01/12/2013

NEW YORK, un must malgré tout

 

Ro-bin est allé à New York, où il n’avait plus mis les pieds depuis 1980!  Mais plutôt que de parler de la ville, qui est superbe avec ses immenses gratte-ciel et musées aux richesses incalculables, je me contenterai de parler de certains aspects méconnus et parfois hilarants de la Grosse Pomme.

 

 

 

 

 

Déjà dans l’avion de Brussels Airlines qui me transporte cosy vers la Grosse Pomme, une annonce soudaine «La Loi américaine interdit les rassemblements de personnes dans les couloirs de l’avions!»  Et personne n’a ri de cette imbécillité majeure et de cette atteinte évidente à notre intégrité nationale.  En effet, un avion est considéré, tant qu’il vole, comme une extension du territoire national du pavillon (nationalité pour les ignares) sous lequel l’aéroplane vole.  Donc me trouvant en ce moment au-dessus de l’Atlantique, quelque part au large du Groenland, voilà que le FBI, la CIA et la National Security Agency, tout comme Obama et toutes les polices fédérales des USA, qui me donnent des ordres, je ne puis former un rassemblement avec d’autres personnes dans un avion battant pavillon belge et qui n’a pas encore atterri sur territoire US!  À ce moment j’ai pensé à un certain vol vers Israël où, à un moment donné, des orthodoxes s’étaient rassemblés dans les couloirs de l’avion, les bouchant complètement, interdisant même le passage aux hôtesses de l’air, occupés à prier en se dandinant d’avant en arrière comme on le sait.  S’ils devaient le faire sur un vol de Brussels Airlines à destination des States, seraient-ils considérés comme des terroristes?  Et, que dire des personnes qui traînent à deux ou trois près des toilettes de l’avion en attendant que ceux qui sont à l’intérieur aient fini de faire leurs besoins ou de se refaire une beauté?

 

 

 

Mais mon ahurissement avec les formalités et lois américaines n’était pas terminé.  Près de trois-quarts d’heure avant l’atterrissage – les avions de Brussels Airlines sont à l’heure ce n’est pas comme les trains de la SNCB car je suis allé et revenu en train de Zaventem – je m’étais dit que je n’irais plus aux toilettes pour y faire pipi (vessie petite capacité de Ro-bin, j’avoue), que j’irais dès après l’atterrissage.  Eh ben, dès après l’atterrissage, pas de toilettes visibles, on marche le long de corridors de béton où il n’y a âme qui pisse, puis 50 minutes d’attente pour passer la ‘Security’.  On se met à la queue-leu-leu dans des serpentins et on prend son mal (de vessie) en patience.  Cela me faisait penser à ce temps de jadis quand j’allais en voyage en URSS ou en Indonésie, le même accueil chaleureux (‘Venez, vous les pauvres, les démunis…’ clame la déclaration américaine célèbre que symbolise la Statue de la Liberté).  Comme on le ressent, Nine Eleven (le 11 septembre à l’américaine) a laissé des traces durables dans les esprits policiers et répressifs américains et une paranoïa anti-étrangère certaines.  D’ailleurs dans le métro il y avait souvent des annonces indiquant que les policiers avaient le droit de fouiller les paquets volumineux (en contradiction des règles de droit américain traditionnelles qui voulaient que pour faire une fouille, il faille une ‘cause probable’).  Ce que j’ai remarqué, c’est l’abondance de drapeaux américains un peu partout (et je suis allé à Queens, Manhattan, Brooklyn, New Jersey, Upper State et Long Island), dans les rues, devant les maisons à un étage ou même sur les rames de métro.

 

 

 

J’avais été invité à loger chez des amis juifs à Flushing, un quartier de Queens, à l’est de Manhattan.  Et, comme je l’avais dit à un ami avant le départ, pas loin de Flushing Meadows, le stade mythique.  Sauf que de Queens pour me rendre à Manhattan, je devais prendre un métro express (4 arrêts) dont le trajet prenait 20 minutes, auxquelles il fallait ajouter un quart d’heure en voiture pour me mener à la bouche de métro la plus proche du domicile de mes amis.  Et moi qui n’avais jamais pris le métro à New York, j’ai vite été drillé, les métros sont nombreux et le système assez facile à comprendre, même pour Ro-bin, sauf que comme à Paris, il y a pas mal de stations où les escalators manquent et il faut se taper des marches d’escalier.  Très vite pourtant je me suis aperçu qu’à ma station de métro de départ et d’arrivée (Forest Hills dans la direction de Jamaica - quartier de NY), je n’avais pas tout à fait la couleur locale, les rames étaient pleines de faces noires, latinos et chinoises.  Peu de Blancs (comme quand j’ai voulu aller au zoo au Bronx et que j’y ai renoncé car à un certain moment,  j’étais le seul Blanc dans la rame entouré de Noirs).  Et à ce que j’ai remarqué quand j’attendais que mon ami vienne me chercher au coin des 107e rue et 70e avenue, dans les trois-quarts des véhicules passant, c’étaient des Chinois qui s’y trouvaient.  Le quartier de Flushing où je logeais d’ailleurs, était peu à peu colonisé par les Chinois.  À côté de la maison de mes amis, deux drapeaux, américain et israélien car aux États-Unis, les religions coexistent pacifiquement et on ne se tape pas dessus parce qu’on appartient à une autre religion.

 

 

 

Par contre, on m’a fait visiter un quartier à Brooklyn, à Brighton Beach (où il y a une vraie plage que j’ai vue de mes propres yeux), tout est en russe, toutes les devantures de magasins, pharmacies, restos, rien que du russe, ce n’est d’ailleurs pas pour rien qu’on l’appelle Little Odessa.  J’ai ainsi invité mes amis dans un resto du coin qu’ils fréquentaient où tout était russe, tous les gens qui s’y trouvaient, clients, serveurs, spectacle kitsch en russe et ukrainien. Et les Russes ne sont pas l’exemple du bon goût ni les jeunes nanas décolletées qui ont souvent l’air de putes, les hommes ayant des faciès d’individus a priori suspects.  Et on lampe les alcools à grand train de vie.  Sauf que le serveur quand on lui a dit que j’étais de Bruxelles, m’a dit ‘Anderlecht’, un fana de foot russophone aux States!

 

 

 

New York n’est pas une ville ‘blaasvriendelijk’ (gentille pour la vessie) comme on dirait en flamin.  Pas de toilettes publiques, pas de cafés à tous les coins de rue comme chez nous et même dans les Starbucks, nombreux, tous ne sont pas dotés de toilettes.  J’ai eu de la chance de trouver, dès mes premières heures à Manhattan, une toilette gratuite et propre au sous-sol commercial du Rockfeller Center près de la 5e Avenue qui, très rapidement, est devenu mon point de chute, départ et retour.  Puis miracle, comme on m’avait fait découvrir le New York by night dont les illuminations et décorations de Noël se situent à des années lumière en avance de ces pauvres trucs qu’on fait à Bruxelles ou dans ma commune du Brabant wallon (à croire qu’on n’a pas encore découvert l’électricité et son utilité chez nous ou qu’elle coûte trop cher) -, mon ami juif m’a montré la ‘Trump Tower’ du nom de Donald Trump un milliardaire qui a fait construire une tour de 58 étages en 1983, en pleine 5e Avenue (autre chose que l’Avenue Louise ou le Meir, croyez-moi, la Fifth Avenue).  Et, le rez-de-chaussée est visitable de 8.00 à 22.00 heures.  Couloir en marbre rose d’Italie et, au sous-sol, un gigantesque mur avec chute d’eau, d’une hauteur de 25/30 mètres, également en marbre rose, avec des toilettes en marbre rose, gratuites et où on trouve même du papier toilette, du savon, de l’eau et des serviettes en papier!  Youpi! 2e point de chute pour Ro-bin !  Merci Donald, dont j’ai acheté le livre ‘How to get rich’.  Et le café chez Donald, à la cafeteria n’est pas plus cher qu’ailleurs, 1,75 $, 9 $ pour un sandwich et un café.  Et à l’autre coin, mais dans le même building Trump, un jardin avec des vrais dinosaures, des squelettes réels, pas des reconstitutions!   

 

 

 

Les USA sont le pays de l’entreprise, mais la sécurité sociale n’est pas faite pour tous, c’est un système de capitalisme de style libéral où les gens cotisent eux-mêmes.  Healthcare’ est surtout destiné aux personnes sans revenus ou à bas revenus, mais pour les gens qui travaillent ou les classes moyennes,  les personnes doivent cotiser elles-mêmes.  Mon ami m’a dit qu’il en a pour près de 300 $ par mois de médicaments et quand son épouse va chez le médecin, c’est 250 $ la visite, sans remboursement de prestations. 

 

 

 

Les USA, c’est le pays des grandes fortunes, de la liberté d’entreprise, de richesses ahurissantes, de la foi absolue dans le travail (cf. le credo de Rockfeller gravé sur une stèle devant son gratte-ciel ‘Je crois en la liberté…’) mais aussi des contrastes.  Un des fils de mon ami, médecin urgentiste, m’a dit que récemment lors d’une naissance, à cause d’une erreur médicale, un enfant avait subi des dommages irréversibles.  Comme il y a aux States plus d’avocats que de médecins, les parents sont allés en justice, et on leur a alloué 140 millions $ (cent quarante millions) de dommages et intérêts (dont entre un tiers et 50 % pour l’avocat comme c’est de coutume).  Une assurance pour un gynécologue, couvrant les risques d’erreurs médicales, à New York coûte 100.000 $.  Une paille quoi!  Mais aussi, un minuscule appartement à peine plus grand qu’un studio à New York coûte 2.800 $ par mois de loyer!

 

 

 

Aux States, les gens dans les musées se collent devant les tableaux (ou se font photographier devant des tableaux célèbres: Van Gogh), heureusement comme il y a beaucoup de dames de petite taille, de chicanos visiteurs, les plus grands (dont Ro-bin avec son mètre quatre-vingts non tassé) parviennent à surplomber les masses prolétaires se faisant un brin de culture et à zieuter ce pour quoi ils ont payé.  Et quand aux States on fait une expo, ce n’est pas des trucs misérabilistes comme en Belgique, j’ai vu une soixantaine d’œuvres de Magritte (dont le célèbre ‘Ceci n’est pas une pipe’) et à peu près autant de Chagall, pour ce dernier des tableaux uniquement peints durant les années de guerre et d’exil.  Dans les musées on laisse entrer au compte-goutte.  Je me suis perdu dans deux musées (Metropolitan et le Musée d’Histoire naturelle avec ses superbes salles dédiées aux dinosaures et autres animaux antédiluviens) et ai dû demander mon chemin pour retrouver l’entrée principale.  J’ai aussi vu des plaques superbes dans certains lieux (musées et cafeterias de musées) indiquant  Il est interdit et illégal d’avoir plus de 1.536 personnes dans ce lieu’.  Comme quoi si par hasard, vous êtes le 1.537e visiteur et qu’on vous a laissé entrer dans le lieu en question (musée) par erreur, vous êtes en infraction de la loi de New York et susceptible d’être poursuivi en justice, quoi, comme quand vous attendez debout avec deux autres personnes votre tour pour faire pipi dans l’avion de Brussels Airlines.

 

 

 

Abstraction faite de tout cela, mon voyage s’est bien passé, par deux fois, j’ai participé à un Shabbat juif traditionnel avec kippa, et lecture du fragment de l’ancien testament en hébreu, je suis allé voir un opéra au Metropolitan Opera, entre autres expériences mémorables.  J’ai visité 9 musées en tout.  Et des gratte-ciel j’en ai vu à remplir des cieux pour l’éternité.

 

 

 

Et, abstraction faite de mes critiques de certains aspects comiques de la politique de sécurité américaine plutôt paranoïaque, je suis pro-américain, je l’ai toujours été, j’aime les States et sa culture, j’adore cette ville de New York, béton, fumée, pollution sonore et tout et tout et, en plus, j’ai trouvé les New Yorkais extrêmement aimables, peu agressifs et le service dans tous les endroits Horeca que j’ai fréquentés, est impeccable, aucune comparaison avec la Belgique frigide.  Un jour une dame est tombée devant moi 5e Avenue, 4 personnes pour l’aider à se relever (dont moi), puis trois personnes qui lui demandent à plusieurs reprises ‘Are you all right, are you SURE!), c’est ça aussi l’Amérique et comme le disait ce médecin urgentiste, à l’hôpital, on s’entraide entre communautés, pas de haine, pas de jalousie et, toujours selon lui, l’entraide à New York est plus grande depuis Nine Eleven (11 septembre), c’est l’une des conséquences positives de cet immense drame.

 

 

 

Et, aussi, quand on mange un repas chaud aux States, on reçoit automatiquement une assiette de salade copieuse et de l’eau, gratuits.  Et la nourriture (je n’ai mangé que du poisson aux restos) est délicieuse, j’ai même mangé des filets de sole qui étaient délicieux…quant aux vins californiens, ils supportent la comparaison avec nos vins français…

 

10:49 Écrit par ro-bin dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : new york, voyages, usa |  Facebook |

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