09/11/2013

La Belgique, évidemment!

Les femmes sont plus intelligentes que les hommes lorsqu’il s’agit de les mettre dans l’embarras ou de leur créer des ennuis judiciaires.

 

Voyez-vous, une bonne femme a décidé d’en terminer avec la vie – et avec son homme –, mais cet homme, comme elle ne veut plus le voir, elle souhaite qu’après sa mort (à elle), il soit finalement dans de gros ennuis judiciaires.

 

Pas difficile, elle se rend seule dans un hôtel 3 étoiles à la Mer, le mari la rejoint car il se désole sans elle, il lui court après.  Puis, à deux, en amoureux, ils vont s’éclater dans cette belle cité et consomment plus que de raison, après tout l’alcool ne fait-il pas oublier les problèmes de couple éventuels.

 

Ensuite, rentrés à l’hôtel, le mec plein comme une outre – la bonne femme aussi mais elle maîtrise mieux le jeu, la maligne -, pique un roupillon vite fait bien fait, rêvant de ses anciennes copines de parti, ces gonzesses affriolantes et terriblement sexy.  Madame se rend à la salle de bains, et appose les deux pouces sur le centre de sa propre gorge, là où passent les voies respiratoires et d’ingestion d’aliments.  Elle ne se tue pas, ce qu’elle veut, la petite futée, c’est de laisser des marques post-mortem, pour le médecin légiste qui pratiquera son autopsie car, évidemment elle a décidé de s’auto-trucider, elle en a marre de ce mec de mari.  Puis, quand elle est bien sûre que les marques seront indélébiles, elle ingurgite en vitesse des pilules (qu’elle a prises sans contenant ni emballage, en vrac dans son sac), puis, avant d’aller se coucher paisiblement à côté de son ronflant d’époux, futur ex, elle tape sur le mur de la salle de bains, assez fort et hurle des imprécations, des insultes, abaissant le timbre de sa voix, afin que les gens de la chambre à côté (elle sait qu’ils sont dans la chambre, les murs sont très minces), sachent qu’il y a eu une dispute, une rixe.  Puis elle attend la mort.  Autre variante tout aussi plausible, c’est qu’elle se tue par asphyxie en se mettant un sac en plastique sur la tête (la méthode de Jerzy Kosinsky, by the way), mais en se penchant par la fenêtre de telle manière que, post-mortem, le sac s’ouvre et disparaît par la fenêtre pour mourir de sa belle mort sur le trottoir six étages plus bas.

 

Quand, le gus, sort de sa torpeur amoureuse, et qu’il tend la main vers sa moitié afin de reprendre le cours de leur vie conjugale sans nuages, il constate qu’elle ne bouge pas, ne répond pas à ses appels pressants.  Et, stupeur et stupéfaction, il doit bien se rendre à l’évidence qu’elle s’est suicidée.  Et, un peu plus tard, stupeur et stupéfaction, il doit bien se rendre à l’évidence qu’il est accusé de son meurtre et foutu en prison.  Et il n’a rien compris le gars, et pour cause, les femmes sont comme ça, nettement plus intelligentes que les hommes quand il s’agit de leur faire du tort. C’est ça les femmes, plus futées que nous et il n’y a pas que pour faire la vaisselle, nettoyer, repasser ou faire les courses.  On pourrait appeler cette petite histoire inventée de toutes pièces, le divorce à la belge, pas de frais de procédure, tous frais à charge du cochon de mari qui va devoir engager de brillants avocats pour le sortir du pétrin dans lequel son épouse l’a précipité.

 

Que ferais-je si la DH ne m’apportait pas son lot quotidien digne d’être repris dans mon blog sous la forme d’anecdotes piquées de la réelle réalité...  C’est ça au fond la Belgique, « Notre Belgique qui êtes sur Terre, apportez-nous notre lot quotidien d’âneries pour me permettre de subsister en tant que blogueur»

 

«850 - La température atteinte lors d’une crémation dans l’un des trois fours du nouveau crématorium de Court-Saint-Etienne» clame mon journal favori et je suis pris d’effroi.  Imaginons que nous allions à Court-Saint-Etienne pour la crémation d’un(e) proche.  Éplorés mais stoïques, après la procédure nous voyons arriver un bonhomme tout de noir vêtu et avec sur le visage cet air de recueillement et de deuil professionnel (qui leur va si bien qu’on dirait qu’ils sont nés comme ça), sauf que le mec trimballe un gros sac de plastique (encore du plastique) noir duquel dépassent quelques ossements épars et qui nous dit tout de go ‘Scuses mais un des fours a eu une malfonction ce qui fait que le corps n’a pas brûlé à la bonne température, je vous remets le tout en vrac, vous vous débrouillerez bien…ah, remettre le tout pour une seconde cuisson, pas possible, notre carnet est rempli jusqu’en 2018…le papy-boom vous voyez»

 

Dans le même contexte, mon journal favori parlait des ‘cérémonies’ d’adieu aux êtres chers.  Cette perle «Les funérariums sont, pour leur part, souvent trop exigus pour accueillir une foule importante et louer une salle de fêtes (dans ce cas, le mot est mal choisi).»  Je comprends que pour certaines personnes qu’on détestait, on aime fêter son départ (mieux vaut lui que moi!), mais pour la plupart des enterrements ou crémations normaux, difficile de parler d’une salle de fêtes.  D’autre part, il m’est déjà arrivé souvent de voir dans un resto une très vieille personne (d’ordinaire des vieilles dames) avec des plus jeunes, sans doute des petits-enfants, plein d’attentions sortant un rien de l’ordinaire, ce qui fait que chaque fois je me dis que c’est là une invitation en vue d’un futur testament.  La mort occasionne parfois des surprises juridiques.  Étant allé chez le notaire pour les formalités de déclaration et de succession de ma mère, j’ai bêtement posé la question au notaire «Si je devais décéder, je suppose que ma maison irait à mon épouse.»  Erreur!  Lorsqu’il n’y a pas de contrat de mariage, le bien immeuble va aux cousins et cousines.  Pas étonnant qu’un de mes cousins qui n’est pas parmi mes préférés (coucou Jean-Pierre si tu lis ceci !), envoyait gentiment ses vœux pour le Nouvel An, sauf que le soir même je rédigeais un testament olographe léguant le tout à mon épouse.

 

À Bruxelles, on a trouvé l’astuce, le bourgmestre en titre démissionne et à sa place deviendra bourgmestre un mec qui a été élu avec 2.662 voix (chiffres de la DH).  Vive la démocratie!  N’a-t-on pas dit jadis que ce serait celui ou celle qui engrangerait le plus grand nombre de voix qui serait automatiquement bourgmestre?  Vox populi!  Ici, on désigne un apparatchik dont la vox populi n’a nullement voulu et on impose ce choix par le haut, d’office.  Je ne vous dirai pas la couleur politique de ces gens, sachez simplement que ce parti – qui n’est pas le préféré de Bartje dans la partie francophone de sa confédération à deux – a déjà connu moult scandales financiers, des appropriations de biens sociaux, un assassinat…

 

«Leur voiture s’enroule autour d’un poteau» clame un titre racoleur de ma feuille de chou.  J’ai lu l’article,  c’est d’un réalisme fou  «Les sapeurs ont d’ailleurs dû découper la carcasse pour dégager le conducteur de l’habitacle, véritablement plié en deux.  Pour sortir le corps du passager, il a même fallu faire appel à une dépanneuse afin de bouger l’épave scotchée au panneau de signalisation.»  Comme il y a la photo et le nom de l’une des victimes de ce drame de la route, j’imagine volontiers ce que ses proches penseront s’ils devaient jamais lire cette prose nauséabonde.  Cela me fait penser à la DH tout juste après le drame de Temploux (accident d’avion avec la mort de 10 parachutistes plus le pilote).  Sur le haut d’une page, il y avait une interview du père du pilote disant qu’il espérait que cela s’était passé vite et que son fils n’avait pas souffert.  Tout juste en dessous, interview d’un secouriste qui disait textuellement que l’état à l’intérieur de la carlingue c’était terrible et surtout le pilote…

 

Comme quoi vendre à tout prix c’est bien, mais penser à la douleur de proches de victimes d’accidents, ce serait peut-être infiniment mieux.

 

Bart a décidé pour Bruxelles.  On choisit, «schild of vriend» (bouclier ou ami, cri de reconnaissance des Flamands et leurs alliés français et wallons lors de la bataille des Éperons d’Or en 1302 car il y avait des francophones pour combattre pour la liberté des Flamands).  Mais Bart a-t-il dit, pour ceux qui choisiront l’amitié flamande, en quelle langue ces nouveaux administrés de Bruxelles seront-ils traités?  Unilingue flamand?  La langue du sol? C’est pas très net Bartje, faudrait revoir ta copie.

10:56 Écrit par ro-bin | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

Commentaires

Petit commentaire au sujet de « Schild of Vriend »
Ce cri provient de H. Conscience et n'a probablement pas de fondement historique.
Le professeur de critique historique Pierre Salmon explique dans un de ses ouvrages que la question posée serait plutôt : bent u s’Gildens vriend.
Etes-vous l’ami de la gilde.
Cette explication est plus plausible compte tenu du fait que la noblesse française combattait les gildes (corporations) brugeoise.

A propos de Conscience : il a appris son peuple à lire mais pas à comprendre

Écrit par : Chedang | 29/11/2013

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