16/02/2013

Papus interrompus...

Le Pape a donc décidé de se retirer.

 

Il paraît qu’un milliard de catholiques serait attristé par cette décision ‘courageuse’.

 

Un milliard, cela fait pas mal de gens après tout.  Un sixième de la population mondiale.

 

Qu’en pensent en réalité toutes ces femmes qui doivent représenter 60 % de ce milliard, ces usines à procréer car évidemment pour l’Église catholique traditionnelle, une femme doit s’unir à un mari dans le but de procréer le plus possible, sans tenir compte, au fond, des capacités mentale, financière, psychologique, physique, de la famille à élever toute cette marmaille que l’Église lui dit de mettre au monde (‘croissez et multipliez-vous’).

 

La femme est l’égale de l’homme disent la loi, les constitutions et pas mal de représentants d’opinion progressiste.

 

Dans la société civile.  Et encore, cela dépend du type de société civile…

 

Au sein de l’Église catholique, si la femme a bien le droit de côtoyer l’homme et ses enfants dans la maison de Dieu (ce qui n’est pas le cas dans d’autres religions monothéistes), elle n’a pas le droit à la représentation au sein de l’entité catholique.  Pas de prêtres, pas de cardinaux féminins.  Pas de lobbies de féministes ou de représentantes accréditées auprès du Vatican pour suggérer qu’en matière de ‘dogmes’ par exemple, certains points devraient peut-être être sujets à révision.  Et quand les femmes se rendent en visite au Vatican pour être reçues par le Pape, ne doivent-elles pas mettre un voile sur la tête et se couvrir décemment épaules et genoux (et dire que chez nous on critique les Musulmanes portant le voile !).

 

Pour ce qui concerne le statut des femmes, leurs ambitions, leur épanouissement personnel, on le sait l’Église est sans ambiguïté à ces égards.  Elle prône pour les femmes d’enfanter, d’enfanter, tant que physiquement faire se peut.  L’Église catholique fronce méchamment les sourcils quand on parle de moyens contraceptifs ou de préservatifs pour hétérosexuels.  L’Église crache son fiel dès qu’il s’agit d’IVG même lorsque des femmes – dans certains pays d’obédience catholique profonde – sont enceintes à la suite de viol.

 

Mais après tout, plus vous rabaissez les femmes, plus vous en faites des tapis tout juste bonnes à y déverser sa semence mâle, plus enthousiastes seront-elles pour soutenir la Papauté et les Hauts Prélats dispensant la bonne parole sainte, ces Archanges qui n’ont pas varié leurs discours depuis que ces divins préceptes moyenâgeux eurent été imaginés.

 

Lors d’un débat sur Canal Plus le jour de l’annonce du Grand Départ Papal, j’ai entendu un ‘spécialiste’ dire que le Pape avait fait régresser l’église au 19e siècle par ses attitudes dogmatiques rigides.

 

On blague ou quoi ?

 

L’Église catholique est retournée de plain-pied au Moyen-Age depuis la mort hâtive et un rien suspecte de Jean-Paul 1er, le Pape qui semblait vouloir nettoyer ces écuries d’Augias qu’était devenu le Vatican.  N’avait-il pas d’ailleurs reçu plusieurs rapports troublants la veille même de sa mort. Quant à l’aspect moyenâgeux du Vatican et de ses dogmes, ce n’est pas un cardinal belge qui me démentira…car chaque fois qu’il ouvre la bouche, on retrouve ce manque d’empathie pour la femme, pour les personnes de mœurs différentes et pour tous ceux pour qui les mots ‘préservatifs’, ‘IVG’ et ‘euthanasie’ font partie non pas d’un nécessaire progrès mais d’un retour au choix personnel et aux libertés fondamentales des individus et, surtout, des femmes.

 

Quand je pense qu’en Irlande par exemple, l’avortement reste interdit sauf si le fœtus met en danger la vie de la mère.  Quand je pense qu’en Allemagne et en Italie, le mariage gay reste encore un tabou autant qu’un interdit majeur…

 

Quid des homosexuels d’ailleurs ?

 

Ceux-là, s’ils sont catholiques, ne doivent pas regretter le départ de l’actuel Pape.  Qui a montré tant et plus qu’être gay doit être proche d’une tare, d’une déviance.  Donc, les gens d’obédience gay (comme dirait Bart De Wever) se doivent de saluer le départ de cet homme siégeant sur le trône de Saint-Pierre qui, s’il n’a pas décrété de leur mettre le triangle rose sur la poitrine, les a systématiquement stigmatisés parmi les esprits fragiles qui constituent une part importante de son soutien populaire.   Écoutant ces importants discours de stigmatisation à outrance d’une communauté, pas mal de croyants se sont dits qu’être gay au fond c’est du malsain, du pas très propre…

 

Je suppose que les  jeunes victimes sexuelles de prêtres applaudiront le départ de ce Pape qui a été relativement mou dans les excuses de l’Église par rapport à ces monstruosités commises par des gens d’église dans nombre de pays européens et américains.  D’un autre côté et sans excuser ces comportements criminels de la part de prêtres dévoyés, il faut tout de même se rendre compte – surtout après la lecture de Freud à l’origine et d’autres ouvrages sur la psychologie et le comportement ‘normal’ – qu’interdire le mariage ou toute fréquentation de nature sexuelle à des hommes normalement constitués, était, est et sera toujours une aberration civile autant que religieuse.  Et certaines de ces ‘âmes sans doute égarées’ ne se sont pas contentées de la masturbation (le péché d’Onan, autre interdit notoire), mais ont voulu assouvir leurs penchants ‘naturels’ d’une manière interdite, soit, mais aussi criminelle.  Sans qu’ils eussent jamais compris ni admis la gravité de ces actes odieux, souvent connus de leur hiérarchie religieuse, mais l’omerta régnait en maîtresse absolue au sein de la communauté catholique.

 

Cela me fait penser à un ami de jadis qui disait souvent que la première personne qui l’avait embrassé était un prêtre.

 

Le Vatican est un énorme business.  Détaché du terrain, détaché de la réalité à laquelle sont confrontés des prêtres de petites paroisses en Amérique du Sud (où on enfante comme on respire puisque le Pape le veut, l’ordonne, le souhaite et le promeut), en Afrique, en Asie, ou même dans des régions d’Europe de l’Ouest ou de l’Est, détaché de cette immense misère humaine de familles au nombre d’enfants disproportionné par rapport à leurs possibilités financières.  Des enfants qui végéteront et deviendront à leur tour des usines à procréer d’autres générations de pauvres, de déshérités.

 

Alors que le Vatican amasse les richesses, gère des richesses immenses, sans jamais les redistribuer à ceux qui en auraient besoin.

 

Y a-t-il jamais des hauts prélats, un Pape, qui ont un jour pensé que ces millions d’enfants mis au monde dans des conditions inhumaines, végéteront toute leur existence dans une pauvreté atroce, et, suivant en cela l’exemple de générations d’esclaves religieux, ils enfanteront à leur tour des flopées d’enfants voués à la misère et, parfois, à la mort de tuberculose, de famine, de maladies…

 

‘Aime-toi comme ton prochain’ dit-on au sein de l’Église catholique.  Ce message a de longue date été remisé dans les oubliettes du dogme, le dogme ayant remplacé la nécessaire empathie pour l’être humain, pour la femme, et, également, la nécessaire solidarité humaine.

 

De ce Pape, j’aurais aimé qu’il aille s’agenouiller au centre de la Place Saint-Pierre et qu’il dise publiquement « Mea culpa, mea culpa, mea maxima culpa !

 

Afin que, tel un Christ des temps modernes, il assume dans sa propre personne les faux-pas éthiques et moraux aux conséquences parfois inhumaines qu’une attitude rigide d’une église décalée par rapport à l’évolution de l’être humain et de son besoin de libertés fondamentales a semés parmi des populations bien trop crédules et confiantes.

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