tant soit peu, on s’apercevait rapidement qu’il n’était pas doué en arithmétique élémentaire.  TOUTEFOIS, au Nord du Royaume, il y avait des descendants des Teutons, des gens qui trimaient dur, qui n’avaient aucune forme d’humour (comme lui, par ailleurs), qui investissaient dans les briques, les voitures et les biens de consommation.  Des gens, qui, à l’instar de l’Allemagne, faisaient en sorte que ce pays marxiste-léniniste, ne croulât pas tout à fait.  Car ce pays fonctionnait à deux vitesses, le sud plein bâbord, le nord plein tribord.

 

Et, le fiston, une fois arrivé au-delà d’une puberté politique, se mit à réfléchir.  Seul dans sa barbichette qu’il portait comme un carabin qui n’aurait – mentalement – jamais quitté cette époque de BD et mangas.

 

Et, il se dit : ‘JE SUIS APPELÉ À DEVENIR TRÈS GRAND, À FAIRE MON ENTRÉE DANS LES LIVRES D’HISTOIRE.  IL EST AMPLEMENT TEMPS, JE DOIS SAUVER MON PAYS DU CHAOS AVANT QU’IL N’ABORDE LES CÔTES DE LA CORÉE DU NORD!’

 

Et, merveilleux coup de bol!  Lui dont le parti n’était pas sorti le plus grand aux dernières élections nationales, fut courtisé par les Teutons du nord du pays.  Des gens qui, économiquement parlant, se situaient plutôt au niveau de la Corée du Sud, axés sur le commerce, le libre échange, la répartition des richesses parmi les plus nantis, le pressage de citron des parasites, fainéants, chômeurs et autres poids morts sur le plan économique.  L’expulsion des indésirables illégaux, etc. La critique des sudistes laxistes et fainéants, marxistes et des losers.

 

Ils se rencontrèrent donc, les Teutons et ce descendant de la latinité bienpensante et discutèrent.  Eh ben, ces mecs, Teutons certes sans humour (cela il ne s’en aperçut hélas pas car il ne savait pas ce qu’était l’humour), lui firent des propositions qu’il ne put refuser (‘an offer you can’t refuse’, comme on dit dans les milieux mafieux), ils lui offrirent de diriger un gouvernement dont le cap serait résolument à tribord (droite), dont les objectifs seraient semblables à ceux de la Corée du Sud (‘ne demandez pas ce que le pays peut faire pour vous, demandez-vous plutôt combien il va vous soutirer d’argent de vos poches’), et cerise sur le gâteau, dont la moitié des ministres et secrétaires d’état seraient de son propre parti béatifié.

 

Flatté, subjugué, ébahi, émerveillé, conquis, béatifié, transcendé, Sourire Téflon se précipita chez lui et la première chose qu’il fit – avant de téléphoner à Papa ou en parler à Maman – ce fut de se mirer dans le miroir. Un miroir qui avait comme défaut (mais il ne s’en était jamais rendu compte) de renvoyer une image agrandie.  Il se vit, un géant, Moïse descendant de son Mont avec les Tables de la Loi salvatrices, un Noé sauveteur du Monde humain et animal faisant halte au Mont Ararat, un King (Martin Luther pas Elvis Presley) parlant à un demi-million de gens du sommet d’une tribune, Kennedy s’adressant à son peuple du sommet d’une tribune semblable.

 

Il téléphona d’emblée au bourgmestre d’une métropole flamande pour l’informer qu’il acceptait la proposition.  Un bourgmestre dont la couleur favorite était le noir et les pays de vacances favoris, l’Autriche, l’Allemagne et l’Afrique du Sud des Afrikaners.

 

Eh donc, il devint 1er Ministre de son pays, le Sourire Téflon, dirigeant un gouvernement décidément antimarxiste, toute barre à tribord, la fierté de la Nation sauvée du Déluge (par Noé !).  Son parti se vit attribuer les meilleurs ministères, ceux qui demandaient du cran, des c…, du courage, mais pas de neurones – évidemment!

 

IL AVAIT ENFIN RÉUSSI, IL VENAIT DE SAUVER SON PAYS DU CHAOS APRÈS DES DÉCENNIES DE MARXISME!  IL ALLAIT ENTRER DANS LE LAROUSSE!

 

Et, le jour tant attendu survint.  Il fit sa grande entrée au Parlement et s’apprêtait à lire ce qu’en jargon on appelle ‘La Déclaration Gouvernementale’ quand Dieu décida que les choses ne devaient pas être aussi faciles pour ce rejeton de politicien, et il fit intervenir son appareil secret spécialisé , le ‘Deus ex machina’ et, STUPEUR!  L’honorable assemblée parlementaire se transforma en cour de récréation, toute une partie des députés invectivant, hurlant, criant, demandant, exigeant, réclamant, rigolant, tapant du poing sur la table ou du pied sur le sol de la Chambre des Représentants, tandis que l’un après l’autre, ces marxistes-léninistes, relégués dans l’opposition avaient le toupet de demander la parole ou de l’interrompre, LUI ! Alors qu’il parlait.  Pis qu’en Corée du Nord!

 

Rien ne vint ternir son Sourire Téflon, aucune ride ne vint défigurer sa face rondelette, aucun nuage neuronal ne vint perturber la quiétude du moment.  Il savourait son instant de GLOIRE!

 

Gandhi aussi avait eu ses détracteurs, Martin Luther King aussi, Mandela aussi.  C’était inévitable que quand le commun des mortels était confronté à la Grandeur, il ne comprenait pas, il jalousait, se moquait.  Ils avaient tous des complexes d’infériorité, ces losers!

 

Tous les grands hommes avaient commencé par être contestés.  When the going gets tough, the Tough get going’ avait dit Nixon (‘quand cela devient dur, les durs se mettent en route’).

 

Son destin était tracé.

 

IL ENTRERA DANS L’HISTOIRE, AURA SON NOM DANS LES DICTIONNAIRES.

 

Le seul problème se dit ro-bin, c’est qu’il y avait déjà une entrée et trois définitions sous le nom de

 

PAILLASSON …………..

 

 

16:52 Écrit par ro-bin | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : belgique |  Facebook |

Commentaires

Il me semble avoir déjà vu ce héros à la TV ... :-)

Écrit par : May | 16/10/2014

Toute ressemblance avec un personnage existant est exclue car si on devait croire en l'axiome qui dit que 'Dieu a créé l'Homme à Son Image', comment pourrait-on en vérité concevoir que Dieu - dans son infinie sagesse - ait pu créer un être aussi comique...ro-bin

Écrit par : ro-bin | 17/10/2014

Les commentaires sont fermés.