20.05.2012
L'appel du gouvernement flamand aux candidats immigrés du Maroc...
Un membre éminent du gouvernement et de l’intelligentsia flamands est allé en personne au Maroc pour y présenter – en anglais et néerlandais – un document censé expliquer la manière dont les Flamands se comportent chez eux et, partant, la manière dont les éventuels immigrés d’origine marocaine devraient eux aussi se comporter en Flandres au cas où ils décideraient de venir s’y établir.
Comme les journaux – et notamment De Standaard – n’ont nullement manqué de pasticher ce document, je me permettrai d’ajouter ma modeste contribution à ce chapitre important relatif à une communication flamande officielle destinée à des candidats immigrés en provenance du Maroc…
« La Flandre est une région auto-administrée dotée d’un des revenus par tête d’habitant les plus élevés au monde. Le bien-être y est généralisé et le Gouvernement Flamand met tout en œuvre pour garantir ce bien-être généralisé et le rendre pérenne.
Vous, citoyens d’un pays certes moins riche mais qui aspirez à venir vous établir en Flandre, sachez que les mots-clés de votre éventuelle réussite sont intégration et assimilation. Pour pouvoir vous adapter à nos us et coutumes ancestraux, vous devez adopter le comportement, la manière de vivre, la personnalité, la manière de penser et de travailler des Flamands.
Et, afin de vous y aider, voici quelques conseils que vous feriez bien d’apprendre par cœur car ils constituent l’indispensable levier en vue de votre assimilation. Mieux vous serez intégrés, assimilés, parmi nous, plus vous serez à même de réaliser votre épanouissement, pour le plus grand bien de votre nouvelle Patrie de choix.
- Les Flamands sont ordonnés, ils respectent les décrets, lois, règles et règlements des autorités officielles, à quelque niveau que ce soit. Faites de même et vous n’aurez aucun ennui avec la justice ou la police, ni avec vos voisins.
- Les Flamands sont très attachés à leur langue et à leur culture. Dès le début de votre séjour en Flandre, franchissez ardemment le pas, baignez-vous dans cette langue au retentissement mondial et aux mille aspects dialectaux. Ne soyez pas timides, même si on ne vous comprend pas au début, dites-vous toujours que c’est le cas pour la moitié des habitants de la Flandre, ainsi un Anversois ne comprend pas un Limbourgeois et vice versa et personne ne comprend à vrai dire les West-Flandriens. Et, pour parfaire votre connaissance de la langue officielle – le néerlandais – délaissez vos émetteurs marocains que vous capteriez par antenne satellite, regardez la VRT ou VTM, ils ont un choix très large d’émissions culturelles qui élèveront votre niveau de connaissance de notre langue, de même que votre niveau mental et culturel.
- Les Flamands vivent le plus souvent chez eux, dans une maison ou un appartement dont ils ne sortent que pour aller travailler, faire du vélo ou des ballades à pied. Inspirez-vous de cet exemple de gens qui ont hissé leur contrée à un standard de vie inégalé dans le monde. Par conséquent, ne trainez pas dans les rues ou dans les cafés, cloitrés-vous chez vous, lisez la presse flamande et regardez les merveilles de la télévision en langue néerlandaise, vous aurez ainsi une existence bien plus riche que si vous deviez passer l’essentiel de votre temps à la rue.
- Les Flamands sont réputés travailleurs. Le travail c’est la santé pour eux. Le travail constitue pour les Flamands non pas une source de revenus, mais le but de leur existence. Et, quand nous parlons de travail, nous parlons de travailleurs qui sont payés non pas au noir comme c’est la coutume dans certains pays rétrogrades, mais qui sont déclarés à l’Office national de la sécurité sociale et qui paient des impôts via les prélèvements à la source, sur salaire ou traitement. Inspirez-vous de cet exemple, rejetez toute tentative de quiconque de vous conduire sur le noir chemin du travail au noir. Le Flamand, en règle générale, n’abuse pas du système de sécurité sociale. Il a un nombre d’enfants convenable, il n’émarge ni au chômage ni au CPAS ; dès qu’il se retrouve sans emploi, il scrute les annonces afin de pouvoir travailler à nouveau au plus vite. Et, sachez que le travail pour les Flamands, outre que c’est là le moteur essentiel de leur existence terrestre, leur apporte le confort qui découle de revenus professionnels mais sert aussi à mettre de l’argent de côté pour les enfants. La Flandre connaît ainsi un des taux d’épargne les plus élevés au monde. Faites de même !
- La cellule familiale constitue le fondement de notre vie en société. Le père est le chef de famille mais pour autant il n’en dérive pas le droit de pouvoir frapper sa femme ou ses enfants, ni de les violer, il n’a pas le droit de leur faire porter la burqa ou le tchador, les seuls signes extérieurs non laïcs autorisés en Flandre – outre le symbole nationale qu’est le Lion - sont la croix chrétienne et l’AVV-VVK qui orne la tour commémorative à Dixmude. En Flandre, les femmes peuvent sortir librement de leur domicile sans être accoutrées de vêtements les rendant non identifiables. Au contraire, les autorités de police veillent à ce que chacun soit identifiable en tous lieux et circonstances sur la voie publique, sauf quand c’est l’époque des carnavals ou fêtes citadines.
- Quand il fait beau, vous verrez que beaucoup de personnes prennent leur voiture et vont à la Côte flamande pour s’y divertir, y manger des frites, des gaufres, de la crème glacée, ou – parfois – aller nager dans la Mer flamande. Prêtez-vous aussi à ce jeu, mais sachez qu’une fois sur l’une de nos plages immaculées, vous ne pourriez ni y uriner ou déféquer (ni dans l’eau flamande), ne pas y laisser vos détritus. Conduisez-vous en toutes circonstances comme les Flamands, prenez-les en exemple.
- La Flandre est un pays dénué de toute pollution terrestre, aérienne ou culturelle. Notre gouvernement met tout en œuvre pour assurer le sol, l’air ,la culture, les plus sains au monde, à notre population. Si parfois, lors d’errances ou de promenades dans la campagne flamande, vous deviez humer l’une ou l’autre odeur qui vous rappellerait votre demeure familiale au Maroc, sachez que l’élevage de porcs constitue une des sources de revenus importante des fermiers flamands, et, partant, une source d’engrais naturels tout aussi vitale pour la survie de l’économie du pays.
- De temps en temps, vous verrez que des gens qu’on appelle « des politiciens » s’agitent, qu’ils tiennent le devant de la scène télévisée, vous les verrez tant et plus. Il s’agit d’élections. En Flandre, les élections sont libres mais obligatoires pour les citoyens inscrits sur les listes d’électeurs. Ne vous souciez pas de ce divertissement épisodique, cela ne vous concerne pas. Et, si par hasard, certaines âmes mal intentionnées devaient vous dire que vous auriez le droit de vote aux élections communales en vertu de la durée de votre séjour dans notre contrée et du paiement des impôts, ne les écoutez pas, c’est là un aspect de la vie flamande qui ne devrait pas être d’un grand intérêt pour vous.
- Si par le plus grand des hasards ou miracles vous deviez devenir acquéreur d’une voiture – tout est possible à celui qui est bien né et est travailleur - et rêveriez de vous déplacer, sachez que le gouvernement flamand met tout en œuvre pour rendre la circulation automobile la plus fluide et la plus aisée possible. Ainsi, il a été décrété au niveau du top du gouvernement que les inévitables travaux de réfection des voies publiques, ponts et chaussées, auront tous lieu en même temps et, de préférence, durant les mois d’été qui sont les mois où l’affluence automobile relative au travail est moindre. Ainsi, nous vous facilitons l’existence. Mais, comme la Flandre fait encore partie de ce pays appelé « la Belgique », méfiez-vous dès que vous quitterez en voiture les frontières de la Flandre. À Bruxelles et en Wallonie règnent d’autres mœurs, d’autres règles, parfois les règles y sont inexistantes. Lorsque vous conduirez votre véhicule sur une voie publique bruxelloise ou wallonne, soyez attentifs aux dégradations de chaussées, trous, ornières, nids de poule et autres dangers pour votre véhicule. Et, un bon conseil, n’y allez pas, vous y rencontreriez bien trop de désagréments (étrangers, haute incidence de criminalité, car-jackings et home-jackings). En plus, ces gens dans ces régions ne parlent pas le néerlandais ou refusent de le parler ou font semblant de ne pas savoir le parler. Ce sont souvent des populations d’êtres aigris, mesquins, pas du tout cosmopolites comme les Flamands, des envieux et des fainéants.
- La Flandre est une région tolérante à l’égard des étrangers qui se conduisent et se comportent comme de vrais Flamands. La Flandre ne pratique aucune discrimination à l’égard des étrangers qui sont clairs de peau, porteurs d’un nom à consonance flamande et qui sont désireux d’occuper tout emploi subalterne ou sans qualifications.
- Et, pour terminer sur une note positive, nous vous rappelons ce que sont les valeurs essentielles de votre nouvelle Patrie – la Flandre : nous prônons et défendons le droit du sol, le droit intrinsèque de parler notre propre langue dans notre région, le droit de n’y accepter que les personnes qui se comporteront comme nous, penseront comme nous, mangerons comme nous, habiteront comme nous et œuvreront et se délasseront comme nous. À ces conditions et à ces seules conditions, vous serez les bienvenus en Flandre. Soyez de vrais Flamands dès votre arrivée ici chez nous. Oubliez vos origines, vos us et coutumes, dépassés, embrassez votre nouvelle Nation et son peuple fort, courageux, fier et bien-pensant ; dès que vous vous y serez astreint, ainsi que votre nombreuse famille, vous percevrez aussitôt les bienfaits de faire partie d’une Nation prospère et qui veille à l’avenir de ses citoyens intégrés et assimilés. Bienvenus chez nous, en Flandre – Vlaanderen waar de Vlamingen thuis voelen ! »
11:45 Écrit par ro-bin | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
Facebook |
05.05.2012
L'Allemagne et les Allemands, amour ou haine ?
L’Allemagne. Les Allemands. Les Boches. Schleus. Huns. Envahisseurs de nos pays occidentaux par deux fois au cours de 26 ans, créateurs des camps de la mort et de cette manière de faire mourir les gens par l’intermédiaire d’un processus industrialisé de chambres à gaz, les champions des exécutions de masse par balle, ceux pour qui on a jadis ressorti des oubliettes un vieux terme d’hébreu qui n’était plus usité tel que ‘Shoah (hébreu :השואה)et qui signifie en fait « anéantissement », « cataclysme » ou « catastrophe ».
Dans ma jeunesse, j’avais entendu parler des cauchemars nocturnes récurrents de mon grand-père maternel qui avait combattu 4 ans du côté de l’Yser et qui avait conservé certaines séquelles après avoir été partiellement gazé ; plus tard, j’avais entendu parler des Boches par mon père, réfractaire au travail obligatoire et qui a dû vivre caché durant près de 18 mois après une évasion de prison pour refus d’aller en Allemagne comme esclave. Un de ses oncles a été décapité par les Boches parce qu’il était résistant. Pourtant, j’avais 10 ans quand je vis mon premier film allemand « Die Brücke », l’histoire de jeunes adolescents à qui on confie la défense d’un pont, des jeunes qui se battront jusqu’à la mort, pour un idéal erroné. Mais il y avait, du temps de la guerre chez les Allemands cette faculté de Kadavergehorsamkeit (obéissance cadavérique ou de cadavre) qui les poussait à obéir et obéir sans jamais se poser des questions, ce qui a eu pour résultat une résistance acharnée de leur Wehrmacht surtout contre le rouleau compresseur soviétique. Puis, après mon entrée dans une firme dont les patrons et un collègue étaient juifs, survivants de l’Holocauste (encore un de ces termes quasi bibliques resurgi du tréfonds de la mémoire collective et qui signifie en fait « sacrifice en l’honneur de Dieu », terme plutôt inapproprié pour les circonstances de ce génocide…), mon avis fut dépourvu de toute ambiguïté : je détestais les Boches et ce qu’ils représentaient.
Et, c’est justement par le travail que j’ai été amené à découvrir le visage moderne de l’Allemagne puisque mes patrons (juifs) ‘faisaient’ des affaires avec des firmes de la République fédérale allemande. Très vite il m’apparut que les Allemands étaient des commerçants avisés, flexibles, ouverts aux suggestions et que quand un contrat était signé ou formalisé, ils en respectaient scrupuleusement les conditions. Je vis aussi venir des délégations d’entreprises allemandes ou des représentants isolés, discussions auxquelles je participais parfois puisque je connaissais la langue de Goethe et de Schiller, une langue que j’aimais assez bien car quand elle n’était pas vociférée par Hitler ou Goebbels, elle sonnait bien à l’oreille. Grâce à ma connaissance de cette langue, j’avais entamé la lecture de livres en allemand, je lisais de temps à autre der Spiegel, ce qui fit que petit à petit j’acquis un bagage et une idée de ce que l’Allemagne moderne représentait en réalité. En 1972, je partis même à Berlin en voiture, je dus traverser toute la DDR (autoroutes sans paysages particuliers, comme s’il s’était agi là de routes tracées dans un grand camp de rééducation, militaires soviétiques aux gueules de cerbères aux rares stations ‘pipi’, contrôle approfondi des passeports au point frontière…). Berlin était une ville qui me plut d’emblée ; par contre, ma vision du Mur me détermina dans ma conception que le communisme à la manière de la DDR était en fait une vision un peu pareille à l’Enfer de Dante.
Par la suite, je me plongeai dans l’histoire de la Shoah, en détail, je lus beaucoup à ce sujet, dans différentes langues. Je retournai en Allemagne, en voiture en Bavière (avec visite de Dachau mais aussi des châteaux chers à Wagner), je retournai plusieurs fois à Berlin. Et, chaque fois, je dus admettre que les Allemands étaient d’une gentillesse, d’une amabilité commerciale, irréprochables. Berlin devint vite l’une de mes capitales culturelles préférées, d’autant plus après la chute du Mur de Berlin quand on put enfin visiter la partie est de cette ville, recelant les plus beaux quartiers, bâtiments, musées, monuments.
J’ai eu la chance de loger au Hilton du Gendarmenmarkt à Berlin ; lorsque nous prenions le petit-déjeuner le matin, au travers des vitres d’où venaient déjà des rayons de soleil assez généreux, on pouvait distinguer le dôme doré d’une des plus belles églises de la ville.
Entre-temps, j’étais déjà devenu un inconditionnel de Wagner auquel je m’attachai avec une ferveur digne du plus fou des wagnériens. Et quand je parle de Wagner, je ne tiens pas compte des versions instrumentales de prologues ou extraits d’opéras, mais de scènes d’opéras chantées entières ou d’opéras dans leur intégralité. J’ai aussi assisté à une représentation d’un opéra – l’Or du Rhin - de Wagner dirigé par Barenboim à l’‘Oper unter den Linden », une salle prestigieuse. À Berlin également, j’eus la chance de découvrir les œuvres de la sculpteuse Käthe Kollwitz, dont le fils Peter mourut en 1914 en Flandres. Käthe Kollwitz, née à la fin du XIXe siècle, eut l’immense privilège de pouvoir faire des études artistiques à une époque où les femmes étaient cantonnées aux travaux domestiques. Elle épousa un médecin spécialisé dans la médecine aux pauvres et déshérités de Berlin, opta pour un art pictural et sculptural dédié à la misère et, principalement, au sort de la femme. Ses œuvres sont généralement d’un pessimisme foncier impitoyable. Nombreuses sont les ‘pietà qu’elle réalisa, ou des dessins (souvent en noirs et blancs ou sépias) dépeignant une misère ouvrière incommensurable, des révoltes de travailleurs et les séquelles sanglantes de pareilles révoltes. Au début du XXe siècle, alors qu’elle participa à un concours impérial, on lui refusa le prix (qu’elle aurait mérité d’après tous les connaisseurs neutres à l’époque) sous le prétexte qu’il ne convenait pas de distinguer une femme. Parallèlement à Kollwitz, je découvris et me mis aussi à admirer certains des peintres les mieux connus de l’époque de l’expressionnisme allemand, tels Dix, Grosz, Beckmann, ce trio représentant avec Kollwitz certains des peintres que j’admire le plus au monde. J’avais aussi lu Böll (Prix Nobel de littérature) ainsi que certains des auteurs du Gruppe 47 (dont Hans-Werner Richter), auteurs que j’appréciais car farouchement antimilitaristes. Plus tard il y eut les films de Fassbender, un monde à part dans l’univers cinématographique, un monde qui faisait penser au Berlin des cabarets, de la débauche, de la jouissance, de la fin des années 20 et du début des années 30, quand tout commença à aller de plus en plus mal sur le plan économique (et de mieux en mieux pour Hitler). Je me souviens aussi d’un film de Margarethe von Trotta « Les années de plomb » sur les séquelles de l’affaire Baader-Meinhof, superbe.
L’Allemagne contemporaine, ce fut aussi le drame de Munich aux Jeux Olympiques en 1972 où la police voulut libérer les otages israéliens et fit si bien en tirant dans le tas qu’à elle seule, cette police fit plus de dégâts que les fédayins palestiniens. Au moins, elle en tira les leçons nécessaires en créant le GSG9, l’une des meilleures forces de répression du terrorisme dans le monde. Baader-Meinhof et les deux autres générations de terroristes de la gauche urbaine qui s’en inspirèrent faillirent faire dérailler le modèle démocratique allemand.
Quel est mon avis actuel sur l’Allemagne ?
Les nazis ont perpétré les plus monstrueux crimes dans l’histoire de l’humanité moderne (égalés par ceux du communisme même si les fondements de ces crimes basés sur deux idéologies distinctes furent essentiellement différents). Quand on lit des descriptions de témoins de gazages dans des chambres à gaz (médecins collaborateurs ou embrigadés d’office par les nazis, celle que relate le commandant du camp de Birkenau, Hoess, etc.) ou des descriptions de survivants de tueries par balles effectuées par les Einsatzkommandos perpétrées dans les pays baltes, en Ukraine, Russie, Biélorussie, on réalise que cette guerre d’extermination de certaines couches de populations dans des territoires sous occupation civile et militaire allemandes a été d’une inhumanité et d’une cruauté sans égales dans l’histoire des peuples civilisés. Car, et c’est là que le bât blessait pour beaucoup d’admirateurs de la culture allemande, l’Allemagne, en 1914 ou celle de 1939 n’était pas une nation de Huns sauvages issus du fin fond de la taïga, c’était déjà – lors de l’avènement des deux guerres mondiales – une nation hautement industrialisée, une nation jouissant d’une culture qui faisait l’admiration des amateurs d’art, de littérature, de musique, dans le monde entier. Une nation qui d’un moment à l’autre bascula dans la sauvagerie (massacres de civils en Belgique dès l’été 1914, premiers envois de gaz létaux en avril 1915 à l’Yser, utilisation d’otages civils quand on avait tiré sur un soldat allemand, etc.), puis dès 1939-1941, dans l’extermination de masse de populations sélectionnées (Juifs, Tsiganes, gauchistes, handicapés, opposants, etc.).
Une nation aussi qui a payé dans sa chair (6 millions de morts, militaires et civils entre 1940-1945), dans son infrastructure, ces égarements politico-militaires. Une nation qui a aussi reconnu sa culpabilité d’État après la Deuxième guerre mondiale, qui a mis en place un système de réparations financières aux victimes de la guerre (résistants arrêtés, réfractaires, victimes de sévices ou prisonniers de ghettos ou camps de la mort. Une nation qui a mis en place un système d’enseignement obligatoire dans les lycées de l’histoire de la dérive du nazisme, avec visite obligatoire des lieux de mémoire (j’ai ainsi rencontré pas mal d’étudiants allemands qui visitaient le camp de Sachsenhausen, au nord de Berlin), discussions, expositions, participation active.
Le résultat c’est que l’Allemagne actuelle ne compte pratiquement plus de mouvements d’extrême droite représentés au Parlement (il y a un seuil obligatoire de 5 % pour être représenté au Bundestag). Ce qui différencie nettement ce pays de la France, de la Flandre, du Danemark, de la Hongrie ou de la Suède, ou du nord de l’Italie, pays à fortes poussées droitières, souvent ethnocentristes, souvent xénophobes, souvent antisémites. L’Allemagne est une parfaite démocratie, qui a tiré les leçons de l’histoire pour ce qui concerne la Shoah et l’attirance qu’exerce l’extrême droite sur l’électorat. Elle a, de plus, un mes meilleurs hebdomadaires au monde, der Spiegel, impeccable du point de vue international, excellent sur le plan de la culture et de la science avec des interviews souvent brillantes.
L’Allemagne est donc actuellement une démocratie exemplaire qui fonctionne bien. Trop bien peut-être car depuis un certain nombre d’années, la politique allemande est axée sur le bien-être des industriels allemands, une politique qui met en avant la production, l’efficience, le modèle allemand. Néanmoins, si la puissance économique extraordinaire de l’Allemagne version 2012 est bien méritée, elle s’est néanmoins faite au détriment, d’une part d’une partie non négligeable de la population allemande paupérisée par des mesures d’assainissement et de restrictions budgétaires (Hartz IV, notamment) qui a relégué à la misère des pans entiers de couches sociales, et, d’autre part, par une arrogance de comportement dans la direction des affaires de l’Union européenne qui, parfois, fait plus penser à des diktats qu’à une saine politique de dialogue. Et, le fait qu’un certain nombre de dirigeants européens actuels pratique une politique de néolibéralisme déshumanisé «à l’allemande » (France, Pays-Bas, Italie, Espagne, Portugal, Royaume-Uni, Hongrie…) a fait pousser des ailes à Angela Merkel.
Malheureusement, ces concepts d’excellence dans le travail, cette fierté du travail bien fait, cet acharnement à produire, être efficace, s’imposer par l’arme commerciale, cette hégémonie économique de facto de l’Allemagne contemporaine, ont poussé certains – du côté de la Grèce – à établir des comparaisons certes injustes entre Angela Merkel et Adolf Hitler. Et ce n’est nullement étonnant en soi. Moi qui connais parfaitement la culture allemande, sa langue, les codes de fonctionnement et d’organisation sociétale de l’Allemagne post-guerre, ce qui me frappe actuellement dans le conflit européen qui oppose les nations ‘nanties’ aux nations ‘déshéritées’, c’est cette volonté qu’exprime actuellement la Chancelière allemande d’imposer ses idées sur le plan européen, et uniquement ses idées à elle. Partant du principe que si l’Allemagne a, par la force des choses assumé un rôle d’hégémonie économico-financière dans l’Union européenne, c’est aussi elle qui contribue le plus au budget commun et une des nations qui accepte le plus d’immigrés en son espace Schengen, donc ipso facto ce devrait elle qui devrait avoir le plus de poids dans le choix des solutions pour l’Europe. Et qu’elle ait eu des laquais (Sarkozy en France, Rutte aux Pays-Bas, la Finlande et maintenant les premiers ministres espagnol et portugais) qui ne juraient plus que par cette politique de rigueur ultralibérale et antihumaniste, me fait, hélas, penser à cette maxime allemande fondée sur le ‘Ordnung muss sein !’ (il doit y avoir de l’ordre). La Grèce, ses finances, son imbroglio politico-économique, cela fait désordre, cela doit être réglé par l’imposition forcé du mode de pensée et de fonctionnement du modèle d’ordre allemand.
Il n’est donc pas étrange que les persifleurs, commentateurs politiques et comiques puissent parodier Hitler et dire qu’il y a en Allemagne et au sein de l’Union européenne présente subissant la houle allemande, un Ordre Nouveau. Économico-financier. Issu du capitalisme dur à la Reagan, à la Thatcher et que la personne à honnir est Angela. La pauvre Angela Merkel, pourtant, ne se rend pas compte de l’impression négative que son ‘forcing’ produit sur les intellectuels, les démocrates, ceux qui ont conservé un brin de mémoire historique.
J’ai d’ailleurs lu dans der Spiegel (18/2012) que le soutien dont jouit l’Angela s’effrite ; de plus en plus de voix de politiciens, d’économistes, en Europe, s’élèvent pour favoriser des plans de relance et ne plus fonder la survie de l’UE et de l’euro sur les seules restrictions budgétaires paupérisant les moins nantis des nations. Et, de ce point de vue, beaucoup de partisans d’une saine démocratie, d’une moralité dans la conduite des états, et d’un humanisme fondamental vis-à-vis des couches sociales défavorisées, dont moi, soutiennent de tout cœur François Hollande qui, pour la pauvre Angela, serait un peu pareil à une crevaison en pleine ascension du Galibier. Mais le dimanche 6 mai on vote également en Grèce et les sondages indiquent qu’il y aurait un tel fractionnement de partis, une poussée des extrêmes droite et gauche qu’une sortie de la Grèce de l’UE et de l’euro ne représente même plus une infime possibilité…autre coup dur pour Angela, si cela se produit. Mais d’une certaine manière, n’a-t-elle pas poussé les Grecs vers l’extrémisme par ses positions politico-économiques dépourvues de toute empathie, du non-respect de la souveraineté grecque, du peuple grec ?
Elle ferait tout de même bien de se méfier de l’hubris, ce terme désignant dans la Rome antique ceux qui osaient se prendre pour des divinités, la chute n’en étant que plus spectaculaire…
11:23 Écrit par ro-bin | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note |
Facebook |
15.04.2012
Les Flamands - ce que j'en pense en réalité...
C’est la grande mode maintenant dans la presse flamande, et, notamment dans ‘De Standaard’ de publier des articles d’opinion de francophone en vue, tels Deborsu, l’ancienne rédactrice en chef du Soir Delvaux, et, plus récemment l’écrivain Thomas Gunzig.
Gunzig est un écrivain que j’apprécie pour son humour, son cynisme, la variété de son imaginaire débridé. Il y a quelques semaines, il a écrit un article d’opinion dans De Standaard où il faisait état du fait que lorsqu’il était jeune et que lui et des copains se trouvaient nez à nez avec des Flamands, ils faisaient le salut hitlérien, criaient haut et fort ‘Heil Hitler’.
Outre que ce comportement était stupide, l’écrire dans un journal qui, il y a vingt ans, était connu pour son flamingantisme militant, c’était avant tout conforter les Flamingants quant à leurs préjugés en ce qui concerne Wallons et francophones. Quant au fond de ces convictions simplistes, Gunzig aurait à tout le moins pu ajouter que l’on sait maintenant qu’il y a eu autant de collabos du côté wallon que du côté flamand. Reconnaître qu’on était bête dans sa jeunesse est positif, mais ne pas corriger le tir à l’âge adulte, c’est mentir par omission.
Je me suis souvent moqué des Flamands par le passé. Il est peut-être temps de dire ce que j’en pense en réalité.
Dans ma jeunesse à Bruxelles, on n’entendait pratiquement pas parler le flamand, la mode étant au français. Les Flamands de Bruxelles avaient souffert d’un immense sentiment d’infériorité vis-à-vis des francophones qui, souvent, les considéraient comme des boerkes (patois flamand = petits paysans, de manières). Donc les ‘Flamins’ se mirent à parler le français tout le temps car ils voulaient faire partie de l’élite dominante (francophone) et se détacher de leurs racines paysannes supposées ou réelles. Dans ma jeunesse, je ne considérais pas les Flamands comme des nazis mais comme des gens de situation sociale défavorisée qui avaient pourtant réussi à se hisser à notre niveau par l’apprentissage du français. Et nous, même paupérisés ou nécessiteux, nous nous sentions bien plus riches que ces ‘pov’ Flamins.
Et c’est justement là le problème majeur qui nous confronte et oppose aux Flamands. Les Flamands revendiquent leur appartenance à la terre flamande, ils s’en sentent proches (ne dit-on pas ‘boerenverstand’ dans le langage coutumier qui veut dire ‘intelligence de fermier’). Il y a trois/quatre générations, ils vivaient dans des fermes, étaient souvent de souche modeste, rurale, paysanne (au sens noble du terme). Ils n’ont pas eu en masse des générations entières d’ouvriers, d’employés modestes comme à Liège, Charleroi (il y eut des prolétaires évidemment à Anvers, Alost, dans l’industrie métallurgique, les mines, les filatures, etc.). Et, subitement dans les années 60, les Flamands ont peu à peu acquis l’aisance car ce sont de sacrés travailleurs, courageux, entêtés (ils ont un des taux d’épargne les plus élevés au monde). Cette richesse certes méritée s’est construite alors que la Wallonie, elle, se déconstruisait petit à petit, perdant mines, fourneaux, usines, moral, sa population paupérisée sombrant dans le chômage, l’alcoolisme, l’assistanat social, etc.
La brique dans le ventre a fait en sorte que les Flamands se sont précipités sur l’immobilier, sur les biens de consommation éphémères, les biens durables et, souffrant tout de même de leur éternel sentiment d’infériorité vis-à-vis de l’ancienne élite du pays, ils se sont aussi lancés dans le bling-bling, dans ces possessions qui transforment voisins et spectateurs en figures verdâtres de jalousie et de rage impuissante (j’ai récemment vu une Rolls Royce sur le parking d’un resto à Lissewege non loin de Bruges, faisant au moins deux fois la longueur de notre voiture...)
Quand on sillonne la Flandre maintenant, par des routes provinciales voire villageoises, on ne voit que de belles et luxueuses villas, avec des pelouses millimétrées, des façades et toitures impeccables, et, devant l’entrée de garage, les deux ou trois voitures obligatoires pour toute famille qui se considère comme une famille ‘modale’. Durant les heures de travail, on y voit rarement des gens se promener dans les rues villageoises, on a l’impression que tout le monde turbine pour encore accroître la richesse régionale.
On aurait pu croire que cette abondance et ces voyages à l’étranger auraient fait des Flamands des gens cosmopolites. Détrompez-vous ! Quand on va manger en Flandre profonde et qu’on a le malheur de parler français, il n’est pas rare que des Flamouches se retournent et vous zieutent de cet air de vache regardant passer un train en toute incompréhension mentale. Il y a encore toujours dans certaines parties de la Flandre profonde cette méfiance vivace de l’étranger (j’ai eu des collègues flamandes n’ayant jamais été manger dans un resto italien ou grec !). N’oublions pas que par le passé, il y eut en Flandres plusieurs cas d’agressions d’étrangers ayant provoqué la mort de certains d’entre eux. Car extrême-droite et Flandres font parfois trop bon ménage grâce au Belang. Les journalistes de la presse écrite et présentateurs de télévision de couleur sont pratiquement inconnus dans le paysage de l’information flamande même si, par contre, les gays y ont fait leur entrée.
Une chose qui m’irrite prodigieusement chez eux, c’est ce complexe de reglementitis qui les anime. Ils doivent codifier, réglementer, prévoir, surveiller, contrôler, punir, tous les aspects de la vie urbaine ou rurale qui ne correspondent pas à leurs vues étriquées de ce que doit être une saine vie en société. J’ai lu une perle dans un journal flamand : quelque part dans une région flamande on avait sorti une réglementation locale qui interdisait « de traîner des objets encombrants sur le sol – et de causer ainsi des nuisances sonores – alors qu’ils pouvaient être portés, ainsi que de jeter des objets sur le sol, ceci aussi pour éviter les nuisances sonores ». Vous vous imaginez ? Vous avez commandé un frigo ou un congélateur, eh bien, dans certaines entités rurales des Flandres, les braves ouvriers venant vous apporter votre commande ne pourront plus (comme auparavant je présume) jeter le frigo/congélateur sur le trottoir ni le traîner ! Interdit aussi dans certaines entités du Limbourg de mettre les pieds sur un banc public ou de s’asseoir sur le dos du banc public. Et j’ai lu récemment qu’on a rédigé 1600 PV pour infractions aux mesures prises pour la conservation de l’énergie en ce qui concerne les nouveaux bâtiments ou rénovations en Flandres. De zélés contrôleurs vont zieuter chez les entrepreneurs et particuliers pour voir si les règlements écologiques sont bien observés, puis, ils sévissent ! Rentrées fiscales garanties ! Avez-vous déjà remarqué le nombre de radars en Flandres ? Effrayant.
Pourtant, en dépit de cette mentalité hyper-bourgeoise et portée sur les interdictions en tous genres, que j’exècre, de cette méfiance de l’étranger, de cette haine parfois du Wallon ou francophone, je dois dire qu’il y a chez les Flamands des points positifs qui m’ont toujours fasciné et intéressé.
Tout d’abord, leur presse de qualité (de Standaard, de Tijd, De Morgen) est d’un niveau supérieur à la presse francophone, une des raisons étant qu’hormis les problèmes linguistiques et les appartenances idéologiques propres, ces journaux accordent une part plus importante aux informations en provenance de l’étranger et, surtout au socio-économique. J’aime aussi l’humour et le courage intellectuel de ‘De Standaard’ par exemple, qui a titré récemment que Rutte, le 1er Ministre des Pays-Bas, est un homme qui n’a jamais eu une idée personnelle ou à propos de Rajoy, le nouveau 1er Ministre espagnol, qu’il représente le triomphe de la médiocrité. De Standaard, un journal précédemment flamingant à outrance et qui passe de plus en plus d’articles sur les Wallons, leurs qualités sans point de vue négatif que du contraire, et qui dit même du bien de Di Rupo, l’ayant qualifié de personnalité attachante !
La VRT produit des séries propres et quand on regarde ces séries, qu’elles soient de type amusant (De Kollega’s jadis, FC de Kampioenen, etc.), on s’aperçoit d’une chose, les Flamands se montrent tels qu’ils sont au naturel, avec leur propres accents dialectaux (souvent proches de l’anversois), ils ont de superbes acteurs et savent monter une série qui captive l’attention des gens. Pas comme la RTBF qui a financé des séries qui, quand on les regarde plus de cinq minutes, font naître des bâillements spontanés tans les scénarios en sont anémiques et les acteurs peu crédibles. Quant à Canvas (VRT 2), ils passent des reportages intéressants tous les jours et passent des films en version originale sous-titrée, un plus !
Il y a quelques années, un ami flamand m’avait prêté les DVD de ‘Duts’ (dont le scénario et la réalisation sont de Herwig Ilegems qui en interprète – brillamment – le rôle principal), une série peu connue qui n’était passée qu’une seule fois à la VRT et encore à des heures de faible écoute. Il m’avait dit que « c’est vraiment comme les gens sont en Flandre profonde ». Eh bien, au premier épisode, j’ai failli faire une crise d’asthme tellement j’étais foudroyé d’un rire inextinguible, surtout dans une scène digne d’anthologie ou un agent commercial venu chez Duts pour lui vendre une motocyclette est pris d’un besoin intestinal pressant et l’ayant satisfait s’aperçoit qu’il manque le papier toilette au W.-C…il se décide alors à explorer la cuisine à la recherche d’un objet utile dans de pareils cas…Duts, lui, étant parti répondre à un coup de sonnette et parlant à la porte d’entrée… Duts, le personnage principal, a une tête d’anthologie, l’idiot parfait, tant mentalement que dans ses actes journaliers. Pourtant, petit à petit et au-delà des aspects et scènes comiques qui abondent, on se rend compte que ce type laid, modeste, ce ‘loser’ a un immense cœur, qu’il est d’une naïveté impassable, qu’il est toujours prêt à aider les autres. Le contraire de la mentalité flamande actuelle mettant en exergue le ‘ikke, ikke, en de rest kan stikken’ (moi, moi, et le reste peut crever).
Il y a pourtant une chose que je considère grandiose chez les Flamands, ce sont les Gentse Feesten (Fêtes de Gand), en juillet. Chaque jour de beau temps, des dizaines et dizaines de milliers (un million de visiteurs et festoyeurs sur 10 jours !) de gens se pressent dans les rues du centre historique, les terrasses sont archibondées, on bouffe des hamburgers, des gaufres, des frites, de la barbe à papa, de la glace, de tous les côtés, il y a plein de podiums partout et l’atmosphère est à la joie, aux dépenses, débridées. Je me souviens d’une nuit, vers minuit, mon épouse et moi avons remonté la rue longeant la maison communale, nous avons mis près d’une demi-heure pour franchir deux cents mètres tant la foule était dense. Pis que ce que j’ai connu à Hongkong ou à Tokyo !
Et, j’ai eu la chance d’avoir une ami de longue date qui est allé habiter d’abord à Alost puis à Gand, ce qui m’a permis de découvrir les charmes d’Alost en plein été, dans le parc non loin du Delhaize et Gand sous toutes les moutures (été, hiver). Gand est une de mes villes préférées en Belgique, population jeune en majorité estudiantine, pas snob pour un sous. Par contre je déteste Anvers et les Anversois, même si je m’y rends souvent (il y a le zoo, la ville n’est pas vilaine, il y a quelques petits restos agréables…). À Anvers, il n’est pas rare de croiser des bonnes femmes en fourrure même en mai ou en juin, quant aux jeunes Anversoises, je ne les aime pas, elles sont souvent outrageusement maquillées, attifées ou habillées, sont souvent snobinardes, ressemblent à des filles de joie sans joie. On sent chez les Anversois qu’ils se considèrent comme l’élite des Flandres, et ils le font sentir vis-à-vis des autres Flamands. Parmi les comportements compassés en Flandres que je déteste autant il y a Knokke-le-Zoute où se promène une faune rare digne du Grand Guignol. J’ai lu récemment qu’une bonne femme – sans doute de bonne famille – s’était vue délester d’une bague de 120.000 euros alors qu’elle roulait à bicyclette à Knokke. Je suppose que ce voleur était partisan de cette politique progressiste qui veut que l’unité d’un pays et de ses peuples se mesure à l’aune de la répartition de la richesse !
J’ai aussi appris à apprécier la Côte, aimant beaucoup Ostende, sauf que là encore, ses habitants doivent compter parmi les plus vieux et les plus laids de Belgique. J’ai découvert la Panne récemment et là je m’y sens très bien, on n’y cause que français, les serveurs disent soixante-dix au lieu de septante…et la plage y est de toute beauté.
La culture chez les Flamands est en déclin, les talk-shows télévisés, soirées de quiz, comiques qui ne font pas rire, cuisiniers, sont devenus le lot des soirées de télévision du premier programme de la VRT (ne parlons pas de VTM, c’est une chaîne – à l’instar de RTL-TVI – pour concierges et pensionnés). Une preuve, c’est qu’ils ont toujours choisi comme ministre de leur culture des nullités sur ce plan-là. À une époque Bert Anciaux avait déclaré qu’il n’aimait pas l’opéra, uniquement le ‘kleinkunst’ (c’est-à-dire dans la pratique la chanson flamande…). L’actuelle ministre Joke (no Joke !) Schauvliege n’est pas mieux. Un jour de Standaard a pu mettre la main sur son agenda d’une semaine typique, il n’y avait pas eu une seule activité culturelle à laquelle elle avait assisté (pièce de théâtre, opéra, concert classique, etc.). Je viens de lire d’ailleurs qu’on va diminuer les subsides de certains festivals connus (Sfinkx, etc.) avec pour résultat qu’il sera plus difficile d’y faire venir chanter des groupes africains ou de musique du tiers monde. Typique mentalité flamande, le repli sur soi, l’ethnocentrisme dans toute sa hideuse beauté linguistique.
Du point de vue littéraire, il n’y a plus rien de très transcendant chez les Flamands surtout quand on pense qu’une nullité et médiocrité ambulante comme Herman Brusselmans a droit de cité à la VRT et une rubrique régulière dans ‘Humo’. Et, du point de vue cinématographique pur on n’y produit non plus rien de très transcendant, que des thrillers, des policiers et des films ressortissant au genre dit ‘léger’. Quand on pense que les Flamands ont pu penser que ‘Rundskop’ entrait en considération pour un Oscar, ou, jadis, qu’Hugo Claus aurait pu se voir décerner le Nobel ?!
Un mot sur les affinités que j’ai avec la Flandre et les Flamands. Je suis né de mère flamande, mon grand-père maternel a combattu sur le front de l’Yser durant 4 ans. J’ai donc une part de racines flamandes en moi. Et, je le dis honnêtement, la Flandre, j’aime beaucoup, j’y suis bien plus souvent qu’en Wallonie, j’aime la Flandre, dommage qu’il y ait les Flamands. Oh, certes, j’en ai rencontré de très intéressants, Jef Lambrecht, jadis journaliste à Radio 1, un guide d’Alost – communiste – lors de mon premier voyage en URSS en 1970 et aussi un couple d’Anversois cultivés lors de ce même trip. Mais, même si je connais parfaitement la langue néerlandaise, même si je lis la presse et la littérature flamandes, que je reconnais leurs Bekende Vlamingen, que je sais ce qu’on dit et ce dont on parle en Flandres, je ressens à la limite moins d’affinités avec les Flamins qu’avec les Chinois, les Français ou les Britanniques.
Comment l’expliquer ? Je m’intéresse à la culture, je suis multilingue, j’ai voyagé dans plus de 50 pays et que vois-je en Flandre ? Un repli sur soi, un égoïsme exacerbé, un refus du multiculturel, du multilinguisme, un refus du cosmopolitisme, alors que les Flamands sont naturellement plus doués sur le plan des langues et de l’accès aux cultures étrangères que les Wallons. Je vois aussi chez les Flamands que les jeunes refusent de parler un néerlandais correct inspiré du parler hollandais, ils se réfugient dans les langues et accents dialectaux, comme si c’était là un enrichissement, alors qu’en fait cela signifie un retour vers la mentalité des guildes moyenâgeuses, vers les entités villageoises, vers l’« esprit de clocher ». Et ce qui tue aussi la mentalité flamande, c’est ce matérialisme exacerbé qui les anime, cet esprit de ‘carpe diem’. Cette rage possessive. Le mois dernier, j’étais dans un restaurant chic et j’ai été effaré de voir les portions de viande qu’on y servait, entre 300-400 grammes et j’ai été encore plus effaré de voir que la plupart des clients ayant eu de telles assiettes faramineuses devant eux, avaient mangé jusqu’à la dernière bouchée de viande. Pour moi, c’est caractéristique d’un peuple qui a conservé un ancrage paysan et pour lequel le mot ‘civilisation’ n’est qu’un vernis assez superficiel.
11:33 Écrit par ro-bin | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
Facebook |
23.03.2012
Les psys à côté de la plaque, une nouvelle fois
Les psys en France se sont déchaînés avec l’affaire du tueur fou qui s’en était pris à des soldats français d’origine maghrébine et à des Juifs.
Que n’a-t-on pas entendu comme idioties, partant du nécessaire être froid, calculateur, isolé, entre 30 et 40 ans, de type blanc ou caucasien, souffrant de paranoïa, de ‘délire’, ayant accumulé une haine de la société et se vengeant de cette société en s’attaquant à des cibles ‘faibles’ (soldats vaquant à leurs activités civiles, donc non armés, enfants en bas âge, rabbin..).
Les termes implicites ou explicites de ‘fou’, ‘malade mental’, étaient très rapidement devenus incontournables. Les profileurs s’en étaient pourléché les babines, usant et abusant de cette soi-disant science inspirée des méthodes de profilage du FBI et transposée dans un continent et des types de civilisation différents. Mais, cette différence entre mentalité américaine (ayant donné naissance aux tueurs en série), et Europe avec une forte densité de populations immigrées, n’a jamais fait l’objet d’une quelconque remise en question du moule version FBI.
Mercredi dernier, alors que je mangeais le midi avec d’anciens collègues, je leur avais dit que je fustigeais ces allégations de folie collées à la va-vite par des psys qui pensent en concepts et ornières mentales pis que des camisoles de force et qui, rarement, ont le courage de sortir des sentiers battus et de tenter d’explorer du neuf dans leurs schémas de pensées fossilisés.
Qu’avais-je dit avant même de savoir que le matin même les troupes du RAID entouraient déjà la demeure de Mohamed Merah?
J’avais dit qu’à mon sens la folie n’expliquait pas tous les comportements. Je suis tout à fait d’accord pour qu’on colle l’épithète de fou à des pédophiles. Des gens qui trouvent un quelconque plaisir sexuel à abuser et utiliser des corps d’enfants – parfois en très bas âge -, sont des anormaux et on fait bien de les reléguer dans cette catégorie.
J’expliquais pourtant qu’il y avait des gens tout à fait normaux qui avaient des valeurs différentes des nôtres, qui s’accaparaient des valeurs aux antipodes de celles de citoyens respectueux de la morale traditionnelle ou religieuse, de la loi, sans nécessairement transgresser la loi.
Breivik était-il fou ? Pour moi, non ! Il s’est cru investi d’une mission d’essence quasi divine (j’appelle ces gens des ‘démiurges’), il a cru redresser les torts d’une société dans laquelle il avait grandi et vivait, une société gravement malade à son avis.
Oui, il était à côté de la plaque et tout à fait et c’est un criminel de haut ordre. Mais son cerveau, déréglé, étayé par des valeurs différentes des miennes, des nôtres, était suffisamment ‘normal’ pour lui permettre de concevoir une théorie volumineuse, de la mettre en ligne et puis de passer à l’acte en s’attaquant à ses ennemis imaginés, le gouvernement et ses suppôts, de jeunes réunis sur une île pour une espèce de jamboree socialiste. Et pour un tel homme, un ennemi peut ou doit être anéanti car il constitue un ‘danger’, une ‘cible’ ou personnifie ce que l’on hait dans cette société pourrie. Raisonnement certes éloigné de mes modes de pensées ou d’agir, mais raisonnement qui n’est pas en soi constitutif d’un esprit fou parce que, au fond, guidé par une espèce de messianisme interne du genre de celui qu’a un redresseur de torts. La différence cruciale réside dans le fait d’avoir une échelle de valeurs éloignée de la moyenne des concitoyens et de passer à l’acte : bref de devenir un tueur. Moi aussi, je considère que la société actuelle n’est pas parfaite, je trouve qu’il y a des gens un peu partout, des dirigeants qui sont nocifs pour l’humanité que nous constituons, mais mes dégoûts, mes idées, je les consigne par écrit. Tuer est pour moi contraire à mes valeurs humaines.
Si on colle l’épithète de folie à quelqu’un qui se croit investi d’une mission messianique, alors, je regrette mais vous pouvez englober dans cette catégorie le Pape Benoit XVI, Sarah Palin, Marine Le Pen, le président Sarkozy, les dirigeants et anciens dirigeants du parti Ecolo belge et des milliers d’autres idéalistes, politiciens, etc.
Avoir des idées messianiques ou dérangeantes, vouloir changer la société, ou être à côté de la plaque, n’est pas en soi anormal. Staline était fou à la fin de sa vie, Hitler aussi, c’étaient là des personnalités paranoïaques et criminelles, mais à la fin de leur vie. Tout un temps, ces deux-là ont été considérés comme normaux au point d’influencer des millions de gens tout à fait équilibrés (les familles Krupp, Thyssen, les patrons de IG-Farbenindustrie, Siemens, etc.) qui se sont ralliés à leurs idées messianiques. Car ce qui distingue l’aspect normal de l’anormal, c’est le passage à un acte que la loi interdit, sans pour autant que l’échelle des valeurs étayant cet acte puisse être qualifié de folie. Pour la bonne raison qu’il y a encore la liberté de pensées et d’expression et que penser en dehors des normes n’est pas un délit en soi.
Je m’explique.
Il semble certain maintenant que Mohamed Merah était un intégriste, salafiste, un dhihaddiste.
En d’autres mots, un fanatique persuadé du bien-fondé de ses idées. Moi qui ai le sens de l’histoire, je me souviens des kamikazes japonais, inspirés au départ par ce miracle ayant sauvé l’Empire nippon de l’invasion coréenne par un Vent Divin (kaze veut dire vent, et kami divin) et qui à l’origine choisirent de précipiter leur avion de chasse/bombardier sur des bateaux américains, au sacrifice de leur propre vie, pour la Patrie. Puis, bien vite, on créa un corps de kamikaze, certains pauvres types ayant été embrigadés sans qu’on leur demande leur avis.
Jamais n’a-t-on traité ces gens de ‘fous’, d’illuminés, jamais des psys ne sont venus a posteriori décortiquer leur mental pour expliquer le pourquoi de tels actes.
Nous avons eu notre lot de kamikazes modernes depuis l’avènement du Djihad. Même topo, même personnalité facilement embrigadée par des idées grandioses.
Sont-ils des fous ?
Certains diraient des patriotes. D’autres des terroristes. Et les deux côtés, séparant les tenants de l’application de la loi et des règles de vie en société de ceux qui prônent le droit à la lutte pour l’indépendance ou contre de supposés agresseurs, auraient raison.
Mais l’essentiel ne réside pas dans les valeurs auxquelles on croit, l’essentiel c’est de faire la différence entre le bien et le mal. Entre défendre une idée et tuer des innocents pour une idée.
Prenons l’exemple de l’avortement aux USA. Légal. Les femmes qui se font avorter ne sont pas des malades mentales. Ceux qui trouvent que l’avortement est une abomination et un meurtre ne sont pas des anormaux ni des malades mentaux. Ce sont là des opinions personnelles. Certains toutefois franchissent la frontière séparant ce qui est permis de ce qui est interdit. Il y a eu des meurtres de médecins américains pratiquant l’avortement par des gens qu’on a dit dérangés mentalement. Je ne pense pas qu’ils étaient nécessairement fous. C’étaient des criminels, certes et leurs actes odieux et condamnables, sans l’ombre d’une quelconque hésitation ou d’une quelconque argumentation les justifiant. Cependant, ces gens – âmes – sans doute influençables, faibles peut-être, se sont laissé endoctriner au point qu’elles en sont venus à penser en termes d’antagonisme : eux, c’est-à-dire les ennemis, les criminels qui tuent des enfants (fœtus, en fait), inspirés par une foi religieuse catholique – surtout – qui les encourage à pratiquer ce type de raccourcis intellectuels, et nous, les défenseurs des vraies valeurs chrétiennes. Et, insidieusement, le passage à l’acte, c’est-à-dire punir celui qui viole le 5e commandement (tu ne tueras pas, commandement étendu aux fœtus, selon une jurisprudence religieuse) apparaît non comme un acte criminel mais comme une juste rétribution divine.
Même chose pour les gays. Être gay constitue un droit et une liberté. Tout comme d’être hétéro. Les deux mondes peuvent très bien coexister de manière pacifique comme en Belgique. Sauf que certains illuminés, endoctrinés, commencent ici et là à harceler, houspiller, voire dans certains pays de souche musulmane, à tuer des gays. Ces criminels ne sont pas des fous, loin de là, mais des criminels de droit commun, égarés par des convictions religieuses qui les guident vers le passage à l’acte ‘divin’ (décider de la vie ou de la mort) contre l’ennemi supposé.
Et, dans chaque cas de figure, il faudrait peut-être s’attacher à ces perversions de lecture de textes religieux n’acceptant ni la différence ni le dialogue, poussant certaines natures facilement influençables à commettre l’irréparable, s’arrogeant le droit d’être démiurge.
Ainsi en fut-il sans doute pour Mohamed Merah inspiré par d’autres théories religieuses fallacieuses (le salafisme qui n’est pas l’Islam), ainsi en est-il de ces kamikazes ou moudjahidin qui cherchent à tuer des soldats américains ou alliés en Afghanistan. On peut gloser sur le bien-fondé de l’opposition des Talibans contre les armées d’occupation de l’Otan en Afghanistan, puisqu’il n’y a jamais eu de déclaration de guerre officielle. Un Taliban qui tue des Américains est-il un criminel dans son propre pays ? Mais là où certains actes sont nettement de nature criminelle, c’est quand des soi-disant kamikazes inspirés par l’Islam s’attaquent à des cibles vulnérables : civiles, femmes, enfants, adultes, vieillards.
Ces gens ne sont pas des fous, ce ne sont pas des ‘fous de Dieu’, ce sont des âmes vulnérables qui ont fait l’objet d’un endoctrinement exogène ou auto-formulé.
Peu importe. Ils doivent être punis, comme des criminels de droit commun.
Et, les psys feraient bien de mettre à jour leurs théories absconses et de s’intéresser à nouveau au problème de l’endoctrinement, du bourrage de crâne, plutôt que de chercher – un peu facilement – de coller l’étiquette de fou sur tout ce qui constitue un acte sortant de l’ordinaire et de leur lecture habituelle de psychiatrie..
Ne serait-il pas temps de fouiller dans ces doctrines religieuses qui encouragent le crime sous couvert de respect aveugle et total de la doctrine orthodoxe?
12:22 Écrit par ro-bin | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
Facebook |
04.03.2012
Brèves pour rire et médire
Quand je travaillais à l’administration, un jour j’ai eu un collègue plus âgé, Robert D., qui allait partir à la pension. On s’est un peu renseignés pour savoir quel type de cadeau de départ à la pension lui offrir. Puis, nous avons pensé à un livre.
Eh bien, ça n’a pas marché : il en avait déjà un !
*
Quand Dominique D. est arrivé dans notre service et plus particulièrement dans notre groupe particulier de contrôleurs externes, nous nous sommes dits qu’il était tellement bête que même nous, qui ne brillions pas par notre intelligence pénétrante, nous nous en sommes d’emblée aperçus !
*
Vous connaissez l’anecdote qu’on raconte dans l’administration au sujet des nominations de personnes à des grades de fonction plus élevés (directeur généralement) ? On choisit en général les gens dont on peut aisément se passer du point de vue du travail !
En d’autres termes, c’est ce qu’on appelle l’accession au grade supérieur fondée sur le mérite.
*
Connaissez-vous la différence entre le privé et le public ?
Simple.
Dans le privé, un employé exerce un travail sous l’autorité et la surveillance de son employeur (cf. la loi sur les contrats de travail).
Dans l’administration, un ‘agent’ doit respecter les règles du Statut et est placé sous l’autorité de sa hiérarchie.
Donc, dans le privé, on est engagé pour travailler ! Dans l’administration, il n’y a aucune obligation de travailler mais celle d’obéir. Et, quand vous vous apercevez que des collègues ou supérieurs ferment les yeux sur certaines choses…motus et bouche cousue !
*
J’ai un jour eu une collègue qui me dit qu’elle aimait beaucoup la musique. À ma question intéressée de savoir quoi, elle répondit Mozart. Et quand j’ajoutai ‘et ?’, elle resta muette. Ce n’est pas pour rien qu’un de mes collègues la traitait de « potiche ». Belle fille J. certes, mais pour la conversation ! Cela me fait penser à une lettre de lecteur que je lis un jour d’un mois de janvier, à l’issue d’une ‘année Mozart’, disant textuellement, « l’année Mozart est terminée ! On va enfin pouvoir à nouveau écouter de la musique. »
*
Une femme il faut la faire travailler sans arrêt car une femme qui ne travaille pas pense. Et ça c’est nocif car une femme qui pense fait des comparaisons !
*
Ah, l’administration. Chaque année l’administrateur général offrait un repas et une sauterie au Sheraton à Bruxelles. Lors de ma dernière apparition avant ma pension, j’avais à ma gauche mon directeur (une femme avec que je m’entendais bien) et à sa propre gauche, mon directeur général (un Flamand avec qui mon entente sans être cordiale était correcte). Ma directrice me demanda tout à coup, connaissez-vous les valeurs de l’Office ?
Il faut savoir que notre administrateur général dans cette administration ressortissant à l’une des branches de la sécurité sociale était un tyran ne supportant ni idées, ni opposition ni critique. Il avait fait pondre par ses séides de service (dont des directeurs et directrices inféodés et particulièrement zélotes) une note prônant les valeurs que les agents de l’Office devaient mettre en exergue dans l’exercice de leurs fonctions publiques. Là-dedans, j’avais trouvé une perle : la loyauté. J’avais un certain sens de l’Histoire déjà et je me souvenais du serment de loyauté des SS à l’égard d’Hitler (Führer, befiehl, wir führen aus..- Führer, ordonne et nous exécuterons).
Je répondis donc à ma directrice d’une voix plutôt forte : Oui, je connais parfaitement les valeurs de l’Office : Ein Land, ein Volk, ein Führer !
Elle fut effarée, mais seuls ceux qui sont arrivés au faîte de l’administration sont des peureux, et de quoi ont-ils peur au fond puisque mettre un fonctionnaire dehors est chose rare sinon inconnue ?
*
Un jour que j’étais en réunion à la Banque carrefour de la sécurité sociale, son administrateur général (un type réputé dur, mais talentueux, génial même du point de vue des idées novatrices) questionna un représentant d’une autre administration sur un point technique. Et, alors que le gus interrogé peinait à répondre, notre AG de la BCSS entreprit de lui dire quelle était la véritable réponse. En fait, il connaissait mieux cette matière que le soi-disant spécialiste représentant son administration !
Comme quoi, dans certains cas une nomination peut s’avérer exemplaire.
*
Mardi dernier, nous sommes allés à l’enterrement de la tante de mon épouse au cimetière de Woluwe. Nous attendions devant la fosse que l’on y mette le cercueil de la défunte. L’oncle Émile au premier rang. L’oncle Émile avait à l’occasion de la visite chez l’entrepreneur de pompes funèbres déjà réservé un emplacement pour lui-même, à côté de celui son épouse Constance. La dame des pompes funèbres expliqua donc ceci à l’oncle Émile tout juste avant la mise en terre de sa femme qu’il adorait : « vous voyez, Monsieur, c’est là que vous serez, sur votre épouse, bien sûr pas maintenant hein Monsieur ! »
*
J’ai lu récemment qu’il y avait plus d’obèses dans le monde que de dénutris (terme employé par les ONG humanitaires pour qualifier les gens ou enfants souffrant de faim au point que leurs fonctions vitales peuvent en être altérées ou causer la mort).
Je l’avais toujours dit qu’un jour on en arriverait à vaincre la famine !
*
Vous souvenez-vous du ‘Dominique, nique, nique’ de Sœur Sourire ?
Quand, maintenant, on chante ‘Dominique nique nique’, on ne pense plus à une rime un tantinet ridicule. Plutôt à un verbe à la troisième personne du singulier et quant au prénom, ce n’est pas à mon ancien collègue que cela fait penser, mais à un monsieur qui fait encore toujours les bons moments des Guignols à la suite de sa déconvenue new-yorkaise de mai dernier.
Et, quand on écoute des tubes de rap produits par des beurs de France, cette rime, elle aussi, assume, dans leurs bouches de banlieusards mis à l’écart, les vertus d’une insulte. Cette rime je l’ai aussi entendue produite par des Maghrébins à Bruxelles qui marchaient derrière une Blanche vêtue d’une mini-jupe. Dans leur bouche c’était devenu ‘Nique ta mère !’.
Comme quoi, puisque Sœur Sourire était une nonne et qu’elle a créé et rendu populaire cette fameuse rime, quand on voit quelle vie indépendante cette répétition sous forme de rime a assumée à elle seule, on peut dire que les voies du Seigneur sont vraiment impénétrables !
*
À Bruxelles récemment, dans un café près de la Bourse, je me rendis aux toilettes où je fus salué d’un agréable ‘bonjour, Monsieur’ par la dame caca de service. Cela me fit penser à d’autres toilettes, dans un restaurant à Pékin. Je m’y rendais pour satisfaire à un besoin naturel (quelle belle expression tout de même !). Il y avait là un serviteur zélé qui après que j’eus satisfait à mon besoin urologique, m’indiqua de la main les trois savons disponibles (l’évier était de pure merveille, d’une beauté et propreté sans égaux), puis quand mes mains dégoulinantes d’eau cherchèrent un quelconque essuie-main, le serviteur zélé me tendit une serviette de tissus, puis une seconde. Et, avant que je regagne la salle de restaurant où m’attendait mon épouse, il m’aspergea le haut du corps d’une eau de toilette ! Comme quoi en Chine, il n’y a pas de machines distribuant le papier pour s’essuyer les mains mais des Chinois en chair et en os.
On a toujours dit que pour le sens olfactif (développé) des Chinois, le Blanc a une odeur de mort. Peut-être, s’était-il dit le futé bonhomme – avant de m’asperger abondamment - que mon odeur de mort caractéristique dérangerait les nombreux convives chinois lorsque je regagnerais ma table.
*
Connaissez-vous les deux seules maladies professionnelles reconnues pour les militaires ?
- le tennis elbow – une affection causée chez les personnes qui ont l’habitude de répéter très souvent des gestes mécaniques semblables, comme par exemple celui de lever souvent le coude alors qu’ils sont attablés au bar d’un café et s’enfilent les Duvel pendant la pause du midi ;
- le Sida et les maladies sexuellement transmissibles – une affection causée par des techniques d’approche militaire tous terrains en caserne, base, manœuvres ou mission à l’étranger, couplée à des mesures de protection personnelle non-efficaces.
*
Connaissez-vous la différence entre les débats en France tels qu’on les connaît par exemple à l’émission ‘C dans l’air’ (sur la 5) d’Yves Calvi et nos débats dominicaux sur RTL-TVI et RTBF ?
Simple.
Yves Calvi fait appel à des spécialistes dans certains domaines. Nous, en Belgique, nous faisons appel à des politiciens. C’est-à-dire souvent à des gens qui sont licenciés en droit ou en une quelconque autre matière de cursus universitaire, qui ne sont spécialistes en rien sinon dans la production de vent et de phrases creuses.
*
L’Europe existe depuis des décennies et quand je me rends aux toilettes (j’ai un certain âge, ma prostate aussi), je suis toujours effaré de voir la variété des robinets en usage en Belgique et à l’étranger. Robinets qui vous sortent de l’eau à l’approche. Robinets qui vous arrosent les manches sans méchanceté aucune. Robinets qu’il faut tourner d’un quart de tour vers la droite ou vers la gauche ou vers le haut. Robinets qu’il faut tourner d’un mouvement rotatif vers la droite, robinets qu’on actionne grâce à une pédale au sol. Et pour finir comme je l’ai un jour connu dans un resto bruxellois, robinet qui refuse de fonctionner alors que vous avez les mains pleines de savon liquide en attente d’eau.
Les portes, c’est du pareil au même, portes qui s’ouvrent vers l’extérieur, portes qui s’ouvrent vers l’intérieur.
A Vilnius en Lituanie, pour les portes, j’ai trouvé que c’était super, toutes les portes des endroits publics s’ouvraient vers l’extérieur. Le seul problème à Vilnius c’était que les interrupteurs de toilettes et W.-C. s’allumaient de l’extérieur. Hantise alors d’être occupé à méditer – en pleine lumière - sur le problème de la constipation quand quelqu’un aurait la bonne idée d’allumer de l’extérieur, avec pour résultat de vous projeter dans une pénombre de cloaque.
15:33 Écrit par ro-bin | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
Facebook |
14.02.2012
Y en a marre de l'Union européenne et de ses dirigeants !
N’avez-vous pas de plus en plus l’impression que notre Union européenne, que cette existence économique commune à 27 pays de l’Europe, est en train de partir dans une direction que nous n’avions jamais envisagée, voulue, et que rien ne parviendra à stopper cette spirale délétère ?
L’EURO
Vous souvenez-vous des fanfares, drapeaux, feux d’artifice, discours empruntés, photos de politiciens et ministres des finances, cocoricos dans toutes les langues de la ‘zone euro’, lors du lancement de la monnaie unique ? Il y a dix ans.
L’un des arguments-clé à l’époque, c’était que l’euro allait favoriser la croissance et, partant, le bien-être communautaire. L’Europe allait décoller enfin et s’imposer rapidement comme un partenaire commercial incontournable, l’égal des plus grandes puissances commerciales : les Etats-Unis, le Japon, la Chine. L’euro allait devenir la monnaie principale dans le monde et détrôner le dollar !
Gloup ! Flop ! Remboursez !
Dix ans plus tard, plus de drapeaux, plus de feux d’artifice, plus de fanfares ni de photos sinon une longue fanfare de litanies, de soupirs et cela c’est le fait de politiciens. Ceux qui souffrent de la crise de l’euro dans leur chair, ceux-là ont le choix entre le suicide, la misère sociale, la relégation au statut de quart-mondiste ou de SDF. Pour les patrons, tout va très bien, Madame la Marquise, on s’en tire très bien, outre les émoluments plantureux, les bonus, les participations en actions au porteur, les licenciements à grande échelle, délocalisations, réductions salariales, augmentations de la durée de travail, augmentation de la prise d’effet de la pension, serrements de vis (productivité !) en tous genres, il faut reconnaître que, dans l’ensemble, les patrons des grosses et moyennes entreprises s’en sortent plutôt bien. Ceux qui triment, ce sont les patrons de PME ou les indépendants à activité concentrée sur l’une ou deux tête(s) (souvent le patron et un membre de sa famille), pour eux, ils commencent également à toucher le fond du panier européen, surtout s’ils ont eu la mauvaise idée de fonder une entreprise ressortissant aux secteurs de l’horeca, du transport ou du bâtiment. Sans parler des frit kots (sauf celui que fréquente Bart De Wever).
Les professions libérales s’en sortent bien car la crise cela favorise le recours à certaines de ces professions élitistes, médecins, psy, avocats, notaires (pour les ventes forcées), huissiers de justice (là c’est toute la panoplie du quart-monde qui y passe ; de plus, actuellement, les pauvres bougres d’huissiers, on les engage aussi pour signifier des décisions de justice aux mecs et bonnes femmes de piquets de grève illégaux). Les services d’urgence des hôpitaux, là cela va aussi très bien, Madame la Marquise ; comme certains citoyens ordinaires n’ont plus les moyens de se payer ni visites chez le médecin ni médicaments, ils se pointent aux urgences, on y est soigné gratos, on paye plus tard où on demande l’intervention du CPAS.
Ce qui marche aussi très bien avec la ‘crise de l’euro’, ce sont les vols en tous genres, les agressions plutôt violentes, les vols à la tire, par effraction. On vole tout : du mazout dans des cuves ou des réservoirs de camions ou voitures ou chez des particuliers, des outils de jardinage, du matériel de construction ou du matériel d’entreprise agricole, on tue des chevaux pour les dépecer. On vole les bijoux, bagues et bracelets à Knokke, mais là je penserais que ces dames qui se promènent de visu avec leur artillerie lourde achetée à haut prix, c’est de la provoc. Il ne faut jamais tenter le diable !
Bref, il faut être réaliste et reconnaître que l’euro a été une réussite incontestable. En dix ans à peine, il a fait de sociétés fonctionnant normalement, une jungle darwinienne, où tout est permis à qui sait s’y prendre ! Et où pas mal de gens sont devenus des oiseaux pour les chats.
L’UNION EUROPÉENNE
L’union européenne est bien plus vaste que la zone euro. Et, peut-être trop vaste pour être bien gérée…
À l’origine, il y eut le rêve de quelques politiciens idéalistes, une communauté commerciale entre les trois pays du Benelux, la réconciliation économique de deux puissances jadis antagonistes (Allemagne-France) et pour bien faire, on y adjoignit l’Italie (pourquoi pas ? plus on est de clowns…).
Cinquante-quatre ans plus tard, que constate-t-on ?
Face à des crises, économique, boursière, financière et bancaire, des dettes publiques, et de l’immobilier, telles que notre monde n’en a plus connu depuis 1929, face à des taux de chômage dans certains pays avoisinant des situations qui en d’autres temps et lieux auraient conduit à la révolution ou à l’anarchie, face à une croissance qui fait fi de sa définition (= accroissement à moyen et long terme de la production nationale – dixit le Petit Robert), que voit-on ?
Sous l’impulsion royale du tandem Merkozy (Merkel et Sarkozy pour ceux qui n’ont pas encore lu ce terme) et avec l’aide soutenue des premiers ministres néolibéraux des Pays-Bas et de la Finlande, partisans de la ligne dure, avec l’approbation à tout le moins tacite de Barroso et de Van Rompuy, notre bien bonne et chère Europe s’est engagée dans une politique ultralibérale, néocapitaliste, darwinienne, dont les objectifs non avoués sont de favoriser à outrance les plus nantis (les patrons, en gros) et d’enfoncer encore un peu plus tout ce menu fretin de petites mains qui fait de son nez, qui rouspète et qui ne sert qu’à faire tourner les rouages des économies. Et pour ce faire, on prône à outrance les restrictions budgétaires sans jamais penser à une quelconque relance.
Avec ce tandem de choc (réduit à une unité car Sarkozy répète en français tout ce qu’a dicté Merkel dans la langue de Goethe mais aussi d’Hitler et de Himmler), on bétonne les budgets, on chasse les déficits, on serre la ceinture, on démolit tous les acquis sociaux, toutes les grandes avancées (appelées jadis ‘progrès social’). Sous Merkozy on aura l’obligation de travailler, plus et mieux et plus longtemps et moins bien payé ! Et tous les dirigeants de nos pays libres se mettent au garde-à-vous, les mains sur les coutures et obtempèrent sans sourciller (sauf Di Rupo qui a dit clairement que supprimer l’indexation et travailler au-delà de 65 ans c’est niet !).
Quant à créer des emplois, mettre des fonds financiers à la disposition des entreprises ou des initiatives créatrices de nouveaux postes à verboten ! Merkozy l’interdit. Norme budgétaire > 3 % = règle d’or. Si pas respecter à puni !
Also sprach unsere liebe Angela !
Si Marx devait réapparaître, il se marrerait bien. Bien plus qu’à l’époque où il a étudié les sociétés capitalistes, on a maintenant toutes les conditions requises pour un éclatement social de notre chère Europe. Pour l’effondrement du capitalisme. Et ce que Marx avait dit ‘c’est qu’il s’effondrerait de lui-même.’ Ce qu’il n’avait nullement prévu, c’était l’abominable souffrance des populations frappées de paupérisme et l’indigence des budgets prévus pour les aider. La RTBF n’a-t-elle pas dû faire appel au public pour aider les SDF et les démunis, alors que l’Union gère des budgets plantureux et que les fonctionnaires européens ont des traitements doubles ou triples de ceux des travailleurs du privé !
En effet, le tandem Merkozy semble ne pas constater qu’il y a maintenant près de 15 % de pauvres vivant au-dessous du seuil de pauvreté dans l’ensemble de l’Europe, même en Belgique, en France, en Allemagne, des pays somme toute mieux lotis que la Roumanie, la Bulgarie ou certains des pays baltes, sans parler de l’Espagne, de la Grèce et du Portugal. Ce tandem bicéphale semble vouloir obliger la plupart des autres pays à se serrer la ceinture, à imposer un âge de prise d’effet de la pension allant jusqu’à 67/68 ans, partant de ce principe débile que si les gens vivent vieux, ils doivent donc travailler plus et plus longtemps.
Personne parmi ces augustes personnages n’a encore pensé à deux faits principaux : à savoir que dans les années 60 et 70, on a parlé que les sociétés devaient évoluer vers des sociétés de loisir et qu’il ne fallait pas axer toute l’existence humaine sur le seul travail ; d’autre part, pourquoi augmenter l’âge de la pension, pourquoi ne pas augmenter les cotisations personnelles et patronales, d’un pourcentage à fixer ?
J’ai peur pour l’Europe et son avenir. Son sort est entre les mains de politiciens qui n’ont ni la carrure mentale, ni les idées créatrices de certains de leurs prédécesseurs (De Gaulle, Adenauer, Kohl). On s’inspire maintenant bien plus des idées de Thatcher et de Bush junior que de celles de la gauche non-caviar.
Pour ceux qui sont conscients du poids de l’histoire, quand on voit ce que des gens comme Thatcher, Major et actuellement Cameron, ont créé en termes de misère sociale généralisée au Royaume-Uni, on peut se dire que les politiciens et dirigeants européens qui s’en inspirent ne sont pas des humanistes, que les dés sont jetés et que les générations futures ne connaîtront plus que vie sans espoir, sur le fil du rasoir.
Je suis content de ne pas avoir d’enfants. Quel monde européen leur léguerais-je, sans parler de la Belgique ?
LA GRAISSE
Pour ceux qui ont l’oreille, ils auront deviné que ce que je vise ici c’est la Grèce – le pays – et non cette substance grasse que le président français s’évertue à évoquer avec emphase lorsqu’il veut prononcer le nom de cette contrée jadis antique qui est la source de tous les soucis européens actuels relatifs aux dettes publiques.
La Grèce, j’en ai marre.
Ces clowns de parlementaires grecs viennent de voter une série de mesures de restriction à hauteur de quelque 3 milliards d’euros. Or, en mars, ils devront passer à la caisse de l’Europe pour encaisser 104 milliards d’euros pour que le pays survive. Sans oublier les centaines de milliards dont ils sont déjà débiteurs. Vous voyez l’erreur ? Tout le problème de la Grèce est là.
Le drame est une invention grecque. Il déroule son scénario sous nos yeux. État débile (au sens primaire du terme : sans forces) incapable de taxer les riches (à Athènes, on recense – fiscalement – 150 piscines alors qu’en réalité il y en a près de 15.000 !), incapable de faire encaisser des impôts légitimes sans parler de l’argent noir. Incapable de privatiser. On allait mettre 30.000 fonctionnaires à la porte. À ce jour aucun n’a encore perdu son emploi. D’après ce que me disent des connaissances grecques qui retournent souvent au pays, pour se faire soigner convenablement en Grèce, soit en privé, soit dans des hôpitaux publics, il faut donner de l’argent sous la table. Résultat : Chaos, un autre terme grec, avec une situation sociale qui voit les pensionnés, les salaires minimaux bientôt amputés de 20 % (ce salaire est de 420 euros, s’il vous plaît !). Qui voit une accentuation marquée de paupérisme parmi les souches les plus démunies. Taxer les pauvres, prendre l’argent là où il n’y en a que peu, voilà le résultat d’une politique néolibérale imposée par des admirateurs de Thatcher et de Bush junior, issue de cerveaux de crins franco-allemands et par ces ‘figurants du genre de perroquets parlant’ qui sont censés diriger l’Europe (la Commission, la Présidence, etc.) et qui n’ont d’yeux que pour les restrictions budgétaires et qui oublient la médication qui a permis l’Amérique de sortir de la crise de 29 : mettre de l’argent à disposition des gens, des pouvoirs publics, des entreprises privées, afin de stimuler la consommation interne et, partant, la relance économique et, partant, la croissance et la répartition progressive du bien-être.
Troisième mot grec qui sera bientôt d’actualité : catharsis. C’est-à-dire lâcher la Grèce, la mettre hors de la zone euro puisque ses gouvernements successifs (Nea Demokratia, Pasos et maintenant un triumvirat) se sont montrés non seulement menteurs sur les comptes nationaux mais incapables de faire face à cette crise sans précédent et, en plus, jouent avec les pieds des ‘dirigeants européens’ (drama à chaos). Avec le résultat que par simple ricochet et manque d’imagination du tandem franco-allemand, on a précipité dans le gouffre financier des millions de gens en Europe et pas seulement en Grèce puisque les rapaces de traders se sont précipités sur les marchés financiers et sur les valeurs cotées en bourse pour y semer une saine pagaille (saine pour ceux qui en profitent, pas pour ceux qui détenaient les actions, dont beaucoup de gens issus des classes moyennes).
Basta ! Ça suffit ! Genug ! Y en a marre ! Larguez le lest avant que notre bateau européen ne sombre définitivement ! Et en premier lieu, larguez ces dirigeants européens ennemis de l’humanité, ennemis de l’être humain !
11:36 Écrit par ro-bin | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
Facebook |
29.01.2012
Les Etats-Unis, un amour d'une vie
J’ai déjà parlé à plusieurs reprises ces derniers mois de ce que je qualifie « les piliers culturels » de ma vie, à savoir l’Asie (Japon, Chine), la Russie (englobant les pays slaves), Israël et les Juifs (incluant aussi le thème majeur de l’Holocauste), mais je n’ai pas encore parlé de ce qui a constitué pour moi le premier pilier culturel de mon existence et, en fait, le plus important par la somme des intérêts culturels, humains et politiques qu’il comporte : les USA. J’y repensais récemment alors que j’étais occupé à visionner la série américaine « Le Pacifique » relative au théâtre de guerre du côté du Pacifique, cette reconquête sanglante, par les Marines principalement, de toutes les îles et îlots du Pacifique conquis par les Japonais.
Très tôt dans mon existence, vers les 9-10 ans alors que j’étais issu d’une famille où la culture et les langues étrangères étaient sujets inconnus, je m’étais à plusieurs reprises écrié que je désirais parler anglais. C’était une litanie.
Mon père m’amenait assez souvent au cinéma et comme j’aimais déjà les films de guerre, il y eut des faits de bravoure de soldats américains (Tarawa, Bastogne…) qui s’imprégnèrent en moi de manière naturelle, quasi par osmose. Il faut dire que mon père qui avait vécu caché des Allemands à Hastière-Lavaux durant 18 mois (il avait refusé le travail obligatoire et, emprisonné par dénonciation, il avait réussi à s’échapper de prison) m’avait depuis mon plus jeune âge chanté les louanges des GIs qui avaient libéré son village natal après un combat d’une demi-journée.
Dès mon plus jeune âge et au dépit d’un père assez colérique à ce sujet, j’écoutais systématiquement la BBC à la radio. C’est ainsi que peu à peu, je me forgeai un répertoire de chansons populaires que j’allais par la suite retrouver sous l’appellation générique de « standards » (de jazz).
Simultanément à la découverte de la langue anglaise version BBC, vers mes 14 ans j’entendis un morceau de Sidney Bechet, « Le Marché aux Poissons ». Découverte du jazz donc. Un peu plus tard, je découvris John Coltrane et son « My Favorite Things », autre choc culturel d’importance, car là au lieu du New Orleans, terrain facile à aimer, je tombais de plain-pied dans le jazz moderne, modal même.
J’étais doué pour les langues, ce qui fit qu’ayant appris l’anglais très facilement, je me mis à lire des romans en anglais dès mes 15 ans, accompagné d’un dictionnaire, habitude que je n’ai jamais perdue depuis lors.
Plus tard, vers 1968, je m’abonnai à Newsweek ou Time Magazine que je lisais chaque semaine ; j’en savais parfois plus sur les Présidents Johnson, Nixon, Ford, que sur la politique de mon propre pays. J’en connaissais beaucoup plus sur le système politique et judiciaire américain que sur ceux de mon pays natal. À une certaine époque et certainement après mai ’68, cela devint un peu la mode parmi les gauchistes et gauchisants de toutes espèces de haïr les USA parce que, et c’est incontestable, c’était l’époque de la ‘guerre’ du Vietnam, une guerre qui n’avait jamais été formellement déclarée, une guerre, évidemment, où les Etats-Unis se conduisirent en terroristes, projetant napalm, agent orange, destructions massives, déportations forcées, tirs contre des civils tous azimuts, à leur façon inimitable de gorilles aux pieds d’éléphants que nous connaissons bien.
Parce que, si j’admire les States, je connais aussi mieux que quiconque leurs faiblesses et surtout sur le plan militaire.
Et s’il faut parler de stratégie, il faut en revenir tout d’abord à la Deuxième guerre mondiale. Côté européen, depuis le débarquement et jusqu’à la victoire finale, à quoi a-t-on assisté du côté des troupes américaines ? À des combattants certes courageux (et la série ‘Band of Brothers’ – des mêmes réalisateurs que ‘The Pacific’ – a démontré que la 101e Division aéroportée était une unité d’élite), mais totalement démunis sans support d’artillerie ou aérien. À Bastogne, durant les premiers jours de la seconde quinzaine du mois de décembre 44, quand la couche nuageuse était tellement basse qu’elle empêchait les raids aériens, les soldats américains se montrèrent certes de la trempe de héros, mais incapable de briser l’étau de l’encerclement par des troupes allemandes au bout de leur rouleau après 5 années de guerre (alors que les Amerloques de la 101e n’en étaient qu’à leur 6e mois de guerre…).
Du côté du Pacifique, ce fut tout autre. Il y avait tout d’abord les Marines. Et de nombreux films ont montré ce qu’était l’entraînement des Marines : impitoyable, déshumanisant, destiné à produire des machines à tuer. On lança donc les Marines à l’assaut d’îles grandes ou petites, d’îlots, à Guadalcanal, Peleliu, Tarawa (dans les îles Marshall), Iwo Jima, Okinawa. Tous faits de guerre particulièrement sanglants car les Japonais étaient des robots entraînés à lutter jusqu’à leur propre mort. Des mecs qui avaient un certain génie militaire pour construire des défenses – avec feux de mitrailleuses croisés, tirs en enfilade latéraux, etc. – bâties dans des bunkers souterrains ou naturels, dans de la roche, situés généralement en hauteur, surplombant les attaques. Les Marines s’y cassèrent les dents et payèrent l’un des tributs militaires les plus lourds de toute la guerre. Était-ce du courage ou de l’endoctrinement psychologique qui les poussait sans cesse à l’assaut. Cette forme d’héroïsme particulière qui les poussait à sacrifier des vies humaines pour ramener un blessé à l’abri des tirs. Ou, au contraire, à s’avancer seul muni d’un sac à grenades vers l’un des bunkers afin de le réduire ? J’ai toujours eu de l’admiration pour ces faits d’armes que nous, engoncés dans nos histoires paternelles de libération par les troupes US sur le théâtre européen, ne connaissions généralement pas.
Le Vietnam fut une guerre stupide et inutile, terriblement meurtrière en premier lieu pour le peuple vietnamien. Une série de vedettes du cinéma, de la chanson, des sports (Jane Fonda, Joan Baez, Cassius Clay) ont même été jusqu’à soutenir le Viêt-Cong par pur rejet d’une guerre qu’elles jugeaient illégale. Elles avaient raison sur le principe de droit international. D’accord, cette guerre était illégale. Tout à fait. Mais, au départ, ce furent les communistes qui ne respectèrent nullement les accords de Genève de mai 1954, n’acceptèrent pas des élections libres dans le Nord, puis, se mirent à pratiquer des incursions armées dans le sud. Hô Chi Minh est à mettre sur le même pied que les Mao, Hitler, Staline, pour ce qui concerne la terreur de son régime. Un despote, certes cultivé, certes intelligent, mais pour qui « la fin justifiait les moyens », sans l’ombre d’une seule hésitation.
Lorsque Kubrick produisit son film ‘Full metal jacket’, tous les gauchistes et gauchisants de tous crins adorèrent ce film. Moi pas, pour une simple raison. J’avais lu le petit bouquin dont le film était inspiré, de Dye, avant de voir le film. Ce petit livre traitait de la célèbre bataille de la reconquête par les Marines de la ‘Citadelle ‘ de Hué, envahie dès après l’offensive du Têt de fin janvier 1968 par des troupes nord-vietnamiennes. Ce fut un épisode particulièrement sanglant de tous les côtés. Les Nord-Vietnamiens avaient des listes de personnes à abattre, on retrouva ainsi des charniers de près de 5.000 civils abattus par les héros de Jane Fonda et de Joan Baez (ainsi que des gauches française, britannique, belge, allemande, etc.). Il échut aux Marines – la chair à canon parfaite - de traverser la rivière menant à la citadelle de Hué (la rivière des Parfums, je crois) et de reconquérir cette ‘Citadelle’. Les Marines eurent un nombre incalculable de morts et de blessés mais ils accomplirent l’impossible. Ce que Kubrick s’est efforcé de démontrer (lui qui était américain et antimilitariste, ce que je suis aussi par ailleurs ce qui ne m’empêche pas de m’intéresser aux conflits militaires), c’était l’horreur d’une machine à tuer américaine. Mais, ce qu’il a complètement raté et que l’auteur Dale A.Dye (« Citadel », lui-même ancien Marine) a montré à la perfection, c’était qu’à côté de l’énorme machine à tuer que constituait le Corps des Marines, ce qui faisait sa force morale incontestable, c’était une camaraderie de corps absolue, capable s’il le fallait de sacrifier la vie même d’un soldat pour sauver celle de l’un des leurs. Le livre montre ainsi vers la fin, la mort d’un groupe de Marines allés secourir l’un après l’autre un de leurs blessés camarades blessés gisant au milieu d’un sentier. Kubrick montre la même chose, mais d’une manière déshumanisante car sa vision de la guerre tient du noir/blanc, sans tons intermédiaires. Tandis que l’élément humain que je retins de cet énorme gâchis, c’est ce sacrifice ultime. Les réalisateurs de ‘The Pacific’ l’ont eux, bien compris, car ils mettent en scène des mecs certes parfois violents ou cruels mais pour qui les leçons d’entraide, de camaraderie allant jusqu’au sacrifice ultime de soi, ne sont pas des slogans ou du bourrage de crânes, simplement. Plutôt un geste d’humanité reconquise.
Lorsque je suis allé à New York en mai 1980, je fus aux anges. C’est extraordinaire, quand on se fait conduire en taxi de l’aéroport J.F.K. vers Manhattan et qu’on voit apparaître le panorama des buildings de cette île célèbre, on se croit en territoire connu, tant on en a déjà vu des images.
Parce que, contrairement à beaucoup de gauchistes (et j’en ai parmi mes connaissances et amis), mon intérêt pour les States a toujours été culturel avec, toutefois, une certaine admiration pour l’une des constitutions les plus ‘libérales’ (au sens de liberté) du monde.
Pas mal d’opposants aux States le sont ou l’ont été à cause de certains faits militaires regrettables. Il y eut les bombes atomiques d’Hiroshima et de Nagasaki (pour ceux qui pensent que c’étaient là des horreurs inutiles, je réfère à ‘The Pacific’ qui montre à suffisance de quel bois étaient faits les soldats japonais et le prix en vie de soldats américains qu’une conquête du Japon aurait coûté), il y eut la guerre du Vietnam. Et, plus récemment, évidemment, les bavures, les dommages collatéraux en Irak, en Afghanistan. Incontestable tout cela. Les Américains n’ont jamais fait dans la dentelle. Ce sont des éléphants du point de vue militaire, partisans des armes lourdes, de tirer avant de questionner, de tirer dans le doute, de tirer tous azimuts. Les Américains, ce sont des gens souvent incapables de comprendre d’autres mentalités que la leur (je devrais dire les leurs, car quelle différence entre un gars de New York et un autre d’Atlanta ou de la côte ouest). Ils pratiquaient la torture à Guantanamo et dans les bases aériennes de Kandahar et de Bagram en Afghanistan, tortures physiques sinon surtout psychologiques. Eux qui possèdent une des meilleurs constitutions au monde qui garantit absolument les droits civils des citoyens américains, ils ont créé sous Bush un système déniant tout recours à des procédures civiles aux détenus considérés comme terroristes arrêtés – illégalement – en Irak et en Afghanistan, puis transportés dans des bases militaires, sans ‘habeas corpus’ ou recours possible à une quelconque aide juridique.
Je sais tout cela. Je l’admets sans aucune difficulté mentale. Toutefois, pour moi, les States, c’est tout d’abord le jazz, le jazz né dans les chants d’ouvriers (esclaves) agricoles, dans les shantytowns (bidonvilles, surtout peuplés de Noirs), ou au sein des chain gangs. Ce chant s’est ensuite transformé en blues rural aux accents rudes de Noirs n’ayant aucune perspective de vie décente surtout dans le Sud, ou en blues nettement plus sophistiqué version Chicago, le fait de Noirs émancipés, libres. Puis ce fut l’immense explosion des brass bands d’où sortit victorieux le mouvement appelé « New-Orleans ». Dès mon adolescence, je vouai une admiration sans bornes à toute une série de clarinettistes : Johnnie Dodds, Bechet, Claude Luter, Pee Wee Russel, Ed Hall, Omer Simeon, etc. J’en vins à aimer des saxophonistes tels Coleman Hawkins, Parker, ensuite Coltrane et Dolphy, sans oublier les trompettistes et les pianistes. Encore maintenant, pour moi qui aime toutes les musiques, le jazz conserve une place privilégiée.
Les USA, c’est aussi un immense terroir de littérature et hormis les écrivains juifs que j’ai cités récemment, il y eut d’autres écrivains qui exercèrent une influence majeure sur moi : John Dos Passos et Steinbeck pour les plus anciens, Hubert Selby Jr., James Baldwin, John Rechy pour la génération des années 60. Des écrivains qui n’hésitèrent jamais à innover du point de vue du style, qui, aussi, utilisèrent des formes d’art en complète rupture par rapport à leurs aînés. J’y ajouterais Joyce Carol Oates, Jonathan Franzen et Philip Roth, des maîtres incontestés.
Les États-Unis, c’est aussi le cinéma. Et je ne parle pas des films vulgaires, violents et fabriqués surtout pour des jeunes spectateurs naïfs et dénués de culture tels qu’on en fait à la pelle actuellement. Je pense à des films d’art, tels qu’on pouvait les voir dans les années 60 et 70, de John Cassavetes, de Penn, par exemple. L’Amérique c’est également le berceau et le lieu idéal pour les ‘musicals’ (‘Oklahoma’, ‘West Side Story’, ‘Evita’, ‘Porgy and Besse’, etc.) qui, ne l’oublions jamais, fournirent un nombre incalculable de bonnes chansons ou de standards de jazz (la plupart des standards de jazz des années 20, 30, 40) furent au font tirés de musicals.
Et, c’est là aussi qu’on trouve l’une des caractéristiques principales et ‘exciting’ des USA : cette capacité de générer de nouvelles formes d’art. Plusieurs compositeurs américains ont écrit des opéras contemporains, utilisant une musique qui n’est nullement hermétique mais qui reprend certaines des influences musicales majeures ayant cours en Amérique : le classique contemporain (Debussy, Stravinsky, Bartók), la musique américaine typique, le jazz. J’ai ainsi enregistré un jour sur cassettes audio un opéra appelé ‘The Life and Times of Malcolm X’ d’Anthony Davis. Une musique et des parties vocales superbes et écoutables. Il est dommage que ce type de créations innovantes ne puisse passer dans nos salles d’opéras européennes. John Adams a écrit, entre autres, deux opéras ‘The Death of Klinghoffer’ et ‘Nixon in China’, également un mix d’influences diverses, franchement écoutables et qui devraient être joués chez nous. Où on préfère encore Mozart et ces vieux machins imbuvables plutôt que d’écouter des œuvres plus modernes, bien fignolées et qui ont une pertinence contemporaine.. Dans les années 60, j’avais vu au 140 un spectacle époustouflant, du Living Theater of New York, un spectacle total. Du théâtre tout autre que le genre ‘La Cage aux Folles’ et autres imbécillités qui font le bonheur des gens prétendant être cultivés.
Quand Barack Obama a été élu président des USA, j’étais évidemment aux anges. Pour moi qui avais grandi avec cet amour de la musique de jazz noire (que j’ai toujours préférée aux mouvements blancs typiques du genre ‘West Coast’, ‘Cool’, ‘Electric Jazz’, ‘Fusion’, etc.), avec cette idée de grands et géniaux créateurs que furent des générations de Noirs, voir un Black accéder à la présidence des USA, c’était un rêve. Je me souviens encore d’une lettre de lecteur de Télé-Moustique en réponse à la mienne laudative en ce qui concernait cet événement cosmique, disant de l’élection devant départager Bush et Obama : ‘c’est choisir entre la peste et le choléra.’ Typique mentalité de médiocre jaloux.
Certains me diront qu’Obama a déçu, qu’il n’a pas réalisé certaines de ses promesses (dissoudre Guantanamo par exemple), qu’il a durci la guerre en Afghanistan, qu’il n’a pas su mettre en place des politiques libérales (au sens américain du terme c’est-à-dire soucieuses de défendre les intérêts des démunis). Vrai. Sauf que Bush et consorts lui ont légué une dette énorme, une économie en lambeaux et que les Républicains qui pratiquent sans doute une opposition musclée teintée de racisme plutôt que d’idéologie ont descendu toutes les propositions émanant d’Obama, même quand à l’origine c’étaient les leurs. Ils ont pratiqué une opposition imbécile, partisane, un peu comme la N-VA chez nous.
Oui, il est possible qu’Obama ne soit pas réélu. Parce que les Américains dans l’ensemble ont un certain retard du point de vue politique ; dans l’ensemble, ce sont des êtres peu sophistiqués, peu amènes aux grands débats de niveau tels que nous les connaissons en Europe. Il y a une masse non négligeable là-bas d’idolâtres de Jésus, membres de communautés religieuses aussi arriérées que l’est encore le Vatican de notre côté de l’Atlantique. Le Sud (ce qu’on appelle le ‘Bible-Belt’, la ceinture de la Bible) a encore une mentalité à part, rebelle, contre l’administration centralisée à Washington. L’Est recèle encore tout ce qu’il y a d’élite intellectuelle dans ce pays d’une richesse culturelle et mentale infinie.
Aimer un pays, admirer un pays, ne signifie pas qu’on est d’accord avec tout ce qu’il a fait ou fera. Je n’aime pas en bloc, je choisis. Je déteste l’esprit pudibond, bourgeois, rebelle des sudistes aux States. Je déteste la superficialité, le manque de culture et de manières d’une bonne partie de la population américaine. Cette arrogance du fric, de la puissance militaire, de la puissance économique.
Je ne retiens que les arts et le fait que pas mal d’entre ces Américains, bigots, arriérés culturellement parlant des paysans, sont morts pour que nous restions libres.
Et ça reste l’essentiel pour moi. Tout comme les milliers d’heures de plaisir culturel que les states m’ont apporté…
11:33 Écrit par ro-bin | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
Facebook |