06/01/2018

QUI A LE PLUS GROS?

QUI A LE PLUS GROS?

 

Les hommes qui liront ceci se souviendront sans doute de ce jeu durant la puberté quand les garçons soit se le leur montraient soit essayaient d’en deviner la taille. Pour comparer évidemment. Pas les bulletins, mais ce qui se trouvait dans le caleçon ou dans le maillot, ou dénudé durant la douche.

 

Trump l’a tweeté récemment. Il en a un plus gros que celui de Kim Jung-Un. Pardon, Monsieur, de quoi parle-t-on au juste ? De boutons nucléaires en fait. Il faut un gros pouce pour pouvoir actionner un plus gros bouton nucléaire que celui de Kim. Or on a dit que Trump avait de petites mains. Ergo, aurait-il en réalité un bouton nucléaire plus gros que celui de Kim? Cela reste à prouver et à mon avis, il faudrait soumettre les 2 zigotos en question à un test pour mesurer leur matière grise, sans doute d’une petite taille diamétralement opposée à celle de leurs egos/boutons nucléaires.

 

En Belgique, on ne compare pas les zizis. Loin de là. Francken et Michel ne sont pas tombés aussi bas. Dans le différend philosophique qui oppose le Preux Chevalier des Éperons d’Or Theo et le Preux Chevalier Blanc trônant sur sa rossinante brabançonne, il n’est pas question de zizis du tout. En fait, les deux champions de tournois épiques ne jouent pas dans la même pièce {voire crémerie}. Theo est l’acteur qui de ses grosses bottes cloutées foule bruyamment le plancher de la salle du théâtre peuplé d’une mouvance nationaliste, raciste, antimusulmane, qui lave plus blanc que blanc, et qui à chaque repartie du Preux Theo vocifère des cris gutturaux {c’est l’ADN du nationalisme flamand au fond, cet amour pour les langues teutonnes} semblables à ceux que devaient pousser les Huns en arrivant devant les portes de Vienne, il y a très longtemps avant que Kurz et le FPŐ ne s’immiscent dans le scrutin pour barrer la route à ces hordes barbares. Ainsi, pendant que le Preux Theo des Éperons d’Or interprète son brillant rôle de Templier des temps modernes, le vaillant apothicaire brabançon est descendu vite fait bien fait de son canasson et a assumé la posture de carpette, ou de tapis. Les mains sur les oreilles, la bouche et les yeux clos, pour ne pas entendre le vacarme que pousse une foule en délire et pas seulement en Flandres car le gus Theo, il a ses supporters à Bruxelles {Molenbeek ?} et en Wallonie. Parce que si les francophones et Wallons ne comprennent pas toujours les nuances du brillant texte érudit qu’interprète Theo le Vaillant, quand ils voient qu’il flanque un magistral et fédéral coup de pied dans le cul d’un candidat réfugié pour le faire réembarquer à destination du Soudan ou d’ailleurs car il n’est pas regardant notre Theo, ils applaudissent les décérébrés, se disant qu’un macaque de moins dans le bled, cela fait augmenter le niveau de sécurité du pays.

 

Il n’y a pas que le zizi qui sert d’étalon pour les mâles. Il y a ce qu’on appelle en langage latino/médical les testis. Vous souvenez-vous de l’expression de Shakespeare: en avoir ou ne pas en avoir, ça c’est la question. Mais cette possession de testis – et remarquons qu’on ne dit pas un mot sur ceux, éventuels, de Trump et Kim -, n’était pas l’apanage exclusif des mâles, ce qu’on aurait pu croire en consultant un livre d’anatomie différenciée. Et, en matière de testis, pas d’orthographe inclusive spécifique, c’est l’apanage des seuls mâles, Mesdames. On disait de Golda Meyer qu’elle en avait et qu’au début de la Guerre du Kippour {octobre 1973}, elle était la seule du gouvernement israélien a en avoir eu. On disait la même chose de Margaret Thatcher. Qui, sans bouton nucléaire décida toute seule et contre l’avis de tous d’envoyer une flotte armée libérer les Falklands. Theresa May, par contre, on est sûr d’une chose, elle n’en a pas et si elle en a, elle les a bien cachés.

 

Oui, mais ça ce sont des choses privées, cachées et comme dirait La Palice qu’on ne voit pas. Ce qu’on voit par contre chez les politicien.enne.s, ce sont les visages. Et, ma foi d’admirateur de l’art et de l’esthétique où le beau ne le cède qu’au sublime, le sublime à l’incomparable et l’incomparable au transcendant, je dois dire qu’en ce troisième millénaire de l’Ère chrétienne {la Chrétienté fait aussi partie de notre histoire!}, nous ne sommes pas gâtés question faciès pour les politiciens qu’on nous présente en permanence à l’écran comme si nous étions en manque perpétuel de laideur. On a à présent en permanence à l’écran que des têtes de pipe, des tronches, des gueules, des trognes, des billes et balles, binettes et bobines, mufles et museaux, qui, le cas échéant, auraient pu dégoter l’un des premiers rôles dans des films d’horreur. Et encore, car s’ils ont de ces têtes, ils n’ont pas nécessairement de nous faire rire, sauf à leurs dépens.

 

Vous avez déjà fait un arrêt photo ou de la zapette sur celle de Trump? Regardé la moue invariable de sa bouche comme s’il avait reniflé une sale odeur dans le coin, ou fait dans son froc? Ses petits gestes de la main avec souvent un doigt redressé {c’est le bouton nucléaire, plus gros que celui de Kim !}. Il a une tête de cancre, de dernier de la classe, d’un mec qu’on ne voudrait pas à côté de soi quand on prendrait une douche de peur qu’il vienne zieuter dans le coin histoire de comparer les grosseurs des boutons. Theresa May? Incontestablement Prix Beauté 1970. Et qui affiche sa laideur avec toute la dignité de Miss Monde, hauts talons et robes ou jupes au-dessus des genoux compris. Rarement vu une telle laideur dans un visage. Oui, chez Charles Michel quand il se relève de la moquette, qu’il tire les mains des yeux, oreilles et bouches. Et Michel, il est laid de face, de côté et de l’arrière avec une tête en forme d’œuf auquel il manquerait le cholestérol. Theo – et n’y voyez aucune analogie ou critique déplacée, loin de moi cette idée de le salir – mais je l’imagine toujours en uniforme des Totenkopf {SS gardiens de camps}. Il a la tête de l’emploi et je trouve dommage que Spielberg  n’ait pas pensé à lui pour le film «La Liste de Schindler», peut-être était-il encore trop jeune et portait-il encore des culottes bavaroises et yodelait-il à l’époque? Bon, Rajoy, il a peut-être un gros ou de grosses, mais sa tête on ne la reproduirait pas en peinture pour l’exhiber dans l’un quelconque des musées de la capitale espagnole, sauf peut-être son crâne post-mortem dans celui des Sciences Naturelles pour montrer la dégénérescence de l’être humain depuis Homo Sapiens. Quant à Poutine, on a l’impression qu’il se momifie tant sa peau se tend à rompre, comme elle le faisait chez Berlusconi. Quant à Johnny Hallyday, vu la tête qu’il se payait ces derniers temps, on ne peut qu’applaudir de nous en priver à l’avenir, un bémol de moins à nos idéaux de beauté dans le monde.

 

Sapiens signifie d’ailleurs sagesse, science. On constate immédiatement qu’on est loin du compte avec les zigotos de politiciens actuels qui polluent nos ondes télévisées. Les tweets {Trump, Francken}, les effets de manches {Michel}, les moues {Trump, May}, les grimaces {Trump, May, Francken, Michel, Rajoy, etc.}, Facebook {Michel} remplacent ce qu’on serait en droit d’attendre d’orateurs dignes de ce nom, de gens qui auraient des discours dont la teneur nous étonnerait à défaut de nous plaire.

 

Vous me direz qu’il reste quelques beaux gosses parmi les dirigeants actuels, Macron, Kurz et…je ne vois rien d’autre. En génétique, on appelle cela un caractère physique régressif, c’est-à-dire une qualité physique qui avec les générations va en s’atténuant jusqu’à sa disparition définitive. La beauté, que chantaient Athènes et Rome, la beauté que chantaient les poètes et les romantiques, la beauté éternelle, se transforme en politique et dans d’autres domaines en hideur éternelle

 

Ah Obama, Michelle, on pense encore à vous avec nostalgie!

16:24 Écrit par ro-bin | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

26/12/2017

LE CLOWN

LE CLOWN

Chose amusante la semaine dernière. Notre distingué 1er Ministre cause à la Chambre et enguirlande copieusement son Secrétaire d’État au Refus à l’Immigration, le distingué Theo Francken {surnommé Frankenstein dans les milieux de migrants}, quand ledit Francken(stein) tire une tronche pas possible, se lève et quitte la séance, comme un enfant en pleine crise de bouderie pré-pubertaire. Sale gosse au fond puisqu’on venait d’affirmer haut et fort qu’il avait menti au monde et à son 1er Ministre. Bon tout homme, même un 1er Ministre inféodé à la N-VA qui aurait des c… là où elles doivent être, aurait sur-le-champ exigé la démission d’un sous-fifre qui lui manque de respect à ce point. Mais notre homme Charles Michel est fait d’un tout autre alliage humain. Il encaisse sans broncher; plus, il tend l’autre joue, IL EN REDEMANDE LE GUS ! Deux jours plus tard, en commission réunie en urgence pour entendre le Secrétaire d’État au Refus à l’Immigration, le distingué Theo Francken, rebelote, on le surprend à nouveau en plein délit de mensonge à l’égard de son 1er Ministre. Il tire une tronche pas possible, le ci-devant Francken(stein). S’il ne boude visiblement pas, s’il n’a pas le nez qui s’allonge, le fait qu’il garde désespérément les yeux lorgnant son pupitre de mauvais élève et les aveux spontanés et pétris de vrai remords de crocodile que lui ont écrits les pontes de la N-VA, démontrent à suffisance qu’il a le mensonge chevillé à ce qui doit lui servir d’âme mais qui ne doit pas valoir tripette.

Durant ce temps-là, le Vaillant et Preux Chevalier, le Sieur Charles Michel, scion d’une dynastie qui remonte au refus d’encore fréquenter l’Autriche, ses sports d’hiver et son yodel – back in 2000, quand le FPÖ à l’odeur de soufre de Jörg Haider était au pouvoir –, se frotte la peau d’éléphant de sa trompe magique de renvoi aux oubliettes alzheimériennes de tout ce qui nuit à son siège de 1er Ministre de Belgique, une faculté dont il a été doté dès le moment où il a conclu un pacte avec le Diable {Vade Satanas!} d’Anvers, à savoir Bartje de Wevertje, le beau lutin échappé du zoo. Car, à l’époque, souvenons-nous, assuré d’avoir 7 (SEPT!) postes de Ministres et Secrétaires au gouvernement fédéral PLUS celui de 1er Ministre {tu as vu Papa, j’ai fait mieux que toi, youpi, je suis le plus FORT!}, notre Vaillant et Preux Chevalier avait accepté de former une coalition avec un parti peu recommandable, séparatiste d’une part certes, mais surtout auréolé de fragrances collaboratrices de fort mauvais aloi chez les grands-parents voire parents {cf. Geert Bourgeois} des principaux membres en vue de ce mouvement ayant phagocyté une bonne partie de la mouvance nationaliste la plus rabique, la plus véhémente, la plus dangereuse, de l’ancienne Volksunie et de l’actuel Vlaams Belang. Parce que, ce que notre Vaillant et Preux Chevalier brabançon, maire d’un petit bled provincial et bourgeois, eût dû savoir qu’il y avait tapi à la N-VA au fond de leurs âmes machiavéliques une haine raciste contre les étrangers à commencer par les francophones et les Wallons du pays, de tout ce qui était sosse {socialiste} et par extension presque logique, à tout ce qui n’avait pas un caractère flamand, catholique, bienpensant, bourgeois et porteur du slogan AVV-VVK {Alles voor Vlaanderen/Vlaanderen voor Kristus}, à commencer par ces descendants de sarrasins de jadis sur le point d’envahir notre Europe, un retour des choses après le stop à Poitiers en 732 de notre ère.

Si la N-VA se targue souvent de ne pas être raciste, c’est là ce qu’on pourrait interpréter comme des fake news; il suffit de comparer la réalité du comportement et des déclarations, des actes, publics, des élus N-VA et des figures de proue de ce bateau qui vogue sur une vague de popularité auprès des couches les plus réactionnaires, antimusulmanes, antidémocratiques de Flandre, à ce principe sacré de non-racisme. Récemment, le journal flamand De Standaard a cité un membre en vue d’une association de défense des intérêts moraux et politiques des pauvres, qui a dit de la Ministre Homans qu’elle «ne luttait pas contre la pauvreté mais contre les pauvres.» N-VA de signature tout comme Demir, une Kurde d’origine inféodée à la N-VA au point d’en épouser les thèses racistes, qui passe plus de temps à critiquer le Centre pour l’Égalité des Chances qu’à donner des chances à ceux qui en ont besoin. On connaît le crédo de Francken(stein), foutre le plus d’étrangers musulmans possibles hors du pays et cadenasser nos frontières afin d’empêcher toute cette racaille musulmane d’y entrer. L’Europe avec lui, ce n’est plus Schengen ni la Déclaration universelle des droits de l’homme mais un fort Chabrol.

Virer Francken est impensable pour la N-VA car il est populaire. Sa démagogie, ses mesures énergiques qui font fi des acquis de l’humanisme et des traditions européennes d’accueil des étrangers, passent bien, même en Wallonie où certains crétins l’admirent. Sa position bien en vue, son look d’une élégance qu’il prend assurément pour du raffinement mais qui n’est que look de quelqu’un qui ne connaît même pas la définition de l’élégance et ne saurait reconnaître une personne élégante ou l’élégance de propos, lui apportent des suffrages, des enthousiasmes. Car, il en a, il dit ce qu’il pense, lui.

Pas comme le clown Charles Michel qui se tait car il sait que sa place dans l’histoire de la Belgique ne tient qu’à un fil qui pend par la fenêtre du burgemeester d’Anvers. S’il faisait, Charles Michel, ce qu’on attendrait de tout homme pour qui les concepts d’honneur et de dignité humaine, d’humanisme, ne seraient pas des vains mots, chasser Francken du gouvernement, la honte entre les jambes, ce serait lui qui recevrait son C4 et provoquerait une crise gouvernementale qui, compte tenu de la vacuité actuelle du PS en Wallonie, pourrait précipiter le pays dans le séparatisme. Mais, si Charles Michel se bouche la bouche, les yeux et les oreilles, ce n’est pas pour sauver le pays du chaos, c’est pour protéger son siège au 16 rue de la Loi, le but ultime de sa destinée de clown.

J’ai admiré Obama pour son élégance physique, son élégance vestimentaire et son talent d’orateur. Quand je vois le petit clown béat qu’est Charles Michel et ses comportements pubères, il provoque chez moi le dégoût d’une personne de goût pour ce qui est abject, le rejet face à un tel infantilisme politique, la répulsion absolue pour ce fils d’un véritable humaniste.

Un homme élégant de pensées, un homme de goût, un homme démocrate, un homme humaniste, ne peut côtoyer un Francken.

Point à la ligne.

17:05 Écrit par ro-bin | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

14/12/2017

UNE ENFANCE SOLITAIRE

UNE ENFANCE SOLITAIRE

 

En raison de circonstances familiales un rien néfastes {mon père battait par moments ma mère}, j’ai eu une enfance solitaire avec très peu d’amis ou de copains, pas de sorties, d’excursions ou de voyages en groupes, hormis les visites familiales chez des oncles et tantes. Je n’ai jamais été scout, je n’ai jamais été membre d’un mouvement de jeunesse. Je restais à la maison car j’ai habité 9 ans à Molenbeek puis 2 ans à Jette avant de partir vivre à la campagne en 1956.

 

Solitaire donc, je regardais ma mère coudre et, principalement, je m’étais mis à lire très jeune et à écouter de la musique tout aussi jeune. Parce que, outre une introspection naturelle et des mécanismes de défense face à la brutalité de mon père, mon esprit, lui, restait curieux de tout. L’avantage d’être «élevé» dans une famille atypique c’est que l’éducation est également atypique. Il n’y avait à mon sujet aucun contrôle parental, aucunes directives, j’étais laissé à mon sort à la maison et à l’école. Les seules injonctions familiales dont je me souviens durant ma jeunesse c’était ‘mange ta viande, mange toute la viande’. J’étudiais bien et cela était naturel chez moi, personne ne s’occupait de mes résultats à l’école ni de savoir ce que j’y faisais.  Et, tout aussi naturellement, mon esprit d’une curiosité insatiable se fixa très tôt sur deux caractéristiques qui sont demeurées miennes toute ma vie: je suis un lecteur vorace et enragé et je suis un auditeur qui ne peut vivre sans une seule seconde de musique.

 

Je lisais le journal à 6 ans déjà. Et, vers mes 10 ans, lors d’une vente d’objets divers dans une rue non loin d’où j’habitais {à Jette}, mes parents achetèrent une caisse de livres. Aucun de mes parents ne lisait. Si mon père savait lire et écrire, ma mère savait lire mais, étant flamande d’origine obligée de s’exprimer en français uniquement, elle savait à peine écrire, elle était ce qu’on qualifierait aujourd’hui d’analphabète fonctionnelle. Donc, me voici avec une grosse caisse de bouquins à 10 ans et sans contrôle parental. Ce qui fit que je lus d’emblée tout ce qui s’y trouvait, y compris des textes pour adultes. Il n’y avait chez nous aucune censure, aucune supervision du pioupiou. C’est ainsi qu’avant mes 10 ans j’avais lu un article dans La Dernière Heure relatant le calvaire d’une femme dont le mari l’avait frappée avec un fer à repasser chaud, ou, dans un des livres de mes 10 ans, des scènes d’amour que je n’avais pas comprises mais que je lus, me demandant ce que c’était. Comme Cavanna dans sa prime enfance, je lisais tout ce qui me tombait sous les yeux et je continue à le faire. C’est ainsi que maintenant quand je regarde des films français, je mets les sous-titres en néerlandais  voire pour malentendants {d’ailleurs la sono des films français est souvent exécrable et tous les acteurs français n’ont pas la diction de Lucchini}, et plutôt qu’écouter ce que disent les protagonistes du film, je lis les sous-titres. Jadis, durant mon adolescence, comme j’adorais les films étrangers, j’avais pris l’habitude que j’ai conservée par ailleurs, d’écouter les dialogues en anglais par exemple et de lire les sous-titres en français et néerlandais.

 

Question musique, comme j’ai eu très jeune une attirance pour l’anglais {mes parents, cachés, avaient vu les Américains libérer le village d’Hastière-Lavaux en Namurois en septembre 1945}, j’avais commencé à écouter Radio 1 de la BBC. Ce qui eut une influence déterminante sur mon devenir car très tôt je me mis à écouter ce qu’on appelle des standards de jazz mais dans leur forme originelle d’extraits de musicals américains. C’est ainsi que, insensiblement, je me constituai un fonds musical riche, aux antipodes de ce qu’écoutaient les jeunes autour de moi. Évidemment, mon père râlait et gueulait d’entendre cette musique anglaise lui qui aurait volontiers écouté Radio Monte-Carlo ou l’INR. Mais, comme j’étais têtu, dès qu’il tournait le dos, je remettais Radio 1 de la BBC.

 

Parenthèse: j’écoute en ce moment I’Ve Got You Under My Skin de Cole Porter interprété par Oscar Peterson, un morceau que je connus très jeune et que j’appréciai plus tard quand j’appris l’anglais et que je reconnus les paroles.

 

On croit que la solitude c’est l’enfer. La solitude c’est la vraie richesse qui mène à une maturité anticipée mais là j’étais ferré en termes de maturité puisque j’avais 5 ans quand je dus m’interposer pour ma première fois entre mon père qui brandissait une chaise pour la fracasser sur la tête de ma mère. Je n’ai pas eu d’enfance véritable, ni de rêves d’enfants ni de désirs d’enfants, ni beaucoup de jouets et je n’étais pas du tout BD comme tant d’adolescents attardés de maintenant qui ne jurent que par cela. Mais cela m’a endurci et m’a permis d’avoir une résilience naturelle bien aux antipodes de ce qu’on peut lire dans les livres parus à ce sujet et qui expliquent comment être ou devenir résilient.

 

Si de 11 à 15 ans, je quittai Bruxelles et me retrouvai à la campagne avec un grand jardin, cela ne changea rien à ma solitude grâce au vélo et aux espaces verts autour de la maison familiale. J’y eus des amis, même des amourettes, mais je demeurai foncièrement un solitaire. C’est là que, par désespoir familiale, je me mis à picoler, souvent en solitaire et jusqu’à plus-soif quitte à tomber dans les pommes {je suis l’inventeur dès 1958 du binge drinking}. Et, plus tard, de retour à Bruxelles à l’âge de 15 ans, c’est en solitaire que je découvris des auteurs sérieux car je m’étais mis à lire en anglais dans le texte dès mes 15 ans. À 17 ans et toujours en solitaire et sans être conseillé par aucun prof, je découvris le jazzman Coltrane mais aussi Sidney Bechet et Ray Charles. C’est d’alors {1962} que date mon intérêt pour Drieu La Rochelle, Norman Mailer, John Dos Passos et tant d’autres en littérature. C’est à 17 ans que je vis un documentaire et un film qui eurent une influence pérenne sur mon destin personnel et mes choix futurs pour ce qui concerne certains intérêts que j’estime essentiels, je veux parler du ‘Temps du Ghetto’ de Frédéric Rossif qui m’initia à la réalité de l’Holocauste en Pologne et Hara-Kiri de Kobayashi, cette plongée dans l’univers médiéval japonais, qui suscita mon intérêt pour le Japon en tant qu’objet culturel. Néanmoins, au cinéma, je découvris aussi l’univers de solitude exacerbée d’Ingmar Bergman, ainsi que  cette folie contrôlée de Buňuel. J’ai aussi alors développé quelques solides amitiés {dont une de près de 40 ans} tant avec des garçons que des filles, mais à aucune d’entre elles ai-je jamais dit quoi que ce soit à propos de la violence de mon père  à la maison et de mes conditions familiales réelles.

 

C’est en solitaire que je décidai d’écrire et, à 19 ans, de jouer de la musique car, évidemment, en solitaire, je n’ai jamais appris à jouer de la musique, je suis immédiatement passé au stade de faire de la musique.

 

En ces temps actuels de contrôle parental exacerbé quand beaucoup de parents surveillent en permanence les activités et résultats scolaires de leurs enfants {certains font leurs devoirs à leur place, prennent congé pour les grosses interros ou examens, etc.}, en ces temps d’activités contraignantes de hobbies ou divertissements obligatoires pour les enfants {natation, tennis, équitation, cours de danse, cours de violon, scoutisme, chœurs, etc.}, je veux chanter et célébrer les vertus du solitaire. Non pas de cet ermite qui vit dans sa caverne, aveugle, sourd et insensible à tout ce qui se passe dans le monde, mais de celui, qui de sa superbe solitude, a la force de décider par lui-même sans se laisser guider quiconque, qui a la résilience nécessaire pour survivre dans un monde de plus en plus englué dans le totalitarisme du bien-être, bien-faire, bien-penser, bienséant, politiquement, culturellement et socialement correct, de celui qui, solitaire, pense par et pour lui-même, de celui qui pratique l’indépendance d’esprit comme une religion et qui a mis la liberté de pensée sur l’autel de son existence, inamovible et pérenne. Deux exemples: (1) je rédige des critiques musicales et ne lis jamais le moindre texte d’une autre critique sur le même sujet avant de rédiger la mienne, (2) musicien amateur, je fais et joue ma propre musique, que cela plaise ou non aux autres et je ne me laisse guider par personne ni dans mes choix ni dans mes options musicales. Quand je passe mon CD de flûte solo et que les gens me disent après écoute que ce n’est pas le genre de musique qu’ils écoutent habituellement, je me dis tant mieux, sinon la mienne serait comme celle des autres, c’est-à-dire sans originalité puisque copiée.

 

Ça c’est le fruit d’une solitude réussie qui ne m’a pas aigri mais m’a rendu ouvert au monde, cosmopolite, curieux, et indépendant dans mes choix, options et opinions.

16:12 Écrit par ro-bin | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

31/10/2017

À PROPOS D'HOMOSEXUALITÉ

À PROPOS D’HOMOSEXUALITÉ

 

Je viens de voir, en retard, le film La Vie d’Adèle dont le thème principal est l’amour fulgurant mais bref entre deux jeunes femmes, le rôle principal étant interprété par la très belle et très talentueuse Adèle Exarchopoulos {du réalisateur Abdellatif Kechiche, avec également Léa Seydoux dans le 2ème rôle principal}. Un des passages du film est une scène d’amour homosexuelle de 10 minutes environ et le réalisateur n’a pas occulté les poses différenciées – les deux actrices étant entièrement nues – et les variantes que l’amour entre femmes peuvent prendre.

 

L’occasion peut-être de parler de l’homosexualité.

 

On sait que l’homosexualité mâle surtout {celle femelle ayant été moins voyante} a très longtemps fait l’objet de poursuites dans certains pays: au Royaume-Uni et aux States, la sodomie était interdite, et je crois me souvenir qu’elle l’est encore actuellement dans certains états américains du Bible Belt. L’exemple le plus connu étant celui d’Oscar Wilde incarcéré pour de tels faits.

 

Comme je croyais me souvenir que Freud avait jadis qualifié les homosexuels d’invertis {Petit Robert: (vieilli) personne qui éprouve une attirance sexuelle pour les êtres de son sexe}, j’ai jeté un œil sur ce qu’en disait Pierre Daco dans ‘Les Prodigieuses Victoires de la Psychologie Moderne’ paru en 1960. C’est aberrant! «2. L’homosexualité psychologique. – C’est la plus répandue. Elle montre souvent un arrêt du développement psychologique et sexuel (…) l’homosexualité est une forme d’impuissance.» Cela c’est pour les hommes. Pour les femmes, sa description n’est pas mieux: «On a affaire à des femmes-hommes, dures, viriles, massives, parfois moustachues, qui agissent comme des hommes et pensent comme eux.» Mais, dans la population hétérosexuelle, ces préjugés ont-ils été modifiés depuis polus d’un demi-siècle?

 

Je ne me suis pas particulièrement intéressé à l’homosexualité avant le début des années 80 quoiqu’il y ait eu parmi mes auteurs préférés certains de cette orientation {Marcel Proust, James Baldwin, Truman Capote et le bi Yukio Mishima}, mais je dois dire que j’admirais ces auteurs pour leurs œuvres et non leur orientation sexuelle qui, à la limite, m’était égale. Et, dans ma jeunesse, à l’armée et dans la première partie de ma carrière, je n’ai ni connu ni côtoyé des homosexuels. La première fois que j’ai vu des homosexuels à grande échelle ce le fut lors de deux séjours à New York en mai puis en septembre 1980. C’était l’époque du film ‘Cruising’, un policier se déroulant dans le milieu des homos. À cette époque à Greenwich Village, aux environs de Christopher Street, on pouvait admirer les homosexuels mâles par paquets, portant vestes de cuir ou tee-shirts et pantalons serrant, souvent moustachus et musclés comme je ne l’étais ou ne le serais jamais. Loin de l’image de la petite tapette qu’on connaissait par des films ou des parodies d’amuseurs publics. Je me souviens aussi avoir vu à cette époque deux ou trois films à la télévision allemande ou hollandaise montrant des homosexuels mâles {on commençait à parler de gays} en pleine action et sans cacher les pénis en érection comme cela se faisait souvent {et cela continue d’ailleurs, et je parle de films non-pornos}. Ce fut aussi l’époque où je lus ‘Faggot’ {signifiant pédé, parfois abrégé en fag et restant un terme injurieux} de Larry Kramer et certains romans de John Rechy, figure de proue pour la reconnaissance des gays aux States. Parallèlement à cette explosion de liberté aux States mais qui fut moins prompte en Europe, coururent les premières rumeurs d’une maladie mortelle qui touchait surtout la mouvance gay et dans laquelle certains puritains irrespectueux des autres y virent la juste punition d’un Dieu pour le péché de déviance sexuelle.

 

J’eus ainsi l’occasion de voir nombre de documentaires dépeignant les dernières semaines de victimes du Sida, atteintes souvent du syndrome de Kaposi, illustré par le film Philadelphia avec Tom Hanks dans le rôle-clé. Je me souviens de quelques-uns de ces documentaires et notamment l’un d’origine australienne assez difficile à supporter car il décrivait tout le déroulement de la maladie à partir du moment où elle avait été diagnostiquée et jusqu’à la mort, après d’intenses souffrances et sans possibilité d’euthanasie.

 

Cette époque remuante voire exaltante des années 80 se profilait pour les gays mâles selon deux directions distinctes, d’après ce que j’en avais appris via la littérature, les films, les articles, les études. D’une part il y eut le phénomène du coming out non-généralisé {George Michael le fit en 1996 après avoir été arrêté dans des toilettes publiques pour racolage, Stéphane Bern ne le fit que très récemment} et, face au Sida des homosexuels mâles décidèrent de s’établir en couples par précaution sanitaire, car l’autre face assez sombre des gays aux States – étayée par nombre d’études – indiquait que la frénésie de recherche et de fréquence de contacts {souvent des fellations ou masturbations} pouvait atteindre 5 à 10 par sortie, parfois entre 300 et 500 par année, surtout chez les tout jeunes adolescents. Et, de plus, malgré le Sida, les accouplements non protégés continuaient à exister, un danger de propagation du virus qui existait également en cas de fellation, puisque d’autres enquêtes montraient également que les hommes étaient plus susceptibles d’attraper ce virus même après un seul contact, ce qui n’était pas toujours le cas de la femme.

 

Dans les années 80 et 90, je suis souvent allé danser dans de petites boîtes bruxelloises aux environs de la Porte de Namur, et les meilleurs danseurs pour les hommes, les plus souples du bassin, étaient les Noirs et les gays. Je me souviens avec quelle ferveur et talent ils dansaient I will survive {souvent je me joignais à eux sur la piste, parfois le seul hétéro dans la bande} qui, à certains égards était presque devenu l’hymne fondateur du mouvement gay.  Et, quand je réentends ce tube, je vois encore ces scènes et l’intense sentiment de libération et de joie de ces hommes.

 

Les autres avancées majeures du point de vue des droits civiques et de l’égalité de traitement des personnes quel que fût leur orientation sexuelle fut évidemment le mariage gay {appelé pudiquement mariage pour tous en France} et la possibilité pour les couples gays d’adopter et d’élever des enfants.

 

Si légalement tout est en ordre actuellement, n’en demeure que la société n’a guère évolué. Tom Lanoye, lui-même homosexuel, marié et fort bon écrivain {un de plus dans cette mouvance que j’admire} parle souvent par autodérision en parlant d’homosexuels hommes de janet ou janetteke. Il faut avoir vu au moins une fois le jour des janets le mardi gras après-midi à Alost pour savoir ce que sont les homosexuels extravagants, se maquillant, se travestissant le corps et arborant toutes ces caractéristiques qui font de ces figures des objets de satire, de rire et de ridicule dans certains films de mauvais goût et dénués de qualités cinématographiques autres que faire rire par le plus bas commun dénominateur. Mais Tom Lanoye est une vedette et, à ce titre, il dispose de la protection que lui assure sa notoriété, et son sens de la repartie ainsi que de l’humour et de l’autodérision.

 

Qu’en est-il quand deux hommes ou deux femmes unissent leur amour par les liens du mariage puis, quand vient le moment de communiquer un cv à un employeur ou de répondre à des questions d’une personne du service des RH, on doive dire pour un homme ‘mon époux est monsieur x’, et pour une femme ‘mon épouse est madame y?. Qu’en est-il quand un enfant élevé par deux papas ou deux mamans devra parler devant ses condisciples de sa famille ou écrire un texte décrivant une soirée ou un weekend typique chez soi? Ces personnes qui ont osé le coming out officiel bénéficieront-elles d’une acceptation entière de leur orientation sexuelle? N’y aura-t-il aucune discrimination à leur égard à l’embauche ou pour une location d’appartement ou de maison? Pour être invité chez des couples hétéros avec enfants? Pour faire participer les enfants à des activités extrascolaires? Les enfants de couples gays seront-ils à l’abri de harcèlement et de ce genre d’imbécillité de traitement qu’on connaît de longue date et qui, malheureusement, existe encore. Il y a une scène dans le film ‘La Vie d’Adèle’ où cette dernière est harcelée par des copines de classe l’accusant déjà de lécher des chattes, après l’avoir vue sr promenant en compagnie d’Emma (Léa Seydoux}. Typique mais illustrative d’une mentalité pas morte ;

 

Une chose que je retiens aussi de mes lectures de livres de psychologie lors de mon adolescence: les hommes les plus ouvertement opposés à l’homosexualité sont ceux qui ont le plus de latence d’homosexualité en eux. Et cette latence d’homosexualité et d’opposition de principe aux homosexuels, on la retrouve communément dans ces confréries mâles que sont l’armée, la police, les clubs sportifs {foot, cyclisme, etc.}, les fanas d’armes. S’ils savaient! Mais au fond, tous ces hommes qui n’ont d’autre passion que de parler avec d’autres hommes de leurs bêtises {au café, au club, dans un stade de foot, en jouant au billard, etc.}, savent-ils au fond que s’ils préfèrent souvent la présence d’hommes pour causer, qu’il y a tapi au fond d’eux un petit peu de ce qui animait Proust, Wilde, Capote?

 

Peut-être pourrait-on enseigner aux jeunes générations que l’homosexualité n’est pas une différence ni un choix mais une orientation, fût-elle innée ou acquise peut importe, et qu’elle est aussi normale que l’hétérosexualité. Peut-être aussi enseigner aux jeunes qu’il y a en tout homme une part féminine et en toute femme une part masculine. Gommer les différences de genres est idiot, mais nier qu’il y ait des passerelles entre genres l’est tout autant. Je suis conscient de ce qu’il y a de féminin en moi et mon épouse de ce qu’il y a de masculin en elle. Ce sont là des acquis et non des tares.

 

Et, par ailleurs, le regard que l’on jette sur l’homosexualité n’est-il pas après tout une question de culture? Ainsi, au Japon, l’homosexualité ne dérange personne, alors que dans d’autres pays en Asie ou en Arabie saoudite, les homosexuels doivent se cacher sous peine de se voir tués voire lapidés.

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08/10/2017

UN SILENCE COMPLICE

UN SILENCE COMPLICE

 

 

La Belgique n’est, au fond, pas un pays de grands sentiments. Mais, il y eut certaines exceptions en dehors de l’engouement quelquefois pour des exploits des Diables Rouges. Ainsi, après la découverte des corps de Julie, Mélissa, An et Eefje, et l’éclatement de l’affaire Dutroux, on put assister à une Marche Blanche de près de 100.000 personnes qui se réunirent et marchèrent pour crier leur indignation, mais, simultanément, ces personnes étaient porteuses d’un message de paix et de foi en l’avenir pétri d’humanité.

 

En Allemagne, en 1933, dès l’avènement d’Hitler fin janvier, certains intellectuels quittèrent le pays, car ils ne voulaient pas que leur qualité d’«allemand» eût pu être associée à cette marée brune qui venait d’envahir le Reichstag de même que les services de police et de sécurité. Il y eut, dans le monde et à diverses époques, d’autres manifestations fortes, symboliques voire iconiques, du désaveu public d’intellectuels, d’artistes ou d’une frange représentative de populations après que des actes contraires à la décence, à la rationalité, à l’humanisme, eurent été commis.

 

Récemment, à Marseille, fut commise la dernière horreur en date en Europe occidentale par des fous de Dieu imbus d’une idéologie d’Islam radical où misogynie, haine des ‘mécréants’, croyance en une supériorité religieuse, conduisent à de la barbarie digne d’hommes de l’âge de la pierre ou des cavernes. Un imbécile – musulman de confession puisqu’il cria le signe de ralliement et d’allégeance à Daesh ‘Allahu Akhbar’ - s’attaqua au couteau de dos à deux jeunes femmes et les poignarda. L’exemple typique d’une dérive religieuse qui, au départ d’une idéologie de confrontation entre croyants musulmans et kafirs, permet à n’importe quel imbécile de s’attaquer à n’importe quel non-Musulman au nom d’un mouvement autoproclamé et qui, même s’il dit s’appuyer sur des textes religieux, n’a aucune légitimité autre que celle – totalitaire – dont se servirent par le passé des dictateurs comme Hitler, Mao, Staline ou l’actuel Kim.

 

Bon, dans l’ordre des choses de notre monde actuel, s’attaquer à des jeunes filles, les poignarder par derrière alors qu’on est soi-même un homme, dépasse l’entendement et classe cet acte dans ce qu’il y a automatiquement de plus odieux, répugnant, inhumain, barbare. Merah avait aussi été une espèce semblable de héros, tuant des militaires par derrière ou tuant de très jeunes enfants juifs dans une cour d’école. Et, il y eut en France des jeunes décervelés pour admirer de tels crimes odieux Néanmoins, y a-t-il en France ou en Belgique, parmi les personnes sensibles, rationnelles et dotées d’un QI supérieur à celui de crétin, d’obédience musulmane, une seule qui croirait un instant que de tels actes barbares, d’une lâcheté incommensurable, puissent conduire ceux qui les ont commis au Paradis et leur faire rencontrer les houris que chante le Coran?

 

Je me serais attendu, dans les heures ayant suivi cet odieux attentat à Marseille, ou dans les jours suivants, à ce que 20.000, 50.000, 100.000 Musulmans aillent dans les rues des villes, cités, banlieues, pour clamer tout haut et en public que ces actes barbares sont le fait de crétins, de petits criminels dévoyés, de barbares qui ne peuvent se revendiquer de la qualité d’êtres humains et, encore moins, de fidèles de l’Islam. Je me serais attendu à ce que les autorités religieuses répudient de l’Islam de tels barbares.

 

Je regrette de devoir le dire, mais, en l’absence de messages forts et sans équivoque de la part d’intellectuels musulmans en France ou en Belgique, en l’absence de lyrics aussi percutants fustigeant l’action de ces barbares et lâches venant de rappeurs français {qui n’ont jamais eu peur de fustiger la police, la société française, les inégalités, les délits de sale gueule, etc.}, en l’absence de manifestations de masse de Musulmans de France ou de Belgique dénonçant clairement l’usurpation que font ces criminels décérébrés de l’Islam, il faut admettre que le silence de ces Musulmans est à tout le moins complice. Même si la majorité d’entre ces femmes, hommes et adolescents musulmans n’approuve pas l’attaque au couteau ou les tirs d’arme de poing et par derrière sur des non-Musulmans, leur silence est équivoque et pourrait être qualifié de complice. De quoi, de qui ont-ils peur?  Les radicaux susceptibles de passer à l’acte, à les attaquer eux à cause de leurs opinions différentes, sont quelques centaines tout au plus. Et eux, ces silencieux coupables de laisser une frange imbécile et barbare parler en leur seul nom, des millions.

 

Rappelons-nous, une des mères d’un des soldats français tué par Merah a entrepris de faire le tour des collèges et lycées pour parler de son expérience mais, surtout, pour appeler tous ces jeunes - qui parfois pourraient s’enthousiasmer à tort pour ces glorieux actes commis au nom de Daesh -, à la raison, et leur faire comprendre qu’il y a une différence fondamentale entre les préceptes du Coran tels qu’il sont été écrits et les actes barbares que commettent des écervelés au nom de l’Islam.

 

Ce serait bien si des gens comme Sinik, Diam’s {qui porte le voile depuis son mariage}, Tariq Ramadan, des vedettes du paysage audiovisuel ou du cinéma, assumaient - dans une marche blanche de la dignité humaine semblable aux combats que menèrent Gandhi et Martin Luther King – la tête d’un mouvement tendant à restituer aux Musulmans de France mais aussi de Belgique également touchée par cette vague imbécile de terrorisme à faciès d’une radicalité armée barbare leur religion actuellement dévoyée en leur nom. S’ils clamaient, disaient, écrivaient, tout haut et sans équivoque que ces jeunes terroristes ayant commis ces actes au nom de l’Islam depuis janvier 2015 en France et en Belgique {tout comme au Royaume-Uni et en Allemagne par la suite ou aux États-Unis} sont des dévoyés, des écervelés, des barbares méritant à peine le nom d’être humains, des anthropoïdes dignes de l’âge de la pierre, et que leurs revendications religieuses sont imbéciles et irrationnelles car contraires aux principes mêmes de l’Islam qui acceptent d’autres religions {le judaïsme est proche de l’Islam dans ses fondements, cfr. par exemple le sacrifice d’Abraham}.

 

Dire «pas en notre nom» n’est pas suffisant. Il faut que les imams, les intellectuels, la population civile, les commentateurs ou acteurs du paysage audiovisuel ou de cinéma, les rappeurs, les chanteurs, les écrivains ou philosophes, décrivent ces petites frappes lâches et décérébrées pour ce qu’elles sont: des criminels de droit commun, des barbares dignes de l’âge de la pierre, d’odieuses créatures, qui se targuent et se revendiquent d’une idéologie religieuse dont ils ne connaissent en réalité aucune des bases, aucun des fondements, et qu’ils trahissent et dénaturent.

 

Hitler, Mao, Staline, entre autres, se sont approprié des idéologies qu’ils ont dénaturées et trahies. Ces fous de Dieu, ces Islamistes radicaux, ces décérébrés du Coran, s’approprient une religion qu’ils dénaturent et trahissent. Il faudrait que les Musulmans de France, de Belgique, d’Allemagne, du Royaume-Uni, s’élèvent en masse contre de tels agissements. Et qu’on voie et entende qu’ils le fassent. MAINTENANT SANS PLUS TARDER!

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12/09/2017

LES SOLDATS JAPONAIS FURENT DES COMBATTANTS HÉROÏQUES

LES SOLDATS JAPONAIS FURENT DES COMBATTANTS HÉROÏQUES

 

Dans MOUSTIQUE du 9 au 15 septembre 2017, j’ai lu à propos du film LETTRES D’IWO JIMA {Clint Eastwood}, ce commentaire d’une aberration historique crasse: «Quelques décennies plus tard, la découverte de centaines de lettres permet de retracer le destin tragique de ces combattants héroïques…». Et, on parle ici de soldats japonais, ni plus ni moins.

 

Ce genre d’imbécillité de rédacteurs qui n’ont pas uniquement rien dans la cervelle mais ne possèdent ni culture ni aucun sens de l’histoire des conflits qui ont ensanglanté le 20ème siècle, me fait gerber au point que je me sens l’obligation de réagir. D’un point de vue historique et non viscéral.

 

Quelques infos à mon sujet. Le Japon, je le connais du point de vue culturel depuis le début des années 70 quand je découvris les romans de Yukio Mishima, l’un de mes écrivains préférés, mais aussi certains films qui me sont restés phares {Hara Kiri, Les 7 Samouraïs, plus tard Hana Bi et le monde fascinant du cinéaste non-orthodoxe Takeshi Kitano}. Pour moi, le récit des combats de Musashi tout comme l’histoire des 47 Rōnins me sont aussi familières que le sont pour moi l’œuvre de John Dos Passos ou James Baldwin aux States.  M’intéressant également depuis le début des années 70 aux conflits armés, je sais exactement ce qui s’est passé dans cette guerre du Pacifique dont peu de personnes en Europe et, partant, en Belgique, sont capables de connaître ou d’apprécier les enjeux et les différentes phases. Entre 1999 et 2001, mon épouse et moi-même nous sommes rendus à trois reprises au Japon en voyage individuel et, à chaque fois, j’ai étudié durant 6 mois des rudiments de la langue. Tout comme j’ai lu des centaines d’ouvrages, romans, comptes rendus historiques, et vu quantité de films et de documentaires ayant trait au Japon.  Le Japon est d’ailleurs ce que j’appelle l’un de mes 4 piliers culturels {les autres étant les USA, la Russie et les pays de l’Est, le dernier la Shoah et Israël}.

 

Les soldats nippons héroïques?

 

Le 13 décembre 1937, l’armée impériale nippone envahissait la capitale de Nankin {Nanjing}. «Les ordres du Prince Asaka étaient formels: ‘Tuez tous les prisonniers’» {Cf. ‘La Conspiration de Hiro-Hito’ par David Bergamini}. Durant des semaines, {59 jours en fait}, les héroïques soldats nippons à qui l’autorité sur place avait donné carte blanche, couverte par la sanction morale de l’Empereur Hiro-Hito {on sait depuis quelques décennies déjà, via d’intéressantes biographies le plus souvent anglo-saxonnes, le rôle criminel et l’influence démoniaque qu’il exerça tout au long de la guerre d’annexions que mena le Pays du Soleil Levant}, tuèrent, violèrent, volèrent, s’empiffrèrent, se soûlèrent, décapitèrent, embrochèrent, passèrent à la baïonnette tant civils qu’enfants que prisonniers de guerre chinois. Voilà ce qu’en dit dans un de ses livres, quelqu’un qui n’était pas un petit rédacteur sans jugeote de Moustique mais une autorité sur le plan de l’histoire, {Sir} Martin Gilbert: «Avec une intensité qui choqua même ceux familiers avec la sauvagerie de la guerre, les soldats japonais qui entrèrent dans Nanking s’attaquèrent à la population civile dans une orgie de destruction. Le ‘Sac de Nanking’ devait alors prendre place dans la liste des massacres non seulement de ce siècle mais des temps modernes. (…) 200.000 civils et 90.000 soldats furent tués. (…) Les officiers japonais utilisèrent leur sabre pour décapiter les têtes de leurs prisonniers. Des soldats passèrent à la baïonnette les prisonniers jusqu’à leur mort, les attachant souvent en paquets en, premier lieu.»  {Martin Gilbert «Descent into Barbarism – a History of the 20th Century, 1933-1951» HarperCollins Publishers}. Bergamini indique «…le réveérend Ian Magee (…) a filmé les scènes auxquelles il a assisté. Son film en noir et blanc fut introduit clandestinement aux États-Unis. Sa présentation de corps mutilés, de chambres aux murs éclaboussés de sang, de bébés rattrapés à la pointe des baïonnettes fut jugée trop révoltante pour être projetée au grand public.»

 

Quand les preux, vaillants et héroïques soldats nippons, les courageux sujets de sa Majesté Hiro-Hito, descendant de Dieux, envahirent Hongkong en décembre 1941 {moins de 3 semaines après l’attaque de Pearl Harbor}, ils n’hésitèrent pas à lier des prisonniers de guerre britanniques et canadiens puis à les passer à la baïonnette {20 le 18/12 et 53 le 25/12, selon Martin Gilbert}. On sait qu’à certains endroits, notamment à Nanking et Hongkong, quand les soldats nippons firent irruption dans certains hôpitaux, ils tuèrent à l’arme blanche ou par balles patients, médecins, infirmières, tuant parfois des personnes en salle d’opération en train d’être opérées, ou les forçant à évacuer les lieux.

 

S’attaquer à des civils, tuer des prisonniers de guerre désarmés, cela c’est l’héroïsme à la manière nippone.

 

On sait aussi la manière abjecte dont ils internèrent et traitèrent les populations civiles blanches et les prisonniers de guerre dans des camps de l’Indonésie, des Philippines, Hongkong, Singapour, entre autres, d’une barbarie telle que leur notoriété machiavélique a survécu aux oublis de la guerre, tel l’infâme camp Changi à Singapour par exemple où nombre de détenus britanniques, américains, moururent de malnutrition et de manque total de soins médicaux, les survivants à la libération avaient par ailleurs l’aspect de survivants d’Auschwitz. N’oublions pas les marches de la mort à Baatan du début 1942, qui envoyèrent des dizaines de milliers de prisonniers américains et philippins, sur les routes, ceux ne pouvant plus continuer à marcher sans eau et sans nourriture, étant passés au fil de la baïonnette sur le bord de la route ou tués à coups de crosses de fusil. Ou la construction du chemin de fer Birmanie-Thaïlande {dont l’épisode le plus célèbre est le pont sur la rivière Kwai}.  J’ai lu récemment le récit d’un ancien de ce camp; tous les prisonniers étaient sans vêtements, quasiment nus, sujets à la sauvagerie coutumière des gardes nippons, à leur brutalité, au manque de soins, d’eau, de nourriture. Quand cet ex-prisonnier de ces soldats nippons héroïques vit le fameux film «Le Pont de la Rivière Kwai», il se bidonna de voir tous ces acteurs chiquement vêtus alors que lui avait été  nu tout le long de cet épisode douloureux.

 

Bushidō est la Voie du Guerrier. Compte tenu de leurs mœurs militaires moyenâgeuses {cf. les Samuraïs}, l’histoire du Japon est fondée sur la dureté, par rapport à soi, par rapport aux ennemis déchus qui, au fond, de par leur lâcheté de s’être laissés défaire ou faire prisonnier, méritaient la mort ou les pires égards physiques.  Les Samouraïs étaient au sommet de la hiérarchie civile qui comptait 4 niveaux. Les officiers qui ont succédé aux samouraïs mais en leur empruntant les travers les plus inhumains, se considéraient au-dessus des populations civiles asservies. Peu de personnes chez nous savent que les soldats japonais étaient traités comme du fumier, taillables et corvéables à merci, par leurs supérieurs hiérarchiques. Battre un soldat qui avait désobéi, n’avait pas été assez rapide pour exécuter un ordre, ou déplaisait, était la coutume. Et cela se faisait même chez les aspirants pilotes réguliers ou futurs kamikaze {la langue japonais ne distingue pas de pluriel}. On entoure d’une aura presque romantique les pilotes kamikaze, même dans nos pays. Les gens savent-ils que nombre de soi-disant volontaires kamikaze furent tout simplement obligés d’aller écraser leur appareil sur des navires US? Réquisitionnés de force ou forcés à se suicider suivant le code du Bushidō. S’il ne faut lire qu’un seul récit personnel à ce propos, je conseille «J’étais un kamikaze» de et par Ryiji Nagatsuka.

 

Lorsque les soldats nippons se livrèrent à des orgies de tueries à Hongkong, Nanjing et tant d’autres lieux devenus tristement célèbres, lorsqu’ils tuaient ou traitaient en esclaves les civils ou prisonniers de guerre emprisonnés dans leurs camps en Asie ou au Japon, lorsqu’ils résistaient dans ces îles et îlots du Pacifique jusqu’à la mort, ce n’était pas de l’héroïsme. Pas du tout. Il y avait le poids de leur histoire sanglante, de leur culture privilégiant l’image forte du guerrier samouraï, il y avait la caution morale de l’Empereur Hiro-Hito et de la hiérarchie militaire, il y avait un conditionnement de masse qui commençait dès la prime enfance et visait à faire de chaque enfant mâle un futur combattant {cf. certaines biographies dont celle de Yukio Mishima par exemple}, il y avait eu parfois la carte blanche délibérée donnée à une armée de lâcher les rênes et de se défoncer vis-à-vis de peuples et cultures jugées inférieures.

 

Bref, il y eut là tous les ingrédients de conditionnement de masse, de racisme, de barbarie, que nous connaissons si bien via l’histoire du nazisme, son apogée et sa défaite, ses crimes.

 

Écrirait-on en parlant de l’Offensive des Ardennes de décembre 1944: «le destin tragique de ces soldats allemands héroïques dont beaucoup ont perdu la vie.»?

 

Parce qu’il s’agit d’un film d’Eastwood, des meurtriers sanguinaires, représentants et exécuteurs d’un régime sanguinaire, raciste et suprématiste, n’ayant aucun respect pour la vie humaine des gaikokujin {gaijin en abrégé = étranger} deviennent soudain des héros.  Je rappelle qu’à cause de cet héroïsme déplacé, les troupes américaines perdirent 1500 hommes en deux jours à Tarawa {atoll de Betio}, 15.000 tués, blessés et disparus en 3 semaines de combat à Iwo Jima et 45.000 tués, blessés et disparus en 6 semaines à Okinawa. Et, dans cette dernière île ressortissant déjà au territoire japonais national, des centaines de civils se suicidèrent parce que l’image qu’on leur avait dépeinte, le conditionnement dès la prime enfance, firent en sorte qu’ils craignaient d’être mis à mort par les soldats US.  D’ailleurs, le conditionnement en masse de la population civile était tel que les autorités militaires américaines avaient estimé à 1 million les pertes militaires (tués, blessés, disparus} à subir si les Alliés avaient été contraints à s’attaquer au Japon continental.

 

Ne pas avoir de culture historique ou le moindre intérêt pour la vérité historique, n’est nullement un crime. Écrire pour un grand public et qualifier les soldats japonais de faits héroïques, c’est abject, indigne, et fait preuve d’un révisionnisme historique qui fait peu de cas des millions de victimes en Chine, en Asie et dans les îles du Pacifique, de ce que fut la «Grande Sphère de Coprospérité» qu’instaura le régime de Hiro-Hito avec l’aide enthousiaste de ses robots de soldats. Il suffit de demander à la cinéaste d’origine hollandaise Lydia Chagoll ce qu’elle pense de l’héroïsme des soldats japonais, elle qui fut internée en tant que civile dans un camp de concentration en Indonésie.

20:06 Écrit par ro-bin | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

27/08/2017

MONUMENTS ET VESTIGES DE GUERRE

MONUMENTS ET VESTIGES DE GUERRE

 

Un de mes films préférés au sujet de la guerre civile américaine est GETTYSBURG, un film de près de 4 heures retraçant les 4 jours qui, en juillet 1864, amorcèrent la défaite définitive des Sudistes rebelles et, partant, la fin de cette guerre fratricide particulièrement sanglante.

 

Ce film est remarquable car il montre que tout ne fut pas tout à fait noir versus blanc au niveau des principaux protagonistes de cette guerre civile, et je veux parler des généraux de part et d’autre de cette barrière à la fois visible et invisible que constituait l’esclavage. Comme le souligne l’historien John Keegan dans son livre "Guerre de Sécession" «En 1860, l’attachement du Sud à cette pratique {l’esclavage} s’expliquait par le rôle des esclaves dans la culture et le traitement du coton brut. En 1800, 70 000 balles seulement de fibre de coton avaient été produites contre plus de 4 millions en 1860. Le nombre d’esclaves avait augmenté en proportion, passant de 700 000 au premier recensement de 1790 à 4 millions en 1860, chiffre dû en grande partie aux naissances, car la traite négrière avait été abolie en 1807.» Donc cette guerre de sécession fut avant tout une guerre économique car du jour au lendemain, tous ces Noirs auraient en principe pu s’évader de leur esclavage et gagner le Nord. Et, quand on parle du Nord des États-Unis, on se leurre à croire que le Sud était foncièrement raciste et anti-noir et que le Nord était pro-Noir. Parfois, les Noirs au Nord étaient victimes de discrimination économique et raciale même si là-bas, ils étaient en principe considérés comme des citoyens qui avaient une existence en tant qu’êtres humains et non esclaves.

 

Dans son livre "Lincoln", qui est la version romancée de la fin de la vie de ce personnage historique et essentiel, Gore Vidal montre à suffisance que Lincoln – qui était Républicain, ce que Trump vient d’apprendre, lui qui a sans doute raté le cours Histoire 101 {cours élémentaire}-, eut une vision assez ambiguë quant à la nécessité du Nord d’entamer une lutte fratricide contre les états sécessionnistes du Sud. Peu de temps, avant qu’il n’ordonnât de sévir contre les états confédérés et de les attaquer par les armes, personne dans son entourage n’aurait pu deviner quelle allait être son attitude à l’égard des rebelles sudistes.

 

Le film Gettysburg, outre l’excellence de la mise en scène et des batailles qu’il montre, prouve également deux choses qui ne paraissent pas tellement évidentes à nous qui avons été élevés à considérer toutes choses dans une perspective de propositions contradictoires voire dialectiques {et la religion catholique avec la notion du Bien et du Mal, ainsi que du Péché, n’y est pas étrangère}. En premier lieu, au niveau des commandants de divisions tant au Sud qu’au Nord, il y avait de l’estime réciproque car tous ces généraux se connaissaient très bien, avaient parfois été amis ou copains de classe à West Point et, fréquemment, avaient combattu ensemble au Mexique ou dans tous ces conflits dans lesquels furent entraînés les Etats-Unis et dont on connaît très peu chez nous. Certains généraux, tant du Sud que du Nord, apprenant qu’un de leurs amis intimes leur faisait face de l’autre côté de cette frontière les opposant, se réjouissaient et souhaitaient qu’il demeurât en vie. Et, en second lieu, alors que la bataille allait se dérouler durant quatre jours aux alentours de ce village au creux d’une vallée appelé Gettysburg, beaucoup de généraux sudistes étaient fatigués et pressentaient la défaite future de leur rébellion. Il y a dans le film un moment extraordinaire. Alors que l’attaque sudiste a été défaite le jour précédent sur cette colline appelée Little Round Top grâce au courage et à la ténacité d’un colonel républicain {Chamberlain} et de ses soldats du Maine sur le flanc gauche des troupes yankees, le général sudiste James Longstreet accompagna à cheval le généralissime Robert E. Lee pour visionner le terrain de la prochaine attaque. Lee avait décidé une attaque frontale par les troupes du flamboyant George Pickett {Virginiens en majorité}, avec une montée de près d’un mile pour atteindre les troupes ennemies. Longstreet, un homme d’expérience, raisonnable, et de talent, tenta de dissuader son général en chef de ne pas procéder à une attaque frontale mais de tenter une incursion par le flanc droit (flanc gauche des troupes du Nord) qui, d’après lui, était dégarni. Lee refusa et, obstinément, ordonna l’attaque. Qui échoua, les troupes de Pickett furent décimées et, à la suite de cet assaut sanglant pour les rebelles, l’armée du Sud dut entamer une retraite, ce qui, en définitive, signifia la défaite du Sud en 1865.

 

Si Robert E. Lee, Pickett, Jackson, Longstreet, et tant d’autres généraux sudistes furent des rebelles, des traitres à la Constitution des États-Unis, c’étaient des hommes d’honneur. La plupart d’entre eux n’étaient même pas esclavagistes ou ne possédaient pas d’esclaves dans leurs propriétés. Un fait évident, toutefois, ce fut qu’ils rompirent leur serment d’obéissance à la Constitution US et qu’ils prirent les armes contre le gouvernement fédéral pour soutenir une cause qui avait fait l’objet d’une loi l’interdisant.

 

Même si on peut éprouver de la sympathie pour des figures tragiques comme Longstreet et Lee, forcés de par leur appartenance à des états du Sud à combattre pour une cause qui leur était au fond étrangère et à laquelle ils avaient cessé de croire la veille de la bataille de Gettysburg, un fait historique est certain. Ils étaient des traitres à leur patrie et pour nous, en Europe, il est difficile de concevoir qu’il y eût encore près de 700 monuments en l’honneur de personnalités sudistes aux Etats-Unis {d’après «Der Spiegel»}. Difficile de croire aussi qu’un président actuel des Etats-Unis, Trump pour ne pas le nommer {du même parti que Lincoln d’ailleurs !} eût pu, le jeudi après son interview du mardi après les événements de Charlottesville tweeter cette imbécillité humaine et historique suivante "des magnifiques statues et monuments au sujet de la guerre civile, se trouvant aux États-Unis et qu’il ne faudrait pas détruire" {source Der Spiegel}.

 

Dans cette logique enfantine ou plutôt infantile, pourquoi ne pas ériger une statue en l’honneur de Degrelle en Belgique ou débaptiser certaines rues du pays wallon et leur attribuer le nom d’un de nos héros de jadis? Après tout, on le fait bien en Flandres…

 

Même si un film peut parfois nous ébranler dans nos idées préconçues et nous faire éprouver de la sympathie pour des personnages pour lesquels a priori nous ne devrions pas en avoir {et je pense aussi aux films allemands Das Boot et Der Untergang}, il faut se méfier de ces impressions émotionnelles ne reposant sur aucun fondement historique voire rationnel. Dans Das Boot, le capitaine et tous ces marins de sous-marins sont éminemment sympas sauf le nazi de service, mais leur boulot c’était d’envoyer par le fond des navires alliés transportant parfois des civils et, principalement, des approvisionnements non seulement en armes. Quant à savoir qu’Hitler pût avoir des côtés sympas {cf. le film Der Untergang}, c’est très bien, mais il fut un tyran, raciste et le principal responsable d’une guerre qui fit une trentaine de millions de victimes dont une partie non négligeable le furent en raison d’une idéologie de victimisation et d’éradication de ‘races’ et strates humaines jugées inférieures. Donc, qu’Hitler aimait bien sa secrétaire et les chiens, c’est bien. Mais, Auschwitz et le ghetto de Varsovie, en tant que symboles, ce fut surtout et avant tout Hitler, ne l’oublions pas. Tout comme Longstreet et Lee combattirent pour que des esclaves noirs le demeurent à perpétuité.

 

C’est là toute la différence entre histoire et fiction romancée, ne l’oublions jamais.

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