01/10/2012

Di Rupo est un vilain marxiste et M. Martin n'est pas un monstre...

J’ai lu que les économistes et patrons d’industrie flamands qualifient Di Rupo de ‘marxiste’.  Sans doute les gens de l’Open VLD - le fulgurant Quickske en tête de peloton (comme le qualifiait mon directeur flamand dans l’administration, un type ‘normal’ bien que lui-même flamouche, voir ci-dessous) - tiennent le même type de discours, tout comme notre Bart de la N-VA.   Je gage que Marx doit être occupé à ronchonner tout haut dans son tombeau à Londres en entendant de telles idioties et à griffer de ses ongles acérés les parois de son cercueil pour aller engueuler ne personne ces minus d’industriels flamands à la noix.

 

Di Rupo transposé dans l’octobre révolutionnaire de Saint-Petersbourg en 1917 n’aurait même pas été qualifié de ‘menchevique’ (les socialistes à l’eau de rose par rapport aux grands frères bolcheviques) ; à la rigueur on l’aurait remisé au rang de KR (‘contre-révolutionnaire’ dans le jargon bolchevique) et il aurait été fusillé.

 

Il y a quelques semaines, j’ai vu à la télé la fleur de l’ ‘intelligentsia’ (j’éprouve toujours certaines difficultés psychiques à employer le terme ‘intelligentsia’ quand je l’accole à des politiciens de calibre, mentalité et culture belges) brandir très haut le poing droit fermé et ‘chanter’ les paroles de l’Internationale.  Le camarade Di Rupo, lui, était muet, il ne chantait pas le faux jeton, tandis que la douce égérie PS qui crèche près de Lasne – ce berceau du marxisme-léninisme belge - elle, chantait, le poing droit tendu vers le ciel, de cet enthousiasme communicatif des vrais marxistes-léninistes. Je gagerais qu’on n’en trouve pas des masses dans les rues et rares magasins de Lasne, des marxistes-léninistes de son (petit) calibre.

 

Saviez-vous, by the way, que l’’Internationale’ a été écrite par un Gantois et que cet air – que je trouve, musicalement fort beau sauf quand il est chanté par ces cancres du socialisme belge façon XXIe siècle -, a été tout un temps l’hymne national de l’URSS.  Pour être remplacé par un autre tout aussi beau musicalement parlant et qui, finalement, a été réinstauré par Poutine, sauf que les paroles du début ont été changées (‘Union soviétique des républiques indestructibles’…).  Poutine a un sérieux stock de mémoire ancienne, sans doute teinté de nostalgie de l’URSS et du KGB.  Et puis, il est cultivé, Poutine, il n’aime pas les Pussy Riot.  Il faut dire que du point de vue chant et spectacle, c’était super nul leur truc dans la cathédrale orthodoxe, mais, évidemment, leur message n’était pas marxiste-léniniste…

 

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J’ai cru lire quelque part que le fils de M. Martin déclarait que sa mère n’était pas un monstre. 

 

Cela m’a fait penser aux Allemands qui, parfois, attrapaient un enfant juif jeté du haut d’une maison dans l’un ou l’autre ghetto à liquider, sur la pointe de leur baïonnette et qui, lorsqu’ils rentraient en permission chez eux, se montraient sans doute très gentils envers les enfants, le chien et l’épouse.

 

Erich Fromm a bien dépeint le phénomène de l’agressivité chez l’homme : « l’agression maligne, c’est-à-dire la cruauté et la destruction, est spécifique à l’espèce humaine, et virtuellement absente chez les mammifères ; elle n’est pas programmée phylo-génétiquement ni capable d’adaptation biologique ; elle n’a pas de but et sa satisfaction est d’essence lascive.  (…) l’homme diffère de l’animal par le fait qu’il est un tueur ; il est le seul primate qui tue et torture des membres de sa propre espèce sans aucun but, soit biologique ou économique, et qui ressent de la satisfaction à le faire. » (« The anatomy of human destructiveness »).

 

J’ajouterais, dans le cas d’espèce, que même si le monstre en question n’a peut-être pas éprouvé de satisfaction ‘lascive’ (terminologie d’Erich Fromm) à laisser Julie et Mélissa mourir de faim, on peut aussi tuer par indifférence ou par négligence homicide. Donc par ‘absence d’émotion’ ou de ce qu’on appelle en psychologie absence d’« empathie ». On dit d’ailleurs souvent des serial killers que c’est là une de leur caractéristiques principales, cette absence de toute empathie pour autrui, cette absence de tout sentiment humain vis-à-vis de leurs victimes et des souffrances réelles, physiques ou psychiques qu’ils leur font endurer.

 

Mais Erich Fromm, qui a fait un travail d’étude considérable sur la thématique de l’agressivité ‘naturelle’ chez l’être humain, n’a malheureusement jamais eu l’occasion de passer par Marcinelle et de voir ce que des gens qui ne sont pas des monstres ont été capables de faire « près de chez nous ».

 

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J’ai lu que le gouvernement veut que les administrations publiques engagent au moins 3 % de handicapés !  Mais, ils sont fous dans ce gouvernement ! Ce qu’il faudrait dans les administrations publiques et autres ministères, ce serait au moins 30 % de personnes normales et surtout aux niveaux supérieurs – les décideurs – de l’administration !  J’ai travaillé 22 ans dans une administration et j’y ai rencontré des cinglés, des arrivistes, des nombrilistes, des paranoïaques, des borderlines, des donjuans, des gens qui n’excellaient ni du point de vue professionnel, humain, social ou culturel.  J’ai connu des niveaux un gagnant plus que moi qui n’en fichaient pas une et on leur foutait la paix.  Pas question de les mettre à la porte ces fainéants.  Souvent même, syndicalistes, ils étaient protégés.  L’administration est le repaire, surtout aux niveaux les plus élevés, des incompétents, des inaptes, de gens qui ne feraient pas une semaine dans une société commerciale normale.  On les aime tellement ces incompétents grandiloquents qui se vendent bien qu’ils accèdent facilement aux grades encore plus élevés, de dirigeants, directeurs, etc.  Et, quand on réfléchit au fait que ce sont essentiellement des gens d’administrations et des avocats – guère doués du point de vue de l’imaginaire, croyez-en mon expérience de rescapé de ce goulag - qui font partie de cabinets ministériels et que ce sont eux qui pondent nos lois avant qu’elles ne soient entérinées par les pousse-papiers de députés fainéants…

 

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J’ai lu quelque part que Saint-Petersbourg (nouveau cru, pas le bastion du marxisme-léninisme à la Di Rupo) avait interdit les manifs de gays.  C’est vrai que voir tous ces corps affriolants nus, portant jeans, tops ou shorts serrés,, afin de bien mettre en valeur les bijoux familiaux (du bas ou du haut suivant le sexe), ça fait pas très réglementaire dans la Russie postcommuniste de Poutine qui ressemble à s’y méprendre à l’URSS d’antan pré-Poutine. 

 

Mais, étant allé plusieurs fois dans des pays baltes, où j’ai pu y voir se comporter et côtoyer des touristes venus de la lointaine Russie raspoutienne (Raspoutine veut, au fond, dire ‘une fois Poutine’), j’ai remarqué l’une ou l’autre chose.  Souvent les couples - hétérosexuels il va de soi -, arboraient de superbes nanas dignes de figurer dans des revues féminines d’un côté (le meilleur d’un point de vue photogénique), et accolés à ces superbes nanas, en général, on voyait des brutes, grosses têtes rondes maffieuses, corps sans grâce, air de sans-neurones, stupidité dégoulinant à longs traits de ces visages de moujiks à peine sortis de leur province natale.  J’espère, d’un point de vue purement esthétique, que si jamais les gays pourront un jour défiler ouvertement à Saint-Pétersbourg ou Moscou, que les exemplaires qui seront occupés à danser lascivement et à avoir du fun public sur les chariots de cortège auront meilleure mine que toutes ces têtes à claque(s) que j’ai déjà vues à Tallinn, Riga ou Vilnius.  Par contre, ces dames, j’en ferais volontiers mon quatre heures comme disait un de mes copains; à mon sens elles doivent pas avoir grand-chose à l’étage, mais par contre, d’un point de vue corporel, elles supplantent amplement les Flamouches du nord de mon pays natal tant aimé.

 

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J’ai lu récemment une déclaration d’un comique français, Bigard, qui affirmait qu’aux States, ils n’avaient qu’un seul mot d’argot (fuck) qu’ils répétaient tout le temps, mais qu’en France, on avait à sa disposition toute une panoplie d’expressions argotiques savoureuses.  Cocorico la France !

 

Ce comique, qui ne me semble pas avoir lu Charles Bukowski,  James Baldwin, Hubert Selby Jr., dans le texte, ni jamais voir écouté la vraie musique noire contestataire (ne parlons pas du rap qui est plutôt primaire du point de vue de la recherche linguistique) genre Psychedelic ou d’autres groupes off qu’on ne passerait pas à Classic 21, semble aussi avoir oublié que pour que des neurones fassent leur job convenablement, il faut des neurotransmetteurs, soit des idées, souvenirs, points de comparaison dans la mémoire à long terme, mots de vocabulaire stockés dans la même mémoire, pour faire en sorte que le jus circule bien entre les neurones via les synapses et que se forment ainsi des opinions qui ne sont pas à l’emporte-pièce mais qui fassent état d’un certain degré de connaissance culturelle.  Voilà, le gros mot est lâché, culture, apparaîtra bientôt Goebbels et son Luger !

 

Je ne vais pas faire étalage de l’argot américain (ou britannique qui diffère pour certaines expressions savoureuses), mais quand on maîtrise une langue, il va de soi que l’argot fait partie de la nécessaire maîtrise et il va de soi que la capacité à comprendre une langue dans sa totalité va de pair avec la compréhension de l’argot spécifique, souvent savoureux.  Je me souviens quand j’ai commencé à lire en anglais, vers 1960, il y avait des mots d’argot qui n’étaient pas écrits en entier, comme fuck par exemple qu’on écrivait f..f, fug ou à l’aide d’autres approximations sonores.  Maintenant, un enfant de 6 ans qui sait lire peut compulser n’importe quel mot d’argot au dictionnaire et à 8 ans, via Google, il aura bien plus de vocabulaire argotique que notre comique française aux gros biceps…mais à la très faible compréhension linguistique…

                                                                      

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Je viens de lire que des économistes mondiaux prévoient encore une crise qui pourrait durer 5 voire 10 ans.  Comme ils avaient déjà été incapables de prévoir la crise des subprimes en 2007, le crash de Lehman Brothers en 2008 et la déconfiture de grosses banques un peu partout dans le monde, puis les crises successives : économique, de croissance, des dettes publiques, de l’euro, de l’Irlande, du Portugal, de la Grèce et enfin de l’Espagne, on peut être sûr qu’ils auront raison cette fois.  J’ai lu aussi que près de 25 restaurants cotés dans le Gault et Millaut on déposé leur bilan rien que cette année en Belgique.  Les patrons disent que si on introduit chez eux également la caisse qui enregistrerait (et conserverait) toutes les transactions - hormis celles cash je suppose-, on pousserait à la faillite la plupart de ces restaurants cotés.  Je suis perplexe, que doivent en penser nos autorités marxistes-léninistes d’Ohain et de Mons ?  Vont-elles réagir et prendre les mesures adéquates pour que ces contre-révolutionnaires se mettent dans le rang et paient enfin leurs impôts, comme cela, grâce aux émoluments que percevront des politiciens de crin marxiste-léniniste dans nombre d’entreprises publiques dont la vocation ne réside que dans le paiement d’émoluments pour des marxistes-léninistes purs et durs, on aurait réalisé le grand rêve socialiste : Le Progrès !  (de qui ? question à un euro).

 

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J’ai lu que le Premier Ministre Di Rupo a présenté les excuses de la Belgique pour la participation à la mise à mort des Juifs (Shoah).  Et ici je parle sérieusement.  Je suis pro-israélien, sensible à l’Holocauste et au sort subi par les Juifs, j’ai écrit pas mal de chose à ce sujet, mais je pense qu’il est faux de dire que la Belgique – en tant qu’État – a une part de responsabilité dans la Shoah.  Premièrement, le pays a été occupé par l’armée allemande et mis sous tutelle militaire.  C’étaient les militaires qui dirigeaient la Belgique du temps de la guerre.  Le gouvernement avait fui à Londres, le Roi était resté en Belgique mais comme il ‘règne mais ne gouverne pas’, il ne représentait pas l’autorité belge.  Sans parlement légal, il ne pouvait y avoir ni lois ni arrêtés royaux ni arrêtés d’exécution valables légalement.  Seule l’administration restée en place pouvait gérer les affaires sous les ordres directs de la tutelle militaire boche.  Il est connu que la police d’Anvers ainsi que leur bourgmestre ont collaboré à la traque des Juifs.  À Bruxelles, cela n’a pas été le cas et certains secrétaires généraux (dirigeants des ministères) ont refusé d’appliquer des mesures anti-juives.

 

Le cas de la Belgique (tout comme celui de la Hollande) n’est pas similaire à celui de la France.  En France, il y avait un gouvernement français (celui de Pétain) en place qui a collaboré à la traque des Juifs, tout comme la police (cf. le film sur le Vel d’Hiv et le livre).

 

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Bientôt on va voter.  Je vois partout des affiches bleues dans ma commune, de la liste du Bourgmestre.  J’admire ces vaillants valets qui acceptent de faire figure de figurants ou de sous-sous-fifres sur une liste d’un Grand Homme Gérant une Administration Communale.  Ma commune et les communes environnantes de mon Brabant wallon, sentent bon la fleur bleue, celle qui anime la fougue de Quickske, celle qui trouve que Di Rupo est un affreux marxiste.  J’ai un voisin que j’aime bien, il a collé la photo de l’épouse candidate de son médecin traitant sur une vitre de la maison et à l’arrière de sa voiture.  Dans la prairie devant chez nous, on y voit trôner les tronches bleues du parti bleu de ma commune bleue.  Je me croirais presque dans Le Meilleur des Mondes.  Quant à mon propre médecin traitant, il a lui aussi apposé la photo de son épouse candidate dans sa propriété menant à son cabinet (elle figure sur une liste alternative à celle du Bourgmestre.  ‘Alternative’ entre guillemets car qu’est-ce que l’alternance dans le domaine local où déjà tout est si bleu qu’il ne faudrait même pas voter

 

 Chez nous en Walloland, il n’y a pas d’enjeux, l’enjeu, ce sera pour Anvers où Bart risque de faire un score  proportionnel au poids en kilos qu’il a perdu. Ou à Alost où on prédit que la N-VA aura la place de bourgmestre.  Ou à Gand où le vaillant Siegfried Bracke (dont la moustache rappelle le caporal bien connu) se bat pour accéder à la place tant désirée de Premier sinon à Rome du moins dans un village proche de Rome.  Je trouve que depuis que Bartje affiche une maigreur d’ascète en quête de nirvana, il paraît avoir vieilli.  Son front est méchamment ridé et il a parfois l’air hagard.  Il a, au fond, du point de vue économique, les mêmes idées que Quickske et consorts (j’éprouve des scrupules à parler d’’idées’ pour Quickske, ce mot me paraît trop fort pour les énonciations aussi plates qu’un EEC de zombie qu’il a l’habitude de régurgiter dès qu’une caméra se pointe à l’horizon de sa télécommunication nombriliste) et que les apôtres de la Vie Économique Flamande Florissante.

 

Ce que ces ‘bleus’ n’ont pas compris, c’est que même sans être adepte de Marx, il faut tout de même reconnaître que le capitalisme sauvage et ultra-libéral a vécu.  Il mène une bonne partie des familles à la misère sociale, il conduit à ce que de plus en plus de gens fouillent les poubelles, spectacle qu’on retrouve dans toutes les capitales d’Europe, du Nord au Sud.

 

N’y a-t-il aucune alternative économique entre le marxisme pur et dur (cf. Ohain et Mons) et le capitalisme pur et dur (cf. Quickske, Bart, patrons flamands mais leur pendant wallon ne vaut pas mieux question idéologie rétrograde) ?  Et où n’interviendraient pas les Ayatollahs du Grand Changement Planétaire que sont les Écolos ?

 

Peut-être demander à Bigard ?  Ou à une poupée russe ?  Pourquoi pas à Poutine ?

18:07 Écrit par ro-bin | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : di rupo, m. martin. |  Facebook |

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