01/05/2017

ARABIE SAOUDITE ET ÉTAT ISLAMIQUE, MÊME COMBAT RELIGIEUX

ARABIE SAOUDITE ET EI, MÊME COMBAT RELIGIEUX

 

Notre monde audiovisuel belge s’est récemment ému de l’admission de l’Arabie Saoudite dans la Commission de l’ONU traitant de la condition des femmes. D’autant plus qu’il est apparu que la Belgique a voté en faveur de cette admission.

 

Certains reporters ou journalistes aux ondes neuronales d’investigation hypométropes ont tout de suite parlé de discrimination existant au Royaume saoudien puisque la femme ne pouvait dans les faits ni conduire une voiture ni ouvrir un compte en banque à son seul nom.

 

Balivernes tout cela! Peanuts!

 

La loi religieuse, la seule loi légale en Arabie Saoudite, est fondée sur l’application stricte, intégrale – et, à notre sens inhumaine - de la Shar’ia. Quelques exemples de peines et punitions légales d’application en Arabie Saoudite, et sans discrimination aucune de sexe: le blasphème, l’apostasie, l’homosexualité et l’adultère sont punis de la peine de mort. Une finesse de la loi en Arabie Saoudite c’est que l’adultère est lui punissable par la mort par lapidation. Pour les jeunes des banlieues ou de Molenbeek qui assimileraient la lapidation aux jets de pierres par des Palestiniens sur des soldats, civils ou véhicules israéliens, ou d’autre part pour les jeunes catholiques qui jugeraient que «celui qui n’a jamais péché jette la première pierre», la lapidation consiste en l’enterrement d’un corps dans le sol avec le haut du torse et la tête dépassant de la surface, les cibles physiques, ensuite en des jets de pierres jusqu’à ce que mort s’ensuive. Une manière de tuer typique du Moyen-âge.

 

Si on examine une liste des peines et châtiments qu’applique l’Arabie Saoudite {source l’OBS, sur Internet}, on voit mais vraiment sans sentiment de stupéfaction ou de véritable surprise intellectuelle pour qui sait un peu ce qui se passe loin de chez nous, qu’il y a identité absolue entre les peines qu’applique l’Arabie Saoudite pour certains "crimes" et celles qu’applique l’État islamique.

 

Étonnant?

 

Non à vrai dire, la Shar’ia est le socle religieux sur lequel est fondé l’application des peines. Disons que la différence majeure entre ces deux théocraties, c’est qu’en Arabie Saoudite toute peine sera arrêtée par un tribunal, tandis qu’au sein de l’État islamique, outre des tribunaux qui ne sont fondés sur aucune légitimité d’état reconnu par ses pairs, il y a l’arbitraire qui joue un rôle prépondérant, les viols collectifs, la mise en esclavage de jeunes filles forcées à avoir des rapports sexuels non-consentants avec des membres de l’EI, les vols, les meurtres, les rapines. Mais rappelons que la dernière condamnation de mort par lapidation qui fit du bruit en Arabie Saoudite remonte à 2015, l’une des coupables ayant été une jeune fille du Sri Lanka. Donc, à l’heure actuelle, même si on n’a plus fait de publicité de morts par lapidation {sait-on en réalité ce qui se passe loin des flashes de caméras de télévision ou de regards de reporters ?}, cette peine est toujours reprise au code religieux qu’est la Shar’ia et reste théoriquement d’application en Arabie Saoudite. Nouveau membre d’une commission de l’ONU sur la condition de la femme!?

 

Dans un post du 10 juillet 2017, le Huffingtonpost a rapporté à propos de l’ingérence militaire de l’Arabie Saoudite dans le conflit au Yémen qui oppose les Houthis {Chi’ites} au gouvernement, que «le Comité sur les Droits des Enfants {de l’ONU} a condamné les frappes aériennes au Yémen de la coalition dirigée par l’Arabie saoudite qui ont mutilé et tué des centaines d’enfants, et son utilisation de la "famine" en tant que tactique pour sa guerre contre les Houthis soutenus par l’Iran.» Et, pour ceux qui ne comprendraient pas, rappelons {information personnelle, culture générale} que l’Arabie Saoudite a dans un premier temps soutenu l’État islamique puisqu’il y avait identité idéologique absolue entre les buts que cherche à atteindre ce pays pétrolier {l’hégémonie mondiale par l’instauration de la Shar’ia y compris dans les pays occidentaux à fortes minorités musulmanes et via la dissémination d’idées et d’idéologie fondée sur le wahhabisme} et celui que poursuit l’État islamique. Il y a aussi une communauté de lutte idéologique liée au schisme religieux qui oppose Chi’ites et Sunnites, le Royaume saoudien tout comme l’EI étant à majorité et autocratie religieuses sunnites.

 

Puisqu’on parle de l’ONU, il est intéressant d’épingler la réponse que fit Bandar Bin Mohammed Al-Aiban, président de la Commission saoudienne des droits de l’homme au comité onusien qui avait critiqué son propre pays; il dit en substance que «la sharia, la loi islamique, est au-dessus de toutes les lois et traités, incluant la Convention sur les droits de l’Enfant.» {infos : Huffingtonpost, post du 10 juillet 2016}.

 

N’est-ce pas beau? Lumineux? Transcendant?

 

C’est pour l’admission de ce pays, partenaire idéologique de l’État islamique même s’il le combat actuellement pour des questions de schisme religieux interne, qu’a voté la Belgique.

 

Le Ministre Reynders est le ministre des Affaires étrangères et de la diplomatie fédérale. Que notre pays se soit couvert de honte, qu’il déclare qu’il n’était pas au courant, qu’il ne soit pas intervenu personnellement dans cette affaire, ne change rien au fait que Reynders devrait dégager au plus vite. En vertu d’un principe simple mais rarement appliqué dans notre royaume bananier: un ministre ou secrétaire d’état n’est pas personnellement responsable des fautes graves commises mais il l’est sur le plan politique et doit en tirer les conséquences. Si une faute grave a été commise, l’éthique mais aussi le sens commun, exigent qu’il démissionne.

 

Mais peut-être après tout a-t-on jugé dans les cénacles de diplomates et au sein des autocraties de membres de cabinets que nul organe fédéral ne contrôle ou jugule, que la mise à mort, inscrite dans la loi islamique de l’état en question, des femmes qui seraient reconnues coupables en Arabie Saoudite de crimes d’apostasie, de blasphème, d’homosexualité ou d’adultère, ne constitue nullement une pierre d’achoppement moral suffisante pour refuser l’admission d’un tel état - aux mœurs médiévales - au sein d’une Commission de l’ONU.

 

En Belgique, on n’a pas de pétrole, mais on a des idées.

 

En Arabie Saoudite, on a du pétrole – donc de l’influence économique - et la Shar’ia.  Inch Allah!

23/03/2016

Ce n'est pas l'Islam qui nous combat, ce sont des crétins

Ce n’est pas l’Islam qui nous combat, ce sont des crétins

 

Certains – simplistes – pensent que c’est l’Islam qui s’attaque à nos valeurs, tue des enfants, adultes, vieux, hommes et femmes sans distinction.

 

C’est faux.

 

L’Islam est le faux habit dont se drapent ces crétins qui n’ont qu’une idée fixe : combattre les impies, les mécréants, les kafirs, les croisés {cf. la revendication d’hier de Daesh}.

 

Crétins ?

 

Oui. Nous avons connu, dans ce qu’il y a de meilleur de notre passé civilisé, des hommes et des femmes qui eurent des idées fixes : Gandhi, Martin Luther King, Mandela, Mère Theresa, plus près de nous Malala Yousafzaï. Ces idées fixes, qui n’excluaient nullement la présence d’autres idées, furent des moteurs, des vecteurs, des moyens, qui firent agir ces femmes et hommes d’exception, pour le bien de l’humanité, de populations, dont ils ou elles souhaitaient améliorer le sort. L’histoire a retenu leurs noms et les honore encore maintenant. Ce furent des géants dont l’ego se mit au service de l’humanité, des autres. Il y a d’autres formes d’héroïsme désintéressé, par exemple pensons aux médecins et infirmières de Médecins sans Frontières et de toutes ces ONG humanitaires qui œuvrent pour le bien de populations parmi les plus défavorisées, spoliées, meurtries par tant de conflits et de maladies endémiques.

 

Dans ces massacres d’hier en Belgique, ceux, nombreux en Turquie, ceux récents et de jadis à Paris {rappelons-nous ceux dans le métro et de la rue des Rosiers…}, ceux d’encore plus loin à Londres, Madrid, New York, qu’a-t-on vu? Des robots conditionnés par des tireurs de fil habiles, des exécutants lâches car ils se sont attaqués à des personnes sans défense. Petites frappes converties à un Islam radical voire intellectuels {notamment ceux des attentats du 11 septembre dont certains avaient fait des études supérieures}, qui succombent à la passion d’une seule idée : anéantir tous ceux qui ne pensent pas comme eux, soit anéantir au fond 99,99999999999999999999999999 % de la population mondiale.

 

Ce ne sont pas là des Don Quichotte, ou des redresseurs de torts. Ils font preuve du même crétinisme idéologique qui a animé jadis les membres de Baader-Meinhof, des Brigades Rouges {et là aussi, on y trouvait parfois des intellectuels}, ceux des CCC ou Action Directe. Ce ne sont pas là des soldats d’une armée. Ce sont des criminels, des lâches, des losers, des laissés pour compte, des abrutis sur le plan mental, des crétins, dont l’ego se gonfle par le pouvoir que des armes, des explosifs et le fait de tuer n’importe qui n’importe où à n’importe quel moment, leur donne, Comme si ce fait de tuer des gens souvent désarmés, en leur pouvoir, était la seule jouissance humaine dont ils fussent capables.

 

Jadis, on retrouvait ce type d’hommes et de femmes au café, piliers ridicules, à vitupérer contre tous et tout, ou dans des asiles d’aliénés où, en toute sérénité, ils pouvaient gueuler contre tout ce qui à leur sens ne marchait dans notre monde et dans leur vie. Ces crétins nous faisaient pitié, mais leur violence était uniquement verbale, celle du lâche fort en gueule.

 

Maintenant, grâce à internet, ces mêmes crétins ont accès à tout et peuvent à l’aise se laisser imprégner par n’importe quelle folle idée. À condition qu’elle soit simple, facile à comprendre, ne demandant pas trop d’efforts neuroniques. Et, miracle, cette idée simpliste, tuer tout ce qui ne pense pas comme eux, devient une arme non pas idéologique, mais de pouvoir. Subitement, ces crétins, ces losers, grâce à des réseaux organisés, se voient dotés d’armes et de la licence morale de tuer tous ceux qui ne sont pas de leur bord, enfants, femmes, hommes, vieillards, peu importe pourvu que le sang des mécréants coule.

 

Ce n’est pas une guerre. Ce ne sont pas de guerriers. Cessons d’utiliser ces termes qui les honorent bien trop. Ce sont des assassins, des tueurs, des lâches car ils n’oseraient jamais se mesurer à des membres de forces de l’ordre armés. Ce sont des décervelés en qui certains hommes démoniaques et habiles ont versé un poison qu’ils qualifient erronément de religion. Cette vision de l’Islam des intégristes est réductrice mais parle à ceux qui n’ont pas d’estime de soi, à ceux auxquels le miroir de la réalité ne renvoie qu’une image de ratés, de losers.

 

Gonflés ainsi par l’idée d’imposer la Charia à l’Europe, ces femmes et hommes {j’ai entendu hier Roland Jacquard, un spécialiste du terrorisme, dire à l’émission de Calvi qu’en France sur plus de 4.000 personnes réputées dangereuses, il y aurait 40 % de convertis, 30 % de femmes !} tuent, massacrent, sans pitié, sans humanité en eux, aveuglés par des chamans, des charlatans prétendument croyants qui les aiguillonnent et les poussent à l’odieux, à l’impensable, à tout ce qui est contraire à l’esprit et à la lettre de l’Islam qui a toujours professé de l’estime pour le christianisme et les apports du judaïsme {n’oublions pas que certaines figures antiques, tel Abraham, sont communes à l’Islam et au judaïsme}.

 

Mais, quand ils sont capturés, ces courageux djihadistes sont bien contents de se payer des avocats huppés et chers. Ils sont tout heureux de pouvoir disposer de tous les bienfaits d’une justice qui assure leurs droits à la défense. À ce moment-là, il n’est plus question pour eux de Charia car dans les pays où la Charia existe s’ils étaient déclarés coupables des crimes qu’ils commettent, ils seraient pendus, décapités ou tués par balles.

 

Leur attitude en tant que prisonniers montre aussi la vacuité, l’absence de toute idéologie sérieuse, l’absence de toute carrure intellectuelle et/ou mentale de ces crétins.

 

Des soldats, des combattants ? Des minables, des décervelés, des crétins.

 

Pas plus. Qui méritent des peines de prison à la mesure de leurs crimes de délinquants de droit commun, de petites frappes montées en grade.

 

 

Je suis peut-être cynique, mais je savais qu’un tel drame arriverait, tôt ou tard chez nous. Qu’il était inévitable compte tenu du climat général de haine parmi ces crétins de fous de Dieu. La seule question était de savoir quand, comment, où et quel nombre de morts cela ferait. Le gouvernement et la police sont toujours une guerre en retard chez nous, car l’avenir, outre d’autres attentats possibles, ce sont d’autres formes d’attentats, voitures piégées, attaques chimiques, bombes dans des lieux de loisir, de sports, voire des écoles, sur des marchés, dans des stades.

 

Y pense-t-on ? S’y prépare-t-on ?

 

J’en doute…

17:50 Écrit par ro-bin dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

14/11/2015

LES ATTENTATS DE PARIS DU 13/11 VISENT-ILS À INSTALLER MARINE LE PEN AU POUVOIR?

ET SI L’OBJECTIF STRATÉGIQUE DES ATTENTATS SANGLANTS DE PARIS DU 13 NOVEMBRE ÉTAIT D’INSTALLER MARINE LE PEN AU POUVOIR, PAR RÉACTION ANTIMUSULMANE ?

 

Idiot ?

 

Peut-être pour nous qui avons été élevés dans la plus pure tradition libérale vouant un respect sacré aux valeurs de démocratie, de pluralité et de laïcité – dans le respect des religions établies -, pour nous qui marquons encore toujours notre respect pour ceux qui ont combattu pour la préservation de nos libertés fondamentales et qui, parfois, y ont laissé leur vie.

 

Premier constat à chaud en ce qui concerne les attentats – et sans même écouter les commentaires : (1) cibles civilEs (soft targets en anglais) choisies de telle manière pour provoquer une terreur maximale, (2) parfaite coordination des différentes actions menées quant à leur quasi-simultanéité, (3) fanatisme et discipline (jusqu’à la mort) des individus qui les ont menées, une discipline qu’on ne peut qualifier que militaire et aguerrie, (4) jusqu’auboutisme qui ne peut faire penser qu’à des intégristes radicalisés à l’extrême.

 

Actions isolées ? Non, non et non, car pour moi le but ultime est de provoquer une lame de fond telle qu’elle fera basculer une partie de l’électorat sans grandes idées démocratiques, sans grands principes de gauche ou d’égalité des races, une partie de l’électorat qui réagit de façon viscérale à ces bains de sang répétés (pensons à ceux du 7 janvier).

 

Il y a eu dans l’histoire du vingtième siècle des prises de pouvoir par des partis minoritaires, par les bolcheviques en premier lieu en 1917, les Khmers Rouges en Cambodge en 1975, le régime sud-africain ayant instauré l’apartheid. Hitler par contre fut élu au scrutin démocratique.

 

Quelle stratégie ont ces radicaux, ces fous de l’Islam ? Ils veulent instaurer la charia dans nos pays démocratiques parce qu’ils détestent cette luxure, cette soi-disant liberté qui est la nôtre, l’indépendance et l’émancipation de la femme.

 

Certains de ces hommes pensent y arriver par la force.

 

Et, comme ils sont minoritaires et qu’ils ne disposent pas des moyens militaires pour prendre le pouvoir comme une autre minorité agissante le fit en 1789, ils espèrent que par des attentats ciblés, des bains de sang – du sang d’innocentes victimes, les soft targets -, qu’à terme ils provoqueront une telle réaction, une telle révulsion, chez les électeurs français de souche blanche face à l’Islam {dont il faut le souligner la presque totale majorité soutient le pluralisme, la laïcité et la démocratie à la française ou à la belge}, que Marine Le Pen sera installée au pouvoir et peut-être même à différents niveaux de pouvoir.

 

Marine Le Pen, dont le père fut un partisan de la gégène du temps de la guerre d’Algérie, dont le père fut un partisan de la ratonnade des bicots en ces temps troubles d’Algérie française, dont le père fut proche de l’OAS, Marine Le Pen donc qui est franchement antimusulmane et prône la ligne dure, l’expulsion, la répression, Marine Le Pen au pouvoir donc qui prendrait des mesures radicales contre les Musulmans de France. Donc, ces radicaux, ces fous de Dieu, partisans de la charia et de la prise de pouvoir en France, espèrent que les masses musulmanes révoltées par une politique anti-Islam, se soulèveraient comme un bloc uni et tenteraient de renverser par la force le pouvoir établi de Le Pen et du FN. Ce qui provoquerait le chaos et favoriserait à des cellules bien organisées, orchestrées et coordonnées, de pratiquer des attentats ciblés, d’éliminer les gens de pouvoir et, ainsi, profiter d’encore plus de chaos, pour s’installer au pouvoir et proclamer la charia.

 

Ce genre d’objectifs est digne d’adolescents attardés, mais, le pire, c’est que ce sont ces hommes et femmes-là qui passent à l’acte, se font sauter au milieu d’une foule d’innocents victimes civiles, qui lâchent rafales après rafales sur des gens qui sont dans une boîte pour aller écouter un groupe de musiciens un vendredi soir, ou qui mangent dans un resto près d’un stade de football.

 

Ces attentats, sanglants, sont rationnels, ils obéissent à une stratégie bien pensée, bien coordonnée et bien exécutée. Ils mettent aussi en exergue l’échec total des services de renseignements français.

 

Ne nous leurrons pas, nous en Belgique, nous sommes aussi sur la liste et nous sommes aussi susceptibles de subir ce genre d’attaques lâches, aveugles, sanglantes, de la part d’individus armés qui ont beau jeu de tirer, ou de faire sauter leur ceinture d’explosifs, sur des civils.

 

Mais, la lâcheté a-t-elle jamais gêné les terroristes qui vivent claquemurés dans leur monde irrationnel, endoctrinés, conditionnés, tels des robots, par des gens habiles et cachés – tout aussi lâches – qui tirent les ficelles?  De loin, ne risquant jamais leur vie, car eux même si ils croient à ce paradis plein de houris, ils n’iraient jamais se faire sauter ou se faire tuer par la police, leur croyance ne va que jusqu’à un certain point, celle de la préservation de soi.

 

Hitler et Staline ne sont jamais rendus sur le front du temps de la guerre. Pol Pot était du même acabit. De même que ces dirigeants sud-africains du temps de l’apartheid. Robespierre, le sanguinaire, s’est-il battu ? Non, on laisse le menu fretin aller au combat pour des idées parfois saugrenues.

 

Mais, tel est l’homme sans qualités, qu’il se laisse embobiner par ce qu’il considère de grandes idées. L’instauration de la charia en France ou en Belgique est une de ces grandes idées, qui en fait ne vaut pas tripette, est irrationnelle et contraire aux valeurs universelles de l’homme.

 

Mais comment convaincre ces fous de l’Islam ?

 

Le faire par l’éducation et l’information est voué à l’échec.

 

Le faire par la contre-terreur comme la pratique Israël mène à stimuler le recrutement de terroristes.

 

La solution ?

 

Je n’en vois pas, aucune. Sinon d’être désormais vigilant, faire attention aux sacs ou valises abandonnés, aux voitures garées et ne payant pas de mine {l’étape suivante sera des explosions via des voitures abandonnées ou avec conducteurs à bord}, surveiller ses voisins dans le métro, le tram, le train, des gens qui par leur attitude, habits, énervement, marmonnements, pourraient être des terroristes. Et, pour ceux qui le peuvent, prier pour un monde meilleur...

 

12:22 Écrit par ro-bin dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

19/06/2015

Je m'indigne à propos de la Grèce!

Notre Premier Ministre par intérim (on sait que c’est De Wever le 1er Ministre de facto) a sifflé la fin de la récréation pour la Grèce. Y en a marre de ces Grecs à la noix, qu’ils fichent le camp, sortent de l’euro et de l’Union européenne.  Et nous fichent la paix une fois pour toutes !

 

Que pensent-ils ces Grecs ?  Que parce qu’ils ont inventé le terme ‘démocratie’, fondé les bases du théâtre, de la poésie lyrique et de la musique de type occidental, qu’ils aient droit à une quelconque voix au chapitre maintenant qu’il s’agit ni de démocratie ni de théâtre ou de poésie lyrique, ni de musique mais de GROS SOUS.  Que le peuple grec n’ait somme toute pas été à l’origine de l’énorme crise financière qui le frappe de plein fouet – ce sont les spéculateurs bancaires et les organismes de crédit internationaux qui ont joué la largesse là où, peut-être, on aurait dû être du type attentiste -, ne change rien.  C’est le peuple grec qui a payé, paie et paiera les conséquences, les pots cassés, les séquelles sociales et humaines, de la crise et de la bêtise des gouvernements précédant celui de Tsipras et de son parti Syriza.

 

Michel est un petit bourgeois élevé dans un cocoon en Brabant wallon.  Le fruit d’une élite bourgeoise et de la classe moyenne.  Il n’a sûrement jamais dû se priver de quoi que ce soit au cours de son parcours l’ayant mené au mayorat de Wavre, à la direction du parti réformateur, puis – ô joie et bonheur universel – à la Fonction de Premier Ministre par intérim d’un Royaume petit sur le plan de la géographie mais immense sur le plan de la reconnaissance mondiale.

 

Qu’il y ait eu quantité de personnes qui se sont suicidées en Grèce depuis que la Troïka (Fonds Monétaire international, Banque centrale européenne et Commission de Bruxelles) gère de facto les affaires financières de la Grèce, ne gêne certainement pas notre Michel par intérim.  Que, suite à la crise, des quartiers d’Athènes naguère chics, près de la place Syntagma, soient maintenant devenus des zones sinistrées aux rez-de-chaussée commerciaux désespérément vides, des rues peuplées de SDF, drogués, des rues où maintenant parfois règne la violence et surtout contre les gens de couleur ou immigrés de  pays qu’on n’aime pas à l’Aube Dorée, ne doit certainement pas déranger notre 1er Ministre par intérim, lui qui se déplace uniquement en voiture avec chauffeur et escorte, qui va de la voiture dans un hôtel de luxe ou de première classe, et qui ne fréquente à vrai dire que des hommes d’état ou des politiciens, des gens donc de son acabit mental (que, pardonnez-moi, je ne juge pas grandiose).  Mangeant dans les meilleurs restaurants et ne connaissant du monde externe que ce qu’une ‘élite’ (hi-hi !) de politiciens lui en dit ou ce qu’il en voit via le prisme déformant de la télévision.  Et n’oublions pas que quand notre 1er Ministre a subi une épreuve terrible récemment (une fausse couche de sa compagne), il s’est mis en congé privé durant deux jours, faisant là preuve d’empathie pour autrui (mais aussi pour sa propre douleur), lui qui a sifflé la fin de la récréation pour la Grèce, montrant par là ce manque d’empathie pour la souffrance des autres. Et, ici, je parle de la population grecque qui souffre, certaines personnes ne parvenant même plus à se soigner, aller chez le médecin, à l’hôpital ou acheter les médicaments nécessaires.

 

Il y a quelques années (au moins 2 ans) un patron de resto grec de Bruxelles nous avait dit qu’on avait déjà amputé la pension de ses parents de 200 euros, eux qui en gagnaient moins de 1.000.   Et, maintenant, le FMI a décrété qu’il faut pratiquer de nouvelles coupes sombres dans le budget des pensions.  Facile à dire pour Mme. Lagarde qui se paie un traitement plantureux à la tête du FMI.  ET qui, elle aussi va de voiture avec chauffeur dans des hôtels de luxe et des restos huppés, etc.

 

Bon, je suis d’accord, la Grèce a failli dans plusieurs domaines et c’est entièrement de sa faute

 

Elle n’a pas de cadastre des propriétés ; à un certain moment, le Fisc pensait qu’il y avait 150 piscines (taxables donc) à Athènes alors qu’il y en avait 15.000 !  D’accord, la Grèce est incapable de percevoir les impôts et surtout ceux liés aux fortunes les plus grosses ou aux entreprises faisant encore des profits car le Fisc n’a pas les moyens de le faire pour toute une série de raisons, parfois étonnamment comiques.  D’accord, quand la Grèce a reçu la liste des Grecs ayant de plantureux comptes en banque à l’étranger, cette liste est restée des mois dans un tiroir de ministre, sans qu’on bouge, et maintenant on n’a pas encore bougé sur ce plan.  D’accord, comme nous le disait le patron du resto grec il y a quelques années, la Grèce était corrompue, il fallait payer des dessous-de-table pour aller chez le médecin, se faire soigner à l’hôpital.  Il nous a raconté que dans un village, il y avait une ambulance et douze ambulanciers rémunérés !  L’administration en Grèce est pléthorique (mot d’origine grecque !), le budget de l’armée est dithyrambique (mot grec à l’origine, repris en latin), et, comme le soulignait notre Pandelis (patron de resto), à certains égards la Grèce contemporaine fait penser aux mœurs du Proche-Orient.  Désorganisation, bakchichs, dolce farniente, etc.

 

Ouais !

 

Mais, n’oublions pas deux choses essentielles :

 

  1. La participation à l’Union européenne et au mécanisme financier de l’euro n’implique pas que le pays n’ait plus droit à sa souveraineté nationale et à la détermination autonome de ses objectifs sociaux, financiers, économiques, sanitaires.

  2. Tsipras a fait valoir que l’Allemagne devrait payer des réparations pour les dommages causés par la guerre.  Il n’a pas tort sur ce plan, un historien allemand a même récemment émis l’idée que quand un accord a été conclu avec la Grèce pour de modestes réparations (quelques centaines de millions de francs belges à l’époque), la Grèce a été grugée eu égard à l’ampleur des dégâts physiques et économiques occasionnés par les Nazis, mais, également, par l’ampleur des pertes en vies humaines.

     

    Tsipras est grec, il pratique donc le pathos (mot grec, encore !), essayant d’aboutir à une espèce de catharsis (coucou, du grec !)  signifiant (merci le Petit Robert) ‘un effet de  "purgation des passions"  produit sur les spectateurs ‘une représentation dramatique’, ou, dans un second sens relatif à la psychanalyse, ‘la réaction de libération ou de liquidation d’affects longtemps refoulés dans le subconscient et responsables d’un traumatisme psychique.

     

    Épinglons encore deux choses :

    Dijsselbloem, le chef de l’Eurogroupe est un "…" (censuré), il déteste les Grecs et est tellement empli d’une suffisance néolibérale et d’ego qu’elle réduit fortement sa visibilité tous azimuts et l’expression de facultés mentales autres que des platitudes néocapitalistes. De plus, il déteste le ministre grec des Finances Varoufakis (playboy au fond comparé au petit apothicaire Dijsselbloem tout étriqué dans son costume bien taillé !), cela a immédiatement foiré entre eux sur le plan ‘humain’. On ne doit donc pas compter sur cet Hollandais obtus pour comprendre le sort des Grecs.

     

    Le sommet de lundi prochain des chefs d’état et de gouvernement ne produira pas grand-chose en termes d’aide à la Grèce ou de diminution de sa dette.  Pourquoi ?  La tendance intégriste représentée par Cameron, Merkel, Michel, Rutte, l’Espagne, le Portugal et l’Irlande (qui ont eux-mêmes subi les affres du FMI mais qui en sont sortis ou en passe de s’en sortir, ne feront aucun effort pour ce pays, ‘bien fait pour eux !’), augmentée par les voix des pays scandinaves (toujours dans la ligne dure), de la Pologne, des pays baltes et des autres pays membres de l’euro (Slovaquie, Autriche, etc.) donnera de la voix (chœur grec !) dans un ensemble touchant pour refuser tout en bloc à la Grèce, car la grosse tendance qui prévaut dans ces gouvernements c’est le libéralisme pur et dur, le libéralisme inhumain, le néocapitalisme qui s’oriente de plus en plus vers des modes américains de comportement commercial asociaux.  Les seuls qui défendront peut-être une possibilité d’accord et de compréhension des points de vue grecs seront les représentants de la France et de l’Italie, voix perdues dans le capharnaüm néolibéral, ultracapitaliste et antidémocratique sur lequel vogue la vague bleue qui tient actuellement l’Europe sous sa coupe.

     

    Et, en conclusion, je m’indigne car même si les gouvernements grecs précédents ont été fautifs dans leur gestion des crises bancaires et financières, même si ce pays fonctionne encore parfois sur un mode qu’on retrouve dans certains pays du Proche-Orient, même si Tsipras joue peut-être un jeu dangereux, ce qui compte ici, c’est le sort de la population grecque, paupérisée, réduite à un esclavage par l’Europe où prédomine l’Allemagne (que certains Grecs taxent déjà de 4e Reich), soumise à des diktats de fonds monétaires ou d’instances internationales ou européennes qui pensent en termes de bénéfices et non de vies humaines.

     

    Nous ne nous indignons pas alors que plus de 250.000 personnes sont mortes en Syrie, que près de 3 millions de réfugiés syriens vivent dans des tentes, certains depuis des années.  Les réfugiés qui arrivent par la Mer méditerranéenne ne nous dérangent absolument pas, ni leur sort.

     

    Sifflons la fin de la récréation, pour tous ces politiciens européens qui parlent le même langage thatchérien ou reaganien, démunis de facultés intellectuelles suffisantes leur permettant d’envisager de discuter d’égal à égal avec des pays souverains, d’envisager qu’il y a peut-être d’autres solutions qu’une austérité thatchérienne, incapables d’empathie pour autrui, de se mettre à la place d’autrui.  Ces chefs d’état et de gouvernement, ces petits apothicaires qui comptent leurs sous et n’ont aucune idée de ce que représentent ces mêmes sous pour les gens ordinaires de leur pays ou de pays en crise qui ne vivent nullement sur le même pied de richesse que la politique leur a apportée.

17:00 Écrit par ro-bin dans Actualité, Général | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

28/01/2015

LES 70 ANS DE LA LIBÉRATION D'AUSCHWITZ

 

Quelques remarques à l’occasion des 70 ans de la libération des camps d’Auschwitz.

 

 

 

La plupart des gens qui n’y connaissent rien croient qu’il n’y avait qu’un seul camp à Auschwitz. La cérémonie commémorative hier se déroulait à Birkenau (Oswiecim), une vaste tente ayant été dressée devant le Corps de Garde et l’entrée principale, à l’intérieur du camp.  Birkenau fut l’usine de la mort par excellence avec ses chambres à gaz et fours crématoires qui permettaient un ‘traitement’ de près de 8.000 cadavres par jour.

 

 

 

Il y eut trois camps principaux et des dizaines de sous-camps dans les environs d’Oswiecim (Auschwitz).

 

 

 

Le ‘Stammlager’ (camp de base, Auschwitz I), fut établi sur le lieu d’une ancienne caserne polonaise, là où furent gazés les premières victimes, près de 700 prisonniers soviétiques, fin 1941.  Tous les baraquements y étaient de brique et c’est à l’entrée de ce camp qu’on peut lire la fameuse inscription ‘Arbeit macht Frei’.

 

 

 

Birkenau (Auschwitz II) était une usine de destruction humaine à grande échelle, là où aboutissaient les trains de la mort, et le symbole de la mort par gazage au Zyklon B, ainsi que par l’extermination lente des détenus par la famine, la cruauté, le travail, les conditions insalubres.  Il y eut à certains moments près de 100.000 détenus à Auschwitz II.

 

 

 

Monowitz (Auschwitz III) était une usine de construction de caoutchouc synthétique – entre autres -, ce fut là que fut interné et travailla Primo Levi.  Beaucoup de firmes allemandes, certaines existant encore actuellement sous la même enseigne, employaient là des esclaves principalement juifs contre rétribution minime à la SS.

 

 

 

Beaucoup de gens ont assisté à la retransmission en direct de la cérémonie d’hier et sur Facebook les commentaires ne manquaient pas

 

 

 

Aberrant de voir que Poutine n’ait pas été officiellement invité par les autorités polonaises hôtes des commémorations (à cause de l’Ukraine et des agressions soutenues par les Russes dans la partie Est). Je viens de lire dans De Standaard d’hier que le Ministre polonais des affaires étrangères soutenait que c’étaient les Ukrainiens qui avaient libéré Auschwitz (puisque le front de l’Armée Rouge s’appelait ‘Front Ukrainien’) ou comment on récrit l’histoire. L’Union Soviétique a perdu des millions de soldats (et combien de millions de civils) pour aboutir à libérer ce camp où près de 7.000 détenus étaient encore en vie au moment de l’arrivée des troupes soviétiques, dont des centaines d’enfants souvent le sujet d’expériences pseudo-médicales par Mengele et ses assistants meurtriers.

 

 

 

D’accord je comprends ce point de vue.  Pourquoi les Rois de Hollande et de Belgique ont-ils alors été rendre hommage au Roi d’Arabie Saoudite décédé la semaine dernière alors qu’on sait très bien que ce pays soutient financièrement, religieusement et idéologiquement, les mouvements salafistes et wahhabites dans nos pays occidentaux!  Que veulent ces deux mouvements: l’instauration de la Sharia, terreau propice pour les mouvances terroristes.  Poutine n’est pas le bienvenu en Pologne et l’Arabie Saoudite est notre grand ami ou deux poids deux mesures!

 

 

 

Le Président allemand, Gauk, a prononcé un discours remarquable au Bundestag à Berlin hier, disant que ‘l’identité allemande ne se conçoit pas sans Auschwitz.’  

 

 

 

J’ai visité Auschwitz en 1982 et en 2006, j’y ai vu une chambre à gaz réaménagée et les fours crématoires, les Stehzellen (cellule où le prisonnier ne pouvait pas se tenir ni assis ni debout), la cour d’exécution, les potences, j’y ai vu les cheveux coupés de femmes conservés derrière une vitrine, les casseroles, les chaussures, les valises Les baraquements. Il faut y avoir été – et avoir lu quantité d’ouvrages à ce sujet - auparavant – pour comprendre ce que fut cette vaste entreprise industrielle de destruction d’êtres humains.

 

 

 

Car Auschwitz fut évidemment le symbole de la mise à mort industrielle de Juifs, résistants, communistes ou socialistes, témoins de Jéhovah, homosexuels, otages, Roms, prisonniers soviétiques ou toutes personnes accusées d’activités antinazies.

 

 

 

En tant que symbole, je comprends qu’on ne parle que d’Auschwitz quand on désire parler de la Shoah.  Mais ce qui m’énerve un peu – moi qui me targue d’avoir lu et vu pas mal de choses sur la Shoah et avoir visité certains des lieux de la Shoah et pas uniquement en Pologne -, c’est qu’on parle peu des 5 autres camps de la mort en Pologne: Treblinka où périrent la plupart des habitants du ghetto de Varsovie, Majdanek, Sobibor, Chelmno et Belzec.

 

 

 

La plupart des gens qui disent sans cesse ‘Auschwitz’ ignorent tout de la réalité autre qu’Auschwitz.  Par exemple, en deux jours à Riga/Lettonie, les 30 novembre et 8 décembre 1941, les Einsatzgruppen (groupes allemands de tueries mobiles en URSS) aidés de collaborateurs lettons, tuèrent près de 28.000 personnes (femmes, hommes, enfants, vieillards) du ghetto de Riga par balles après les avoir fait déshabiller.  En deux jours à peine!  33.000 près de Kiev, à Babi Yar, fin septembre 1941. Et il y eut en URSS des centaines de massacres de telle espèce et de manière identiquement barbare. À Ponary, près de Vilnius/Lituanie, on tua 100.000 personnes par balles en 3 ans, dont 70 % de Juifs (les autres étant des Soviétiques ou des partisans lituaniens).  Quand je suis allé visiter les Mémoriaux de Rumbula (Riga) et Ponary (Lituanie), il n’y avait pas d’autres visiteurs sur place que mon épouse et moi-même!  Je suis allé récemment visiter le Musée Dossin de Malines, en face de la caserne ‘Dossin’, de là où furent expédiés les quelque 26.000 Juifs de Belgique à destination d’Auschwitz, dont seul un bon millier survécut.  Là aussi, le jour de notre visite, pratiquement personne.

 

 

 

Je pense qu’il ne suffit pas, pour quelqu’un qui se dit démocrate, épris de liberté, soucieux de la préservation du souvenir des victimes de la Shoah mais aussi du nazisme, de regarder bêtement un écran et de se dire ‘oh, ce fut effroyable’.  Il faut aussi lire, regarder des documentaires sans dire ‘oh c’est trop cruel à voir!’ Voir par exemple celui projeté avant-hier sur Allemagne 1 et hier soir sur Hollande 2, intitulé ‘Night Will Fall’ et qui montre les images atroces de la libération de Bergen Belsen, le camp où mourut Anne Frank mais où les troupes britanniques eurent à s’occuper de 30.000 cadavres laissés en plein air, dans un camp où régnait le typhus.  Le titre tout à fait pertinent (La Nuit Tombera) se réfère au commentaire final du documentaire de 1945 et qui ne fut projeté pour la 1e fois que près de 40 plus tard ‘Si le monde oublie les leçons du passé, la nuit tombera.

 

 

 

Quand je suis allé à Oranienburg (un des premiers camps allemands, au nord de Berlin), j’y ai vu la cour circulaire, près de l’entrée, où des détenus étaient astreints à marcher en rond toute la journée pour essayer des paires de chaussures neuves, destinées aux soldats allemands. Cela donne une idée de ce qu’était le nazisme, ses méthodes barbares.  Où quand je suis entré dans la chambre à gaz réaménagée à Auschwitz, de 15 mètres sur 8, humide, froide, j’imaginais ces centaines de personnes nues, dans l’obscurité la plus complète, paniqués, déboussolés, et soudain ces cristaux de Zyklon B qui au contact de l’air se transformaient an gaz létal.  Il faut y avoir été pour avoir une idée de ce que fut la barbarie nazie.  Ou avoir vu cette partie de film atroce montrant ce jeune gosse éploré quelque part en URSS où sévissaient les Einsatzgruppen du Sicherheitsdienst (SS), séparé de sa mère par un SS, tentant à plusieurs reprises de la rejoindre.  Qui ne pourrait être ému à voir de telles scènes, sachant pertinemment la suite que ne montre pas les images du documentaire, sachant que juste après le SS allait sans doute lui fracasser le crâne du canon de son fusil ou en le saisissant par les pieds lui fracasser le crâne contre l’une ou l’autre bâtisse…car pour les enfants, les SS ne gaspillaient jamais des cartouches.

 

 

 

Un historien américain a écrit un livre sur une unité de police allemande ayant participé à l’Holocauste.  Et, il l’affirme clairement, ces membres d’unités de tuerie, s’ils l’avaient voulu, ils auraient pu refuser de tuer des femmes, des enfants, des hommes, des vieillards.  Ils auraient été mutés sans sanction disciplinaire.  Pratiquement aucun homme de l’unité spéciale étudiée ne fit usage de cette latitude.

 

 

 

Oui, le Président allemand Gauk a raison, l’identité allemande ne peut être imaginée sans Auschwitz, cela fait partie intégrante de l’histoire allemande moderne…et oui si notre monde oublie les leçons du passé, la nuit tombera…

 

 

 

14:03 Écrit par ro-bin dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

12/01/2015

TOUS CEUX QUI N'ÉTAIENT PAS CHARLIE...

Une impressionnante manifestation hier à Paris et dans d’autres villes françaises et à l’étranger, en l’honneur des attentats terroristes des 7 et 9 janvier 2015.  Et on a raison de fustiger de tels actes barbares.

 

Les Français ont clamé «Liberté, Égalité, Fraternité».  Beaucoup étaient «Charlie», le symbole de ces meurtres perpétrés par des fanatiques au nom d’une religion dont ils se revendiquent et qu’ils disent défendre.

 

Quand fin janvier 2002, DANIEL PEARL fut assassiné au Pakistan par une mouvance intégriste qui portait déjà le nom d’État islamique, il le fut parce qu’il était Américain, Juif et Journaliste.  Pourtant certains articles de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme lui garantissaient la vie (art. 3), la liberté de pensée, de conscience et de religion (art. 18), et à la liberté d’opinion y compris celui de chercher, de recevoir et de répandre les informations (art. 19).

 

Bizarre, pas de manifestations de masse à l’époque, pas d’écriteaux ou de slogans ‘I am Daniel Pearl’ ni en France ni en Europe à part peut-être aux States.  Quant au film ‘Un cœur invaincu’ produit par Brad Pitt et mettant en scène Angelina Jolie dans le rôle de l’épouse et veuve du journaliste, ce ne fut pas là un film qui ‘toucha le cœur’ des Français, Allemands, Belges, Britanniques.

 

On peut dire de même pour JAMES FOLEY décapité par l’EI le 19/8/2014, STEVEN SOTLOFF, décapité le 2/9/2014, HERVÉ GOUDEL, décapité en Algérie le 26/9/2014.  Victimes innocentes d’une barbarie sans nom.  Anonymes par rapport à près de 4 millions de manifestants hier.

 

Avez-vous vu des manifestations de millions de personnes aux States, en France, portant des panneaux ou affiches ‘Je suis James/Steven/Hervé’.

 

Quand la petite MALALA YOUSAFZAÏ fut la victime en octobre 2012 d’un attentat par des Talibans qui lui reprochaient d’aller à l’école (art. 26 de la Déclaration universelle des droits de l’Homme), avez-vous vu des manifestations de masse pour cette remarquable jeune fille qui reçut conjointement le Prix Nobel en 2014?  Avez-vous vu des panneaux, écriteaux, slogans ‘JE SUIS MALALA’?

 

Pendant ces journées de deuil en France, j’ai vu la photo d’une jeune Noire gisant par terre dans un pays africain, victime d’Ebola.  Sa famille avait téléphoné aux secours, aucune ambulance n’est jamais venue la chercher et elle est morte dans l’indignité, la souffrance, le dénuement psychologique, sans aide, assistance ou réconfort de personne.  Avez-vous déjà vu des manifestations de masse en France, Belgique, Allemagne, Royaume-Uni pour soutenir les victimes d’Ebola?  L’article 25 de la Déclaration universelle garantit ‘un niveau de vie suffisant pour garantir les soins médicaux’.  20.000 personnes sont déjà mortes d’Ebola et combien de bénévoles d’ONG anonymes?  Et, à ce dernier propos, je me faisais une réflexion amère: quelle est la différence entre des gens dont le métier est de faire rire et de se moquer de tout, et de tout le monde – et sont adulées pour cela, étant presque devenues des divinités nationales – et des bénévoles ou praticiens de l'art de guérir et de soigner anonymes dont le métier est d’aider et de soigner les plus démunis, au détriment parfois de sa propre vie?

 

Boko Haram vient de tuer 2.000 personnes ces dernières semaines, soit 118 fois plus qu’en France, en a-t-on parlé, cela touche-t-il tous ces cœurs de Français, de Belges, meurtris par ce qui s’est passé à Paris la semaine dernière.

 

Certains ont parlé d’atteinte à la liberté d’expression, des gens qui ne s’émeuvent pas qu’actuellement les mêmes atteintes (non mortelles certes mais assorties de prison) sont en œuvre en Turquie et en Égypte.  Quand en Russie une journaliste de renom, spécialiste de la Tchétchénie a été assassinée il y a près de 10 ans (Politkovskaïa), y a-t-il eu des manifestations de masse dans nos pays occidentaux?  Des boycotts des autorités russes pour ne pas donner suite avec suffisamment de célérité à l’enquête judiciaire biaisée dès le départ?  Et, quand deux membres des Pussy Riot ont été dans le Goulag pour des années, cela a-t-il ému qui que ce soit parmi les franges bourgeoises – et blanches - qu’on a vu manifester hier en grande majorité ?  Ce couple juif de Créteil, violemment agressé – et l’épouse violée – début décembre 2014 a-t-il ému les âmes françaises au point de les faire sortir par millions dans les rues du pays?

 

Personnellement, je trouve remarquable et extraordinaire cet incroyable élan de solidarité pour des victimes d’attentats en France.

 

Mais, parler d’Égalité, de Fraternité?

 

J’y vois d’une part de l’ethnocentrisme exacerbé; la preuve en  Belgique, ce furent surtout les francophones ou francophiles qui réagirent le plus.  Et, en France, on eut surtout affaire à une représentation symbolique et idyllique d’une revue libre mais que peu de personnes lisaient ou connaissaient au fond (33.000 lecteurs), en perte de vitesse et de capitaux et qui, à certains moments n’a pas fait dans la dentelle: je pense à ce dessin qu’on nous a ressorti d’un ‘Hitler sympa’ avec une bulle à gauche ‘eh bien les Juifs’ et à droite une bulle explicative ‘ça gaze?’, une idée de dessin d’un abyssal mauvais goût, sans respect pour les millions des Juifs et autres personnes ayant connu les affres d'un gazage plur du vrai pas pour le dessin.

 

D’autre part, dans le conscient collectif de nos peuples blancs d’Europe, certaines personnes valent plus que d’autres, c’est une constatation à connotation raciste ou non.

 

Cela illustre ce que m’avait confié un journaliste de la BRT en 1993 lors d’un voyage au Vietnam (il était notre accompagnateur de groupe).  Si deux ou trois Belges meurent à l’étranger, cela fait obligatoirement la une à la radio et à la télévision.  S’il s’agit d’étrangers, blancs, il faut au moins une dizaine pour qu’on en parle.  Et si on parle de peuples noirs, jaunes ou autres, il faut au moins une centaine voire des centaines voire des milliers de morts pour que cela fasse la une.

 

 

 

 

12:38 Écrit par ro-bin dans Actualité, Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

14/09/2014

L'ÉLOGE DE LA LAIDEUR

De temps en temps, je n’en peux plus.  Je cours m’acheter une DH car j’aime voir ce qui se fait en Belgique et de par le monde en termes de bêtise humaine.

 

Hourra!  Youpi! La DH des 13 et 14 septembre m’apprend qu’un sondage d’opinions (!?) en Belgique met Maggie De Block parmi les personnalités que les Belges - toutes langues confondues – préféreraient comme Premier Ministre.  1e en Flandres avec 25 %, 1e à Bruxelles avec 23 %, 1e en Wallonie avec 27 %.  Il y a donc plus de Wallons ou francophones qui souhaiteraient la voir à ce poste que de Flamands!

 

Aberrant!

 

Maggie De Block c’est cette femme laide, cette forme gigantesque à faciès crispé (cf. la photo dans la DH des 13 et 14/9/2014) que vous connaissez tous et toutes. Et vous ne la verrez jamais dans ces revues glamour pour femmes ou pour illustrer le bien-fondé d’un régime amaigrissant! Je me dis que s’il y a autant de personnes en Belgique qui la verraient volontiers Premier Ministre, c’est que le goût en Belgique fiche le camp, et drôlement.  Qu’est-ce que la laideur au fond? Laid est ‘Qui produit une impression désagréable en heurtant le sens esthétique, ou qui, simplement s’écarte de l’idée qu’on a de la beauté (Merci le Petit Robert!).

 

L'éloge de la laideur, youpi, Maggie au pouvoir!

 

Loin de moi l’idée qu’il faille des Apollons, des Pénélope, des Cléopâtre, des Scarlett Johansson ou des George Clooney pour représenter la Belgique au niveau international.  Loin de moi l’idée d’établir des normes esthétiques (‘conception particulière du beau’, merci le Petit Robert) pour ce qui concerne l’attribution du poste de Premier Ministre.

 

Je sais, je sais, la laideur fait partie de notre patrimoine national. Bruxelles, Liège, Charleroi, La Louvière, hormis peut-être quelques endroits plus beaux, sont des villes moches, tout comme Ostende, Hasselt.

 

Mais si on pouvait admirer certains types de beauté physique incontestable dans notre histoire ancienne (par ex. le Roi Albert Ier  et la Reine Elisabeth étaient plutôt de belles personnes), par la suite, il y a eu dans notre espèce politicienne une certaine dégénérescence.

 

Nous avons tant d’exemples de laideur artistique de personnages de toiles de peinture disséminée dans nos musées nationaux qu’il ne faut pas chercher bien loin pour trouver des associations entre certains des personnages de Breughel l’ancien, ou James Ensor (sans parler d’un peintre un rien plus éloigné mais proche de nous:  Jérôme Bosch ou en plus moderne Van Gogh) et disons des politiciens tels que Dehaene jadis, et les actuelles De Block, Turtelboom.

 

Bon, oublions la laideur, parlons charisme.  Vous vous imaginez déjà la scène?  Maggie  De Block posant pour la photo des chefs d’états et de gouvernements européens lors d’un sommet à Bruxelles, toisant tout le groupe, dépassant le pauvre Hollande et la Merkel d’une tête de bœuf, affichant cet air borné dont elle a le secret, ce sourire qui s’il n’est pas édenté fait montre d’une fatuité (satisfaction de soi-même qui s’étale d’une façon insolente – Petit Robert) que je trouve reprochable.

 

Et les interviews!  L’avez-vous déjà entendue dans sa propre langue ou en français?  C’est à désespérer des progrès que la race humaine a faits au cours de millions d’années.  De petites phrases creuses, des reparties toutes bonnes pour le café du commerce ou le stamcafé flamand.  Des phrases-slogans pour personnes au faible développement politique.

 

Évidemment, sa popularité tient au fait qu’elle a été ferme (la Nouvelle Dame de Fer!) dans son renvoi systématique des étrangers vers leur pays d’origine, des êtres humains arrivés au bout des recours possibles ou dont une administration rigide ne voulait plus.

 

Cette bonne femme a-t-elle des idées en matière de politique, a-t-elle un programme, une vision qui tienne la route?  Est-elle capable de diriger une équipe gouvernementale, de maintenir un cap une fois une déclaration gouvernementale approuvée par les instances des partis concernés et le Parlement?  Aura-t-elle l’intelligence nécessaire pour tenir tête à la N-VA dont le programme (l’agenda secret) est de faire en sorte de prouver le plus vite possible que diriger la Belgique sur le plan fédéral n’est plus possible (à cause des francophones et Wallons) et que seul le recours à la séparation de fait des entités fédérées aurait un sens, aura-t-elle l’intelligence de déjouer toutes les manœuvres dans ce sens de ce parti machiavélique?

 

Souvent déjà, la Belgique m’a exaspéré au point que je me suis fréquemment demandé ce que j’avais encore en commun avec ce pays et ses compatriotes.  Ici, j’abdique.  Outre le fait que ces personnes sondées ont exhibé un incontestable attrait pour la laideur physique – et c’est là leur droit démocratique après tout -, ce qui me frappe c’est que par ce choix, elles donneraient carte blanche à quelqu’un dont elles ignorent tout, à commencer par la pensée, le programme, la vision politiques.  Un choix tendancieux fondé sur quelques déclarations à l’emporte-pièce (sans nuances, sans profondeur, sans même que quelqu’un n’ait eu l’occasion de corriger le tir) et sur une impression superficielle.

 

Cette bonne femme a l’air décidé, elle a l’air de savoir ce qu’elle veut.  Elle en a…

 

Le problème, c’est qu’elle et son parti ne savent pas ce qu’ils veulent.  En Flandre, l’Open VLD (quel nom de parti cornichon!), a été invité in extremis à faire partie du gouvernement flamand, sauf qu’ils n’avaient plus rien à dire en ce qui concernait les choix de programme de la coalition N-VA/CD&V déjà approuvé par les instances de ces deux seuls partis.

 

On sait d’Alexander De Croo qu’il a précipité notre pays (en 2010) dans une crise sans précédent en se retirant du gouvernement pour B-H-V, soi-disant; on sait que Turtelboom a été une ministre de la justice qui n’a pas brillé par la vision qu’elle avait du renouveau de ce ministère, l’un des plus arriérés du pays.  On sait que la nouvelle dirigeante du parti – Rutten - ne brille pas par son intelligence transcendante ni par les idées qu’elle dissémine.  On sait aussi que si ce parti plutôt misogyne a laissé la place libre à cette femme presque sans expérience à sa tête, c’est pour qu’elle s’y casse les dents, et permette, à terme, de faire monter un vrai homme qui en a au créneau.  Ce parti ultralibéral mais sans vision humaniste, ce parti qui comprend tout de même quelques véritables pointures intellectuelles (De Gucht, Verhofstadt), paraît être le parti de tous les opportunismes, prêt à vendre son âme au diable pour pouvoir entrer ou rester au pouvoir.  Que le MR ait déjà vendu son âme au diable, c’est certain.  Ils sont du même acabit que l’Open VLD, il suffit d’entendre le président Charles Michel parler pour savoir ce que produire du vent veut dire (même si j’admets que Reynders ait une carrure intellectuelle un tant soit peu plus conséquente).  Mon épouse dit toujours de Charles Michel en le voyant à la télé qu’on dirait un enfant qui vient de recevoir un jouet et qui en est tout réjoui et fier.  Même chose pour Rutten d’ailleurs, elle a toujours cet air réjoui de quelqu’un à qui on vient de donner une babelutte.

 

Pour Maggie, je crois qu’une babelutte ne la dériderait pas. Quand elle rit, ce qui lui arrive j’en conviens, elle a cet air qui sent bon l’atmosphère breughelienne, son rire est tout imprégné de cette Flandre profonde aux racines historiques décidément paysannes. Il est à proprement parler gargantuesque. J’imagine déjà ce rire lors d’une entrevue de la Première Dame du Royaume de Belgique avec disons le Président Obama, un homme racé, de distinction, de classe.  Par contre, je l’imagine volontiers donnant un bisou à Poutine, l’écrasant de tout son poids, histoire de faire comprendre à ce nouveau dictateur des temps modernes ce qu’être oppressé veut dire. Ou bisoutant la Merkel, qui disparaîtrait comme un frêle Jonas bouffé par la baleine.

 

Oh, vous me direz, mais ro-bin, tu exagères, comme souvent, elle est médecin après tout!   Ce qui n’est pas rien.  C’est long et compliqué les études de médecine.

 

Ouais!  OUAIS! OAUIS! OUAIS!

 

Sauf que ces gens qui la voudraient comme Premier Ministre du pays ne la veulent pas comme médecin traitant mais comme praticienne de la  politique à haut niveau s’attaquant de façon directe et expéditive aux maladies qui touchent notre pays: croissance faible voire nulle, haut taux de chômage, hauts taux d’imposition directe et indirecte des citoyens lambdas, faible taux d’imposition des entreprises, des nantis et des bénéfices sur valeurs boursières, désintérêt des investisseurs étrangers, menaces centrifuges quant à l’avenir du pays, etc.  Mais on sait aussi que pour le VLD – tout comme le MR – la volonté politique c’est qu’on serre la ceinture chez les plus démunis et qu’on évite de taxer le capital, les industriels, les patrons, les PME, de même que les professions libérales…

 

Pauvre Belgique comme disait Baudelaire dont je pourrais citer quelques vers d’un célèbre sonnet pour illustrer ce qu’il faut penser de cette image d’une Maggie De Block comme Premier Ministre du Royaume évoluant sur la scène internationale :

 

À peine les ont-ils déposés sur les planches,

Que ces rois de l’azur, maladroits et honteux,

Laissent piteusement leurs grandes ailes blanches,

Comme des avirons traîner à côté d’eux.

 

Ce voyageur ailé, comme il est gauche et veule!

Lui, naguère si beau, qu’il est comique et laid!’[A]

 

C’est comme cela que j’imaginerais notre Maggie nationale lors de réunions internationales, à côté de ses bottes car loin de ce qui fait zwanzer et rigoler en Flandre.  Une figure pathétique qui ferait sourire, rire ou qui attirerait ce type de compassion qu’attirent les handicapés sociaux.

 

Bon, soyons démocrates, si c’est là l’image de la Belgique que nombre de citoyens souhaitent, OK.  Allons-y, propulsons-la au faîte du pouvoir et on verra ce qu’elle a dans les tripes.  Quoique je n’aie jamais aimé la véritable dame de Fer (Thatcher, dont je viens de voir une très bonne version cinématographique par Meryl Streep, géniale comme souvent), je dois lui reconnaître à cette autre Maggie qu’elle au moins avait des idées, le talent et la ténacité nécessaires pour réaliser la vision qu’elle avait de l’avenir du Royaume-Uni (n’oublions toutefois pas son intransigeance lors des grèves de la fin des types de l’IRA et face au syndicat des mineurs).  J’ai toujours été en désaccord politique avec cette vision ultralibérale mais je reconnais qu’elle était une personnalité exceptionnelle et talentueuse, elle savait en plus parler, elle.

 

Chez notre Maggie nationale, je ne vois là qu’une personne médiocre sur le plan intellectuel, sans étoffe politique, sans idées, sans programme, incapable de faire un discours.  Un pion que des circonstances heureuses pour elle ont propulsé à l’avant-scène et qui s’y mouvra comme un albatros, ‘gauche et veule, comique et laid’.

 

 

 



[A]‘L’Albatros’, poème extrait des ‘Fleurs du Mal’ de Charles Baudelaire, Le Livre de Poche