01/02/2014

Ma Belgique! Que ferais-je sans toi!

«Rien ne pourra jamais remplacer ou réparer l’absence définitive de ceux qui sont morts; rien ne pourra m’exonérer d’avoir échoué dans ma promesse faite à Julie et Mélissa de les protéger »(extrait d’une lettre de Dutroux reprise dans la DH du 21 janvier 2014).

 

Faut-il un commentaire?

 

Oui!  On sait que pour les psychopathes, le déni de responsabilité, le rejet de toute faute commise sur les autres (ce n’est pas moi, c’est elle, moi, j’y suis pour rien…etc.) est une des caractéristiques de ce type de psychose.

 

Alors, pourquoi la DH a-t-elle cru nécessaire d’étaler sur 7 pages ces aberrations de quelqu’un malade au point qu’il écrive aux parents de ses victimes, les assurant que ‘Je ne voulais en aucun cas que les petites puissent se sentir brimées, punies, abandonnées ou pire encore, emmurées vivantes.’  Si quelqu’un – qui demande à être libéré avec bracelet électronique, donc qui est censé avoir compris à tout le moins la portée de ses actes – ne se rend pas compte, plus de quinze ans après les faits, que, justement, ces fillettes – mortes de faim, excusez du peu, sans parler des autres victimes kidnappées, séquestrées, violées et/ou tuées -, ont été brimées, punies, abandonnées et emmurées vivantes, justement parce qu’il les a enlevées à l’amour de leurs parents, nous du moins on se rend bien compte alors qu’un tel cas relève de la psychiatrie.  Que la DH fasse 7 pages sur ce qui, somme toute, constitue les symptômes apparent d’une maladie (cf. délire) non encore guérie ou susceptible de l’être, est-ce de l’information ou une manière d’’engranger des rentrées pour un journal qui, malgré ce qu’il affirme, perd de plus en plus de lecteurs?

 

Toutefois, rebelote dans la DH du jeudi 30 janvier où le journal parle sur deux pages du meurtre de la champignonnière en 1984.  Ce meurtre m’avait touché à l’époque - comme celui des victimes de la bande à Dutroux -, le meurtre sauvage d’une jeune fille, dans des circonstances particulièrement effroyables pour cette innocente victime d’un sadique, alors qu’elle n’avait que 15 ans la pauvre jeune fille.

 

La DH publie une photo des parents de la victime, une photo tout ce qu’il y a de plus correcte, sauf qu’elle est reprise en encart au bas d’un article intitulé en énormes majuscules  ‘LE POMPIER n’a jamais pu oublier CE QU’IL A VU’  Et tout juste en dessous ‘Un tronc humain calciné.  Une partie de la tête a été emportée par les flammes

 

On pourrait donc croire à première vue qu’outre le rappel des faits, qui est une bonne chose puisque cette affaire vient d’être prescrite légalement, qu’on aurait à tout le moins pu avoir un minimum de respect pour les effroyables derniers moments de la victime et la douleur d’une famille éplorée.  Ainsi que faire montre de dignité vis-à-vis de la jeune victime, à son souvenir et à la famille de la défunte.   Mais je crains que ce terme de ‘dignité’  ne soit pas connu des rédacteurs de la DH ou, s’il est connu, qu’il passe au second plan, bien après les titres accrocheurs et ce que De Gaulle aurait appelé le ‘remugle’.

 

Avez-vous déjà constaté qu’à la RTBF quand De Brigode ou certains journalistes parlent de baisse (deux ‘s’), ils prononcent ‘baise’.  Sont-ils à ce point tétanisés par l’interdit ou portés sur la chose qu’ils doivent déformer ce mot qu’on emploie souvent en économie (cf. la baise des taux d’intérêt, la baise du chiffre d’affaires, la baise du pouvoir d’achat, etc.). Et moi qui suis parfois très carré pour la comprenure de certaines choses, je me demande comment un homme pourrait-il baiser un pouvoir d’achat?  À moins que ce fameux pouvoir d’achat dont tout le monde parle serait en réalité une pin-up?  Comme quoi, somme toute, à la RTBF, ils ne sont peut-être pas aussi bêtes que je le pensais.  Ils disent pouvoir d’achat et ils pensent à une pin-up.

 

Être ‘carré’ quand on lit la DH, ce n’est pas toujours facile.  Je lis le titre d’un articulet : ‘Le roi Philippe sur les pièces de monnaie’.  Bon, le roi Philippe, il a une taille normale, disons un mètre septante-cinq ou dans ces alentours (il est plus petit que sa Dame quand elle porte des hauts talons).  Je le vois difficilement se placer sur une pièce d’un ou deux euros.  Mais en lisant plus en détail je comprends car l’articulet reprend un extrait du Moniteur belge : ‘la face nationale des pièces libellées en euros porte Notre effigie (…) À gauche de l’effigie, Notre monogramme…’   Remarquez le ‘Nous’ dit majestatif, la preuve qu’en Belgique tous les Belges sont égaux devant la Loi.  Je vois déjà cela dans la chaumière à Laeken, ‘dites ma bonne petite Mathilde, venez donc ici près de moi Nous donner un petit bisou sur Notre joue droite…’ et la Dame de répondre ‘Oui, Sire, tout de suite.’

 

Quant à la bonne femme de l’autre, celle à qui il impute tous les maux, le monsieur qui a écrit aux familles de ses victimes, eh bien, elle sera l’héroïne d’un roman écrit par Kristien Hemmerechts.  Selon ce que j’en ai lu, elle ne s’est pas documentée à ce sujet, elle a laissé libre cours à son imaginaire, se mettant ‘dans la peau’ d’une femme qui a laissé mourir deux jeunes fillettes de faim et qui était au courant de tout ce que tramait son mari.  Un libraire en Flandre a dit qu’il ne vendrait pas ce livre, qu’il n’a aucun intérêt littéraire.  Souhaitons qu’un jour un journal bien connu de la place (Bruxelles) décide à son tour qu’il y a certains types d’ ‘informations’ qui n’ont aucun intérêt à être diffusées.

 

Dans la même DH, mais du 29 janvier, je vois en bulle bleutée au milieu d’une interview du président du PS, Magnette : ‘Aucun parti n’a fait plus pour l’esprit d’entreprise que le PS’  À une certaine époque, on aurait pu qualifier cette belle phrase de désinformation, propagande, esbroufe.  Pourtant Magnette n’est pas de Marseille mais de Belgique, le pays de Magritte mais aussi le pays où Kafka aurait dû naître et vivre, peut-être eût-il écrit des romans encore bien plus délirants que ceux de Hemmerechts ou que les épîtres d’un certain prisonnier de droit commun condamné pour meurtres...

 

 Le ‘délire’, (‘État d’une personne caractérisé par une perte du rapport normal au réel’ – Petit Robert) est l’un des symptômes caractéristique des psychoses.  Mais peut-être que ces psychiatres qui s’attelèrent à la rédaction d’un compendium des maladies psychiatriques, eussent dû prendre en considération les politiciens de tous crins, et classer sous une toute nouvelle appellation cette maladie qui les frappe tous sans aucune exception, la ‘politicaille’, une maladie du type de la psychose qui se caractérise par des promesses qu’on ne tiendra pas, des affirmations qui ne tiennent pas et des réalisations qui coûtent les yeux de la tête et dépassent le budget, une maladie qui se caractérise aussi par un déni de responsabilité (c’est pas moi, c’est la faute des autres qui…que…) et une vision à très court terme (la prochaine échéance électorale), aussi par un besoin incommensurable d’amour, de publicité, de s’épancher dans les médias pour ne rien dire ou dire des bêtises qui n’ont aucun, mais alors aucun rapport avec une quelconque réalité.

 

Ceci n’est pas la Belgique!

 

Fadila Laanan est Ministre de la Culture en communauté française, elle a reçu la Légion d’Honneur française, tout comme Serge Klarsfeld et, récemment, son épouse Beate.

Elle est interviewée par Moustique.  Que dit-elle de la culture : ‘La culture, ce sont toutes les musiques, les arts urbains, le hip-hop…On a inscrit cette vérité dans les textes, et tous mes successeurs devront en tenir compte.’

 

Je me pâme d’admiration pour une telle simplicité.  J’en connais quelques-uns, et non des moindres – parmi lesquels on peut déjà compter Magritte, De Coster, Maeterlinck, les architectes d’art nouveau Hortha et Van de Velde (ce dernier que j’ai vu évoqué dans un documentaire visionné au musée d’art nouveau de Riga en Lettonie), le sculpteur Meunier –, qui doivent se retourner dans leur tombe.  Je suppose aussi que par ‘arts urbains’, elle a voulu dire ‘graffitis’ dont certains, j’en conviens volontiers sont des œuvres d’art mais qui, souvent, ne sont que la manifestation de voyous qui souhaitent enlaidir un peu plus ce qui est déjà laid, ou profaner ce qui ne devrait pas l’être (monuments, bâtiments historiques), quitte à laisser une trace de leur passage sur terre, eux qui sont comme des chiens laissant leurs traces sur les trottoirs mais là, au moins, on a l’obligation d’évacuer après leur passage..

 

Et alors, madame Laanan? L’opéra, le jazz, la musique classique et contemporaine, la danse, le théâtre, la peinture, la sculpture, le cinéma, la littérature, la poésie, les belles lettres (pas celles de celui que vous savez, les vraies), les musées, la cinémathèque, la médiathèque, tout cela compte-t-il pour des prunes?  Quand quelqu’un dit ‘toutes les musiques’, cela ne veut rien dire sauf qu’on n’y connaît que dalle dans aucun type de musique.  Pourquoi prend-on toujours a priori pour administrer le domaine de la culture des gens qui n’ont aucune affinités avec cette énorme matière, des gens qui se caractérisent par des phrases toutes faites qui montrent bien qu’ils n’ont aucune spécialité culturelle hormis celle d’être de fidèles et dévoués apparatchiki?

 

Je ne quitterai jamais la Belgique, je le jure, je ne pourrais pas vivre sans mon lot quotidien ou hebdomadaire de bêtises typiquement belges.

 

On dit qu’il y a un humour belge, oui mais pas celui qu’on pense, l’humour c’est aller dénicher ici et là ces petites phrases creuses, ces comportements ‘journalistiques’ qui ne respectent aucune convenance sociale ou sociétaire de bon ton et de bonne manières, ces affirmations de politiciens qui démontrent par l’absurde – pour celui qui s’y attache – combien creuses sont les idées, les réalisations, les affirmations et promesses de ces gens qui disent nous représenter mais ne représentent, au fond, que leur vacuité incommensurable…

 

 

18:17 Écrit par ro-bin dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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